Ce Jour-là

Eswatini

Pays d'Afrique australe

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L'Eswatini, en forme longue le royaume d'Eswatini (en swati : eSwatini [ɛswáˈtʼiːni] et Umbuso weSwatini ; en anglais : Eswatini et Kingdom of Eswatini), appelé Swaziland jusqu'en avril 2018, est un pays d'Afrique australe sans accès à la mer, bordé par l'Afrique du Sud et le Mozambique. Le nom historique du pays est Ngwané ; les souverains portaient autrefois ce nom (comme Ngwane IV et V au début et à la fin du XIXe siècle).

Cette nation, comme ses habitants, doit son nom au roi du XIXe siècle Mswati II, chef dont le nom signifie « bâton de commandement » en zoulou. L'Eswatini est un petit pays, moins de 200 km séparent le nord du sud et 130 km l'est de l'ouest. La partie ouest du pays est en altitude, l'altitude est moins importante vers le centre. La frontière est du pays se distingue grâce aux monts Lebombo. Le climat est assez tempéré à l'ouest, mais il atteint les 40 °C dans l'est du pays en été. Le pays connaît d'importantes précipitations dans l'ouest, particulièrement en été.

Le territoire de l'actuel Eswatini a régulièrement été habité depuis la Préhistoire, mais les plateaux étaient peu peuplés lorsque les Dlamini (issus du peuple nguni) y trouvèrent refuge. De nos jours, ses habitants appartiennent presque tous à l'ethnie swazi, dont la langue est le swati.

Le terme Eswatini signifie « pays des Swazis » dans la langue swati. Il correspond au sens de l'ancienne dénomination internationale Swaziland, une forme de mélange avec l'anglais. Dans l'usage du swati, la forme correcte est eSwatini, avec un « e » minuscule initial. Toutefois, le décret royal annonçant en 2018 le changement officiel de dénomination retient la graphie Eswatini, avec une majuscule initiale et un « s » minuscule. Cette variation entraîne des ambiguïtés, notamment dans des documents diplomatiques et administratifs, certains acteurs adoptant la forme en « e » minuscule, d'autres la forme capitalisée. Selon Melusi Masuku, ambassadeur du Royaume auprès de l'Organisation des Nations unies, la diffusion initiale de la forme jugée « non conforme » favorise son adoption par les médias internationaux, ce qui nécessite par la suite des corrections officielles. Le gouvernement précise toutefois que, conformément aux règles de l'anglais, la graphie correcte dans cette langue est Eswatini, avec une majuscule initiale, les noms propres devant commencer par une capitale. Pour le français, l'Office québécois de la langue française, notamment, ou encore le ministère français des Affaires étrangères indiquent similairement une typographie Eswatini.

Bien que des restes d'occupations par des humains datant de plus de 100 000 ans aient été trouvés en Eswatini, la population actuelle, composée de pasteurs, s'y installe uniquement au XIXe siècle, dans des hauts-plateaux, dans le cadre des guerres qui opposent les Ndwandwe aux Ngwane.

Une guerre oppose, en 1815, les Ngwane-Dlamini du roi Sobhuza Ier aux Ndwandwe menés par Zwide. En conflit pour les terres de la vallée de la Pongola, Zwide repousse les Ngwane vers le nord ; ils se réfugient sur les hauts-plateaux de ce qui deviendra l'Eswatini. À la mort de Sobhuza, son fils Mswazi (ou Mswati) lui succède ; c'est à ce moment que le peuple Ngwane-Dlamini prend le nom de Swazi. Un peu plus tard, les premiers Blancs commencent à pénétrer dans cette région.

Après la seconde guerre des Boers, l'Eswatini devient une colonie britannique sous le nom de Swaziland.

