Ce Jour-là

Eugène Delacroix

Peintre français (1798-1863)

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Eugène Delacroix est un peintre français né le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice et mort le 13 août 1863 à Paris.

Dans la peinture française du XIXe siècle, il est considéré comme le principal représentant du romantisme, dont la vigueur correspond à l'étendue de sa carrière. À 40 ans, sa réputation est suffisamment établie pour lui permettre de recevoir d'importantes commandes de l'État. Il peint sur toile et décore les murs et plafonds de monuments publics.

Il laisse également des gravures et lithographies, plusieurs articles écrits pour des revues et un Journal publié peu après sa mort et plusieurs fois réédité. Remarqué au Salon en 1824, il produit dans les années suivantes des œuvres s'inspirant d'anecdotes historiques ou littéraires aussi bien que d'événements contemporains (La Liberté guidant le peuple) ou d'un voyage au Maghreb (Femmes d'Alger dans leur appartement).

Eugène Delacroix, le quatrième enfant de Victoire Œben (1758-1814) et de Charles-François Delacroix (1741-1805), naît en 1798 au 2, rue de Paris à Charenton-Saint-Maurice, près de Paris, dans une grande demeure bourgeoise des XVIIe et XVIIIe siècles, qui existe toujours.

Charles-François Delacroix, avocat à Paris à partir de 1774, devient député sous la Convention. Fin 1795, il devient ministre des Affaires extérieures, puis ambassadeur dans la République batave du 6 novembre 1797 à juin 1798. Rallié à l’Empire, il est nommé préfet des Bouches-du-Rhône à Marseille, le 2 mars 1800, puis trois ans plus tard, préfet de la Gironde à Bordeaux où il meurt le 4 novembre 1805 et où il repose, au cimetière de la Chartreuse.

Victoire Œben, 17 ans plus jeune que son mari, descend d'une famille d'ébénistes de renom, les Œben. En 1763, à la mort de son père Jean-François Œben, le célèbre ébéniste de Louis XV, Victoire a cinq ans. Trois ans plus tard, en 1766, sa mère, Françoise Vandercruse, sœur de l'ébéniste Roger Vandercruse, se remarie avec l'ébéniste Jean-Henri Riesener, élève de son premier époux. De cette seconde union naît le 6 août 1767 Henri-François Riesener, peintre, demi-frère de Victoire et oncle d'Eugène Delacroix, qui aura de son union avec Félicité Longrois un fils, le peintre Léon Riesener.

Charles-Henri Delacroix, l’aîné des enfants de Victoire et de Charles-François Delacroix, naît le 9 janvier 1779. Il fait une belle carrière dans les armées impériales. Promu maréchal de camp honoraire en 1815, il est démobilisé avec le grade de général (mais en demi-solde).

Henriette naît le 4 janvier 1782 et meurt le 6 avril 1827. Elle épouse le 1er décembre 1797 Raymond de Verninac-Saint-Maur (1762-1822), un diplomate en Suède puis à Constantinople. Elle en a un fils, Charles de Verninac (1803-1834), neveu d'Eugène. À la demande de son époux, le peintre David fait son portrait (Paris, musée du Louvre), en 1799, dans un genre qu'il développe au cours des dernières années de la Révolution, le modèle assis, coupé aux genoux, sur fond uni. Son mari demande aussi au sculpteur Joseph Chinard (1756-1813) son buste en Diane chasseresse préparant ses traits (1808, musée du Louvre).

Henri, né en 1784, est tué à 23 ans le 14 juin 1807 à la bataille de Friedland.

Victoire Œben meurt le 3 septembre 1814. Le règlement de la succession maternelle ruine la famille Delacroix. Ce désastre engloutit toute la fortune des enfants ; une propriété que la mère de l'artiste avait achetée afin de couvrir une créance doit être vendue à perte. Les Verninac recueillent le jeune Eugène, resté dans un grand dénuement.

Controverse sur la paternité de Charles Delacroix

Remarquant que le père du peintre souffrait depuis quatorze ans et jusqu'à quelques mois avant la naissance d'Eugène, d'une volumineuse tumeur testiculaire, certains auteurs en ont déduit que son géniteur aurait été un autre homme : Talleyrand. Crédité de nombreuses liaisons féminines, Talleyrand remplaça Charles-François Delacroix aux Affaires extérieures le 16 juillet 1797. Cette opinion est sérieusement contestée.

Le chirurgien Ange-Bernard Imbert-Delonnes (1747-1818) publia en décembre 1797 une brochure à propos de l'ablation le 13 septembre 1797 de ce sarcocèle, qui constituait une première médicale. Il indique que l'opération a réussi et que le patient fut complètement rétabli au bout de 60 jours. Eugène Delacroix naît sept mois après l'intervention. Cependant, la tumeur de Charles Delacroix n'était pas nécessairement un obstacle à la procréation.

S'il existe des raisons de penser que Charles-François Delacroix n'a pas pu être son géniteur, les conjectures qui font de l'artiste un fils naturel de Talleyrand sont peu fondées. Caroline Jaubert évoque en 1880 cette rumeur dans la description d'une scène de salon qui aurait eu lieu vers 1840.

Pour Raymond Escholier, « entre le masque du prince de Bénévent et celui de Delacroix il existe une étonnante ressemblance […] les traits de Delacroix ne rappellent ni ceux de son frère le général, ni ceux de sa sœur Henriette […] voilà bien des chances pour qu'Eugène Delacroix ait été un de ces fils de l'amour, doués si souvent de dons prestigieux ». Cependant de nombreux autres auteurs notent que Talleyrand était blond et pâle, alors que, décrivant leur ami Eugène Delacroix à la chevelure de jais, très noire, Baudelaire parle d'un « teint de Péruvien » et Théophile Gautier d'un air de « maharadjah ».

L'historien Emmanuel de Waresquiel rappelle l'absence de sources sérieuses à cette paternité supposée. Il conclut :

« Tous ceux qui ont aimé à forcer le trait de leur personnage, […] se sont laissé tenter, sans se soucier du reste, ni surtout des sources ou plutôt de l'absence de sources. Une fois pour toutes, Talleyrand n'est pas le père d'Eugène Delacroix. On ne prête qu'aux riches. »

Talleyrand est en tous cas un proche de la famille Delacroix et l'un des protecteurs occultes de l'artiste. Il aurait facilité l'achat par le baron Gérard de la Scène des massacres de Scio, présenté au salon de 1824 et aujourd'hui au musée du Louvre, pour une somme de 6 000 francs. Le petit-fils adultérin de Talleyrand, le duc de Morny, président du corps législatif et demi-frère utérin de Napoléon III, fait de Delacroix le peintre officiel du Second Empire, bien que l'empereur lui préfère Winterhalter et Meissonnier. Delacroix bénéficie également de l'ombre tutélaire d'Adolphe Thiers, qui est son mentor. L'appui de Thiers semble aider Delacroix à obtenir plusieurs commandes importantes, notamment la décoration du salon du roi, au palais Bourbon, et une partie du décor de la bibliothèque du Sénat, au palais du Luxembourg.

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