Esther Benbassa (également Esther Benbassa-Dudonney), née le 27 mars 1950 à Istanbul, est une universitaire et une femme politique franco-turco-israélienne. Elle est l'une des spécialistes de l'histoire du peuple juif et des minorités.
Ancienne membre d'Europe Écologie Les Verts (EELV), elle est sénatrice de 2011 à 2023, élue dans le Val-de-Marne, puis à Paris. Elle est exclue du groupe écologiste en septembre 2021, après avoir été accusée de harcèlement moral par d'anciens assistants parlementaires. Elle quitte ensuite EELV.
En 2025, elle est reconnue coupable par le conseil des prud’hommes de Paris et est condamnée à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ancienne salariée pour des faits remontant à 2021 et 2022.
Esther Benbassa descend d’une famille de Juifs expulsée d’Espagne en 1492, émigrée dans l'Empire ottoman.
Elle étudie à l'école primaire Isik d'Istanbul puis sa famille émigre en Israël où elle étudie dans une école française et obtient son baccalauréat français. Tout en poursuivant ses études, elle travaille dans l'industrie du tourisme.
Élève d'écoles congréganistes (Sainte-Pulchérie à Istanbul et Saint-Joseph à Jaffa), elle fait ses études supérieures en Israël puis en France.
Avec une bourse d'études, Esther Benbassa arrive en France en 1972 et obtient la nationalité française en épousant un Français deux ans plus tard. Elle est ainsi une trinationale (Turquie, Israël, France).
Elle est titulaire d'une licence (B.A., Bachelor of Arts) de l'université de Tel Aviv (1972), puis d'une maîtrise de lettres modernes (1973) et d'un DEUG d'anglais (1974) de l'université Paris-VIII. Après l'obtention du CAPES de lettres modernes (1975), elle enseigne dans un lycée du secondaire de 1975 à 1988.
En 1982, elle valide un diplôme de turc de l'Institut national des langues et civilisations orientales. Elle obtient un doctorat de troisième cycle de l'université Paris VIII avec la soutenance d'une thèse (« Haim Nahum Efendi, dernier grand rabbin de l'empire ottoman (1908-1920) : son rôle politique et diplomatique », dirigée par Louis Bazin) et devient docteur d'État ès lettres et sciences humaines (université Paris-III, 1987). Elle avait auparavant présenté une thèse portant sur la Commune de 1871.
Esther Benbassa fait des études post-doctorales au département d'histoire du peuple juif de l'université hébraïque de Jérusalem en 1988-1989.
Elle est par ailleurs « régulièrement invitée à l'étranger comme chercheur (pensionnaire du Collegium Budapest (hu) en 2002, du Netherlands Institute for Advanced Study (en) en 2004-2005), comme enseignante (ainsi à l'université de New York en septembre-octobre 2008) et comme conférencière[réf. souhaitée].
Directrice de recherche au CNRS de 1989 à 2000, elle devient en 2000 directrice d'études à la section des sciences religieuses de l'École pratique des hautes études (EPHE, Sorbonne), première titulaire femme (et laïque) de la chaire d'histoire du judaïsme moderne (chaire créée en 1896).
Elle fonde et dirige le centre Alberto-Benveniste d'études sépharades et d'histoire socioculturelle des Juifs en 2002.
Elle est chercheuse au centre Roland-Mousnier (CNRS-université Paris IV-EPHE).
Elle étudie la relation des Juifs à Israël dans Israël imaginaire (1998) et dans Les Juifs ont-ils un avenir (2001). Elle souligne le fait qu'Israël est la réalisation d'un projet fondamentalement laïc (le projet sioniste) et juge que « s'interdire, au nom d'une solidarité imaginaire, de critiquer la politique du gouvernement est rendre à Israël un bien mauvais service ».
Esther Benbassa est cofondatrice de l'association « Le Pari(s) du Vivre-Ensemble ».
Engagée dans la lutte contre le racisme et les discriminations, et favorable au dialogue judéo-musulman, elle publie un ouvrage collectif intitulé Juifs et musulmans : une histoire partagée, un dialogue à construire (Paris, La Découverte, 2006).
Deux années auparavant, dans le cadre du débat autour de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (2004), elle avait fait paraître un essai, couvrant une période longue (depuis la Révolution), La République face à ses minorités. Les juifs hier, les musulmans aujourd'hui. Lors de ce débat, elle participe notamment à une conférence où, affirme Caroline Fourest, elle « expliqua[it] à des musulmans venus écouter Tariq Ramadan, assis à la tribune juste à côté d'elle, que la France leur faisait ce qu'elle avait fait aux juifs ! ».