L'indépendance est accordée au pays le 6 septembre 1968. C'est Sobhuza II qui est à la tête de cette monarchie : de chef suprême des Swazi pendant la domination britannique, il est devenu roi. L'Eswatini reste membre du Commonwealth et intègre l'ONU. En avril 1973, jugeant la constitution rédigée par les Britanniques, et faisant de ce pays une monarchie constitutionnelle, en inadéquation avec les traditions swazies, Sobhuza II dissout le parlement (le Libandla) élu, et abolit cette Constitution, s'appuyant pour ce faire sur une armée privée qu'il a formée et équipée en secret. Ceci lui permet de s'arroger les pleins pouvoirs. À partir de ce moment, les partis politiques sont interdits. Le Swaziland devient une monarchie absolue de fait en 1973 et de droit en 1978. Le roi meurt en août 1982. Le Liqoqo (Conseil intérieur royal) nomme alors Dzeliwe, l'une de ses soixante-dix épouses, comme reine régente, en raison a priori de son niveau d'éducation, en attendant qu'un autre prince que son fils, le prince Makhosetive, désigné par le Conseil royal comme successeur, ait atteint l'âge de vingt-deux ans. C'est le point de départ d'une période d'intrigues au sein de la Cour, avec également l'influence de puissances étrangères, notamment l'Afrique du Sud voisine. Finalement, elle est poussée, par ce même conseil, à renoncer à la régence au profit de Ntfombi Tfwala, la mère du prince héritier Makhosetive.

Le prince héritier devient roi, sous le nom de Mswati III en 1986. C'est le dernier monarque absolu du continent africain, appuyant son pouvoir sur les traditions. Il nomme le premier ministre, les ministres, les juges, et une partie des parlementaires, une autre partie étant toutefois élue. Il y a des élections législatives pour élire 55 des 65 députés. Pour faire candidature, un candidat doit lever la main lors d'une assemblée de tous les habitants de la région, et patienter jusqu'à obtenir que quinze personnes se rangent derrière lui, en présence du chef, pour valider son inscription. Les partis politiques sont interdits. Par ailleurs, chaque année, à la fin août, tous les parents doivent s'assurer que leurs filles encore vierges participent à la danse des roseaux, qui s'effectue devant le roi. C'est l'occasion pour celui-ci de choisir éventuellement une nouvelle épouse (il en a une quinzaine).

Le 19 avril 2018, le roi Mswati III annonce que le pays reprend son nom d'origine d'avant la colonisation : Eswatini, pour les 50 ans de l'indépendance du pays. Eswatini signifiant « le pays des Swazis » en langue swati, Swaziland était donc un nom hybride entre l'anglais et la langue nationale. Le roi Mswati III a déclaré : « Nous étions le seul pays d'Afrique à avoir conservé son nom de l'époque coloniale ».

En 2019, le royaume est secoué par une vague de grèves des fonctionnaires, accusant le monarque de vider les caisses du pays au détriment de la population.

En 2021, de grandes manifestations en faveur de la démocratie conduisent le pouvoir à imposer un couvre-feu à sa population.

Les partis politiques sont interdits dans le pays depuis 1973.

Le 18 août 2004, le roi Mswati III annonce que le pays va changer de constitution. Les organisations de défense des droits de l'homme et les groupes d'opposition dénoncent le projet proposé de constitution, puisqu'elle continue à interdire les partis politiques et renforce les pouvoirs du roi. En dépit des résistances des groupes d'opposition, la nouvelle constitution du Swaziland est ratifiée par le roi le 26 juillet 2005 et entre en vigueur le 8 février 2006. Le pays demeure une monarchie absolue. Les partis politiques ne sont perçus que comme des associations et la Cour suprême ne peut juger d'affaires pouvant impliquer la monarchie.

En septembre 2018, ce pays de 1,1 million d'habitants reste le dernier pays africain à avoir des relations diplomatiques avec Taïwan, alors que l'ensemble des autres pays du continent reconnaissent la république populaire de Chine. L'Eswatini est également le seul pays d'Afrique, avec Maurice, à ne pas être membre des nouvelles routes de la soie.

Le pays est la dernière monarchie absolue d'Afrique.

En octobre 2021, le pays est bouleversé par des mouvements de protestation contre le régime. Le prince Simelane Dlamini, ministre des Travaux publics, déclare que les manifestations sont interdites dans le pays.

Le 21 janvier 2023, le principal opposant au roi et avocat de nombreuses victimes des manifestations de 2021, Thulani Rudolf Maseko est assassiné à son domicile de deux balles dans la tête, sa veuve qui vit en exil depuis accuse le régime d'en être le commanditaire.

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