Ce Jour-là

Eugène de Beauharnais

Général français, prince d'Empire et vice-roi d'Italie

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Eugène Rose de Beauharnais, né le 3 septembre 1781 à Paris et mort le 21 février 1824 à Munich, est un membre de la famille impériale française, fils adoptif de l'empereur Napoléon Ier, avec qualification d'Altesse impériale, vice-roi d'Italie, prince de Venise, grand-duc de Francfort, duc de Leuchtenberg et prince d'Eichstätt. Il est également l'un des plus fidèles et des plus talentueux subordonnés de Napoléon qui le fait général en chef. Il commande le IVe corps d'armée lors de la campagne de Russie. Au cours de l'hiver 1812-1813, après le départ de Napoléon pour Paris et la fuite de Murat, c'est le prince Eugène qui ramène avec beaucoup d'habileté et d'audace stratégique les restes de la Grande Armée jusqu'à faire sa jonction avec les nouvelles troupes en Saxe, malgré les tentatives d'anéantissement menées par les Russes et leurs nouveaux alliés prussiens.

Il est également l’oncle du dernier empereur des Français, Napoléon III.

Eugène de Beauharnais naît le 3 septembre 1781 à Paris. Il est le fils d'Alexandre de Beauharnais, un jeune gentilhomme, sous-lieutenant au régiment du duc de la Rochefoucauld, le Sarre-Infanterie, et de Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de son premier époux et sous le prénom que lui donne son second époux : Joséphine de Beauharnais. Les deux sont des colons créoles de la Martinique où leurs familles possèdent esclaves et plantations sur l'île et à Saint-Domingue.

Une famille noble ralliée à la Révolution française

Il grandit dans une période historiquement très troublée. Pendant les années 1789 et 1790, alors que sa mère et sa jeune sœur Hortense de Beauharnais sont en Martinique, il assiste aux séances de l'Assemblée constituante auxquelles participe son père qui en est élu président en juin 1791. Le 21 juin 1791, lors de la tentative de fuite de la famille royale, ce dernier, comme président de l'Assemblée nationale constituante, fait tout ce qu'il faut pour rattraper le roi en fuite.

Le 20 avril 1792, l'Assemblée législative déclare la guerre à la monarchie de Habsbourg. Alexandre de Beauharnais rejoint l'armée du Rhin et fait venir son fils auprès de lui. Le jeune Eugène, âgé de onze ans, partage alors son temps entre un collège strasbourgeois et le quartier général de Wissembourg.

L'avènement de la Convention modifie considérablement la situation de la famille. Alexandre doit rejoindre les rangs de l'armée du Nord puis de l'Est où il est général en chef avant de perdre la ville de Mayence.

Quittant alors l'armée sans autorisation, il regagne son fief de La Ferté-Beauharnais près de Romorantin avant d'être mis en accusation et arrêté en 1794. Il est enfermé à la prison des Carmes à Paris où sa femme le rejoint quelques semaines plus tard. Alexandre de Beauharnais est guillotiné le 23 juillet 1794, juste avant la chute de Robespierre le 9 thermidor (27 juillet 1794). Joséphine étant en prison, ses deux enfants Eugène et Hortense ont été confiés à des mains étrangères, Mlle Lannois, une gouvernante prend soin de la jeune Hortense ; Eugène est mis en service et en apprentissage chez un menuisier. Joséphine est relâchée après Thermidor. À l'automne 1795, Eugène et Hortense sont mis en pension à Saint-Germain-en-Laye, lui au collège irlandais McDermott, elle chez Mme Campan.

Sous le Directoire, la « veuve Beauharnais », qui tient salon à Paris, rencontre le général Napoléon Bonaparte. Ils se marient le 9 mars 1796 à Paris. Le jeune général doit partir quelques jours plus tard pour le front d'Italie et fait venir quelques mois plus tard Eugène comme aide de camp. Eugène entre dans la carrière militaire en qualité d'aide de camp de son beau-père ; mais avant de partir pour la campagne d'Italie, il complète son éducation imparfaite.

Eugène suit Bonaparte dans l'expédition d'Égypte. Il participe à l'attaque de Suez où il entre le premier, à la tête de l'avant-garde, le 8 novembre 1798, et mérite le grade de lieutenant, puis à la bataille d'Aboukir.

Promotion rapide sous le Consulat et l'Empire

De retour en France, le coup d'État du 18 Brumaire fait de lui le beau-fils du Premier Consul et lance le jeune officier de 18 ans dans le monde. Il est fait chef d'escadron sur le champ de bataille de Marengo au cours de la campagne d'Italie de 1799-1800. En 1802, il est nommé colonel.

La proclamation de l'Empire, le 18 mai 1804[réf. nécessaire], profite à Eugène de Beauharnais qui est nommé grand-officier de la Légion d'honneur, général de brigade et colonel-général des chasseurs de la Garde le 1er juillet 1804. Napoléon lui fait confiance et n'hésite pas à s'appuyer sur un prince dont la devise est « Honneur et Fidélité ». Le 14 juin 1804, jour anniversaire de Marengo, Napoléon, empereur, donne à son beau-fils le titre de prince français. Le 17 octobre 1804[réf. nécessaire], il est promu général de brigade. En 1805, il obtient les dignités d'archichancelier d'État et de grand aigle de la Légion d'honneur ; il n'a encore que 24 ans.

D’abord président, Napoléon transforme la République italienne en royaume d’Italie, se nommant roi le 17 mars 1805. Le couronnement a lieu le 26 mai 1805 dans le « Duomo » de Milan. Le 7 juillet 1805, Napoléon, qui se fie aveuglément à son beau-fils dont il est sûr de ne pas avoir à craindre les ambitions politiques, désigne Eugène comme vice-roi. Il est ainsi chargé de l'administration du royaume où il passe presque la moitié de son temps. Il établit sa nouvelle résidence principale dans la villa royale de Monza, qu'il voulait doter du plus grand parc clos d'Europe.

L'organe central du royaume était le Conseil d'État, créé par décret royal du 9 mai 1805, tandis qu'avec le troisième statut constitutionnel, promulgué le 5 juin suivant, son organisation et ses compétences ont été définies. Le Conseil, présidé par le vice-roi, rassemblait l'ensemble de tous les hauts fonctionnaires, tout en restant uniquement une institution consultative, le pouvoir exécutif étant totalement entre les mains du souverain.

Mariage et adoption par Napoléon

Après la campagne d'Italie de 1805, Napoléon, désirant mettre en place une alliance matrimoniale avec une dynastie royale allemande, l'adopte officiellement comme son fils en 1806, puis le fait marier à Munich, le 14 janvier 1806, à la princesse Augusta-Amélie, fille du roi Maximilien Ier de Bavière, allié de la France. Napoléon l'investit du titre de prince de Venise. Si l'Empereur maintient son fils adoptif à l'écart de la succession impériale, il déclare cependant "Eugène Napoléon" héritier présomptif de la couronne d'Italie.

La vie privée d'Eugène de Beauharnais n'est pas moins dépendante de l'Empereur que sa vie professionnelle. L'union entre Eugène de Beauharnais et Augusta-Amélie de Bavière, bien qu'arrangée pour des raisons politiques, est particulièrement heureuse. Ils donnent naissance à sept enfants :

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