Eugène Schueller, né le 20 mars 1881 à Paris 6e et mort le 23 août 1957 à Ploubazlanec, est un chimiste et un chef d'entreprise français, connu pour avoir fondé le groupe L'Oréal. Il a été l'un des pionniers de la publicité moderne.
Fils de Charles Schueller, pâtissier d'origine alsacienne, et d'Amélie Victoire Denisot, sans profession, originaire de l'Yonne, Eugène Paul Louis Schueller naît le 20 mars 1881, au domicile de ses parents 124, rue du Cherche-Midi à Paris 6edans l'arrière-boutique de la boulangerie-pâtisserie de ses parents.
Son père, Charles Schueller, né le 23 novembre 1848 à Illfurth, dans le département du Haut-Rhin, était le fils de Henri Schueller, cordonnier et cultivateur, et d'Agathe Johann, sans profession.
Sa mère, Amélie Denisot, née le 21 mars 1848 à Sergines, dans le département de l'Yonne, était la fille de Jean Constant Denisot, taillandier, et d'Anne Victoire Gâteau, sans profession.
Le 28 janvier 1875, alors qu'ils vivent ensemble au 13 boulevard Saint-Denis, dans le 2e arrondissement de Paris, Charles Schueller, alors cuisinier, épouse Amélie Denisot.
Après des études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, puis au lycée Condorcet, Eugène Schueller souhaite intégrer l'École polytechnique, mais y renonce[source détournée]. Sorti lauréat de sa promotion de l'Institut de chimie appliquée de Paris (maintenant École nationale supérieure de chimie de Paris) en 1904, il est promu assistant-préparateur du professeur Victor Auger à la Sorbonne la même année puis chef préparateur à la Pharmacie centrale de France dont Auger était conseiller.
En 1907, fort de son experience, il s'installe à son compte, rue d'Alger (Paris). Dans la salle de bain de son deux-pièces, il met au point une teinture capillaire, sous forme de pâte dont l'homogénéité est due à l'emploi de fécule de pommes de terre, que lui procure sa famille alsacienne.
Fondateur le 30 juillet 1909 de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux qui deviendra L'Oréal, Eugène Schueller a également été vendeur d'étoffes, colporteur.
En 1912, il rachète la revue La coiffure à Paris, qui est distribuée dans les salons de coiffure.
Après l'intermède de la Première Guerre mondiale où Schueller, sous-lieutenant d'artillerie chargé des liaisons avec l'infanterie, est cité à titre militaire (cinq citations, croix de guerre, Légion d'honneur) et au cours de laquelle il laisse les commandes de son entreprise à son épouse, il reprend son parcours d'entrepreneur.
En 1919, il fonde la première teinture rapide, puis le shampoing Dopal.
Il parvient à accompagner les modes : lancement de teintures pour cheveux quand Coco Chanel et Louise Brooks adoptent des coupes courtes et colorées, création de l'ambre solaire au moment de l'instauration des congés payés par le Front populaire, accompagnement de l'éducation à l'hygiène de l'après-guerre avec les marques Dop et Monsavon, etc..
À l'origine de la Société d'études des maisons préfabriquées Schueller (future Compagnie industrielle des maisons préfabriquées), il a également dirigé les peintures Valentine, la Société industrielle de Celluloïd, la Société générale des matières plastiques, la Nobel française (issue de la fusion des 2 précédentes), PLAVIC Films, L'Agatine, etc.
Activité politique avant et durant l'Occupation
Ami intime d'Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à sa disposition lors de la formation en 1936 de l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN), groupe clandestin d'extrême droite plus connu sous le surnom de la « Cagoule ».
En 1940, il contribue au financement du parti collaborationniste fondé par Eugène Deloncle en accord avec les autorités allemandes, le Mouvement social révolutionnaire. Comme le MSR rejoint le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, Schueller est nommé président du comité technique d'économie générale du RNP. Il prend la parole en tant que tel lors du premier congrès du RNP en juin 1941.
En novembre 1946, le comité d'épuration de l'industrie chimique requiert contre Eugène Schueller une interdiction d'exercer toute fonction dirigeante « pour avoir favorisé les desseins de l'ennemi par son attitude publique pendant la collaboration ». Il est cependant défendu par des résistants reconnus qu'il a notoirement soutenus, parmi lesquels André Bettencourt (même si sa résistance est inventée), ce qui détourne de lui toute sanction.
Schueller, Mitterrand et la Nièvre