Ce Jour-là

Eugène Belgrand

Ingénieur français

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Eugène Belgrand, né le 23 avril 1810 à Ervy-le-Châtel et mort le 8 avril 1878 à Paris, est un ingénieur français connu pour sa participation aux travaux de rénovation de Paris dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Eugène Belgrand suit une classe de mathématiques spéciales au lycée Louis-le-Grand avec Evariste Galois. Il est polytechnicien (X1829), ingénieur général des ponts et chaussées.

À sa sortie de l'X, Eugène Belgrand choisit l'École nationale des ponts et chaussées comme école d'application, à l’issue de laquelle[réf. souhaitée] il est affecté dans le Puy-de-Dôme, dans la Côte d'Or, puis à Avallon en 1845 et présente dès 1846 à l'Académie des sciences ses études sur la partie supérieure du bassin de la Seine (parues dans les Annales des ponts et chaussées de 1846). Il fait l’hypothèse que la suppression des étangs qui existaient autrefois en grand nombre dans les petites vallées granitiques du Morvan a eu des conséquences désastreuses sur les cours d'eau du pays. Il publie la description de la distribution d'eau d'Avallon en 1849 et la carte géologique de l'arrondissement d'Avallon en 1851. En 1852, il est nommé ingénieur en chef, affecté à la Navigation de la Seine de Paris à Rouen.

En 1854, Eugène Belgrand prend la direction du service des eaux de Paris. Il participe alors à la rénovation de Paris voulue par Napoléon III, mise en œuvre par le baron Haussmann entre 1852 et 1870 sous la direction de Zoroastre Alexis Michal, en compagnie de son confrère Adolphe Alphand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Il est d'abord affecté au service des eaux, puis à la direction des eaux et des égouts où il réalise les adductions de la Dhuis et de la Vanne, le réservoir de Montsouris, et lance la construction des égouts de Paris. On lui doit aussi les réservoirs de Passy.

En 1871, il devient membre de l'Académie des sciences.

Belgrand a aussi fait œuvre en tant qu'historien de Paris, rendant ainsi hommage à ses prédécesseurs fontainiers de la capitale tels que Salomon de Caus et les constructeurs de la Samaritaine du Pont-Neuf dans son ouvrage Mémoire sur les eaux de Paris (5 tome, 1872-1887). Il poursuit ses recherches sur le régime des eaux jusqu'à sa mort subite par apoplexie en 1878.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse dans la 6e division.

Eugène Belgrand introduit dans son ouvrage La Seine (1872) le mot hydrologie dans son sous-titre études hydrologiques. Justifiant que l'étude des phénomènes pluviaux et fluviaux relève d'un ensemble de disciplines scientifiques (géologie, ingénierie, chimie, médecine, physique, agriculture…), il pose alors certaines bases de la science de la circulation de l'eau sur la terre. Il introduit la loi de Dausse (« les pluies de la saison chaude ne profitent pour ainsi dire point aux cours d’eau ») et l'illustre d'exemples. Il analyse l'action des forêts sur le régime des eaux pour noter le rôle bénéfique des espaces boisés dans la lutte contre le ravinement. Bien qu'il évoque le concept d'évapotranspiration des plantes (qu'il nomme perspiration) dans le mécanisme naturel de rétention des eaux en été, il n'en fournit pas une description suffisamment détaillée pour être considérée comme scientifique.

Le projet des égouts de Paris, inspiré de la Cloaca Maxima à Rome, constitue la pièce maîtresse de la transformation de la ville sous l'ère Haussmann. Belgrand doit répondre au cahier des charges établi dans le grand programme adopté par le conseil municipal de Paris le 22 janvier 1855. Belgrand est chargé de modéliser l'hydrométrie à géométrie variable des égouts (saisons, fontaines, évacuations ménagères et industrielles), de développer un système de nettoyage dans les galeries souterraines, ainsi qu'un système de drainage de la nappe d'eau du sous-sol parisien. Chaque rue de la capitale devient équipée d'un égout. Belgrand s'appuie sur l'inclinaison naturelle nord-ouest du terrain parisien pour orienter la circulation générale des eaux dans la ville. De la Concorde à Clichy, le nouveau collecteur d'eau (4,4 m de haut, 5,6 m de large) devient le plus large du monde. Belgrand développe la technologie de curage des égouts, encore d'usage aujourd'hui. Son projet d'égouts pour la capitale s'achève en 1924 avec la dérivation de la Voulzie. Avec 600 kilomètres de galeries, il constitue alors le plus grand réseau d'égouts au monde. Il implémente les fontaines Wallace dans son réseau de distribution des eaux.

Avallon a toujours connu des problèmes pour s’approvisionner en eau : érigée sur un éperon granitique, la vieille ville est dépourvue de nappe phréatique et sa situation en hauteur fait que les eaux de pluie ruissellent directement vers la vallée du Cousin. Les deux seules sources d’eau potable sont éloignées de la vieille ville : À tel point que l'été, pendant longtemps, les Avallonnais allaient chercher leur eau jusque dans des villages voisins.

La quête d’eau pure au xıxe siècle devient une priorité après plusieurs périodes de sécheresse qui se succèdent jusqu’en 1842, où le phénomène touche aussi le nord de la France. Il ne pleuvra pas de mai à septembre. L’ingénieur des ponts et chaussées, étudie alors la suggestion qui consiste à capter l’eau du ru d’Aillon, au niveau d’Orbigny, sur les hauteurs d’Avallon, pour l’acheminer jusqu’à Avallon par un système de siphon de 88 mètres de dénivelé à travers la vallée du Cousin, comme le faisaient les Romains. Des bornes fontaines sont installées en ville et un château d’eau est construit à côté de l’Horloge. Le 10 décembre 1847, l’eau arrive enfin jusqu’à Avallon. C'est alors un record mondial pour alimenter une ville en eau potable.

Après ce succès, il fut sollicité en divers endroits du pays pour résoudre le problème des eaux, d'abord à Saint Laurent, dans le Jura, puis ce furent Castelnaudary, Rouen, Amiens, Senlis et Rennes.

1854-1878 : Directeur du service hydrométrique du bassin de la Seine

1867-1878 : Directeur du service des eaux et des égouts de Paris

1871 : Commandeur de la Légion d'honneur

La Seine. Le Bassin parisien aux âges antéhistoriques, Paris, Imp. impériale, 1869 [lire en ligne], 2e édition, 1883 (lire en ligne),

planches de géologie et de conchyliologie [lire en ligne]

planches de paléontologie [lire en ligne]

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