Erwin Rommel est un militaire allemand, Generalfeldmarschall de la Wehrmacht au cours de la Seconde Guerre mondiale, né le 15 novembre 1891 à Heidenheim et mort le 14 octobre 1944 à Herrlingen, après avoir été contraint de se suicider à la suite de l'attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler.
Officier pendant plus de trente ans, il fait sa carrière dans l'armée de terre allemande, notamment dans les divisions blindées, au service des régimes qui se succèdent alors : l'Empire allemand (1871-1918), la république de Weimar (1918-1933) et le Troisième Reich à partir de 1933. N'ayant pas été affecté sur le front de l'Est au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est réputé être l'un des rares généraux du Troisième Reich à ne pas avoir commis de crime de guerre ni de crime contre l'humanité.
En mai 1940, à la tête de la 7e Panzerdivision, Rommel est l'un des généraux qui réalisent la percée de Sedan à travers les Ardennes et la Meuse, au début de la bataille de France, manœuvre qui permet à l'armée allemande d'atteindre Paris dès le 14 juin et d'obtenir un armistice du chef du Gouvernement français, le maréchal Pétain, le 22. De 1941 à 1943, il dirige le corps expéditionnaire allemand en Afrique du Nord, l'Afrikakorps, acquérant alors le surnom de « Renard du Désert », attribué aussi bien par ses compatriotes que par ses adversaires. Affecté en 1944 au groupe d'armées stationné en France, en Belgique et aux Pays-Bas comme responsable des fortifications, il améliore le mur de l'Atlantique et est présent au moment du débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, jusqu'au mitraillage de sa voiture le 17 juillet et à son évacuation sanitaire.
Au début de 1944, alors que la situation militaire se détériore, certains officiers de la Wehrmacht décident d'assassiner Hitler afin de sauver l'Allemagne. Rommel ne participe pas à la conspiration, mais il se trouve en contact avec certains des conspirateurs. Après l'attentat du 20 juillet 1944, auquel Hitler survit, les représailles de la SS (RSHA, Gestapo) sont implacables : des officiers sont pendus en grand nombre. Rommel, qui a été blessé le 17 juillet sur le front de Normandie, est en convalescence chez lui lorsque des émissaires du haut commandement l'informent qu'il a été autorisé à se suicider pour éviter de pires sanctions. Déclaré mort d’un problème cardiovasculaire, il bénéficie de funérailles nationales à Ulm, au cours desquelles son collègue Gerd von Rundstedt prononce son éloge funèbre.
Admirateur de Hitler jusqu'à ses derniers jours selon certains historiens[Lesquels ?], il a cependant utilisé le régime nazi pour arriver au sommet de la hiérarchie militaire, tandis que la propagande du pouvoir a su exploiter son image d'officier allemand exemplaire issu du peuple.
Erwin Rommel nait le 15 novembre 1891 à Heidenheim an der Brenz, une petite ville du royaume de Wurtemberg, proche d'Ulm et Stuttgart. Il a des racines flamandes en Flandre occidentale.
Son père, professeur de mathématiques, prénommé Erwin, avait épousé en 1886 Helena von Luz, la fille du président du gouvernement du Wurtemberg, Karl von Luz (de). Leur union donna naissance à cinq enfants. Le premier enfant, Manfred, meurt en bas âge. La deuxième est une fille, Helena, qui devient ensuite enseignante à l'école Steiner-Waldorf de Stuttgart. Erwin Rommel est le troisième et suivent deux frères cadets : Karl, pilote d'un avion de reconnaissance en Turquie pendant la Première Guerre mondiale puis dentiste, et Gerhard, agriculteur puis chanteur d'opéra à Ulm.
Son père devient directeur en novembre 1898 du Realgymnasium (en) d'Aalen, où il effectue la majeure partie de sa scolarité. Sa sœur le décrit comme « un enfant très gentil et docile, qui tenait beaucoup de sa mère ». Passionné d'histoire, il n'est, en revanche, guère attentif dans le reste des matières, son côté rêveur faisant de lui la tête de Turc de sa classe. Il éprouve également des difficultés à s'adapter à une discipline plus stricte que dans l'école de sa petite enfance. À quatorze ans, en 1905, le jeune Erwin change radicalement et s'améliore en mathématiques. Il se met aussi au sport et en particulier au ski, au tennis et à l'aviron. L'année suivante, il se découvre aussi une passion pour l'aviation naissante, qu'il partage avec son meilleur ami August Keitel. Erwin émet le souhait d'étudier l'aéronautique et de travailler à terme dans les usines Zeppelin de Friedrichshafen, mais son père préfère qu'il fasse carrière dans l'armée de terre. En 1910, il s'engage enfin dans l'armée, comme élève officier.
Il rejoint le 6e bataillon du 124e régiment d'infanterie (de), basé à Weingarten. Comme tous les élèves officiers du Reich, il doit d'abord servir dans le rang avant de pouvoir suivre les cours de l'école militaire ; sa forte endurance impressionne ses instructeurs à cette occasion. En octobre 1910, il est promu caporal et, dès décembre, il est nommé sergent. L'un de ses instructeurs commente : « Rommel est fait pour commander et conduire des hommes à la guerre. Il est discipliné et ne semble jamais fatigué. Il fera sans aucun doute un officier hors du commun. Son audace en manœuvres a été particulièrement remarquée. » En mars 1911, Erwin Rommel rejoint l'école militaire de Dantzig. En fin d'année, il réussit ses examens avec des notes légèrement au-dessus de la moyenne ; ses résultats ont été très bons aux examens pratiques mais moins bons en théorie. En janvier 1912, il reçoit son brevet de sous-lieutenant et retourne à son régiment, le 124e régiment d'infanterie, où il est chargé de l'instruction. Il gagne rapidement une réputation d'ascète du fait qu'il ne fume pas, ne boit pas et ses camarades officiers le trouvent d'ailleurs trop sérieux pour son âge : sa vie se partage entre l'entraînement des recrues et les lettres qu'il écrit quotidiennement à sa fiancée Lucie.
Le 5 mars 1914, il est détaché auprès du 49e régiment d'artillerie de campagne (de) à Ulm, où il apprend les manœuvres d'artillerie, avec intérêt. Il retourne au 124e régiment d'infanterie, le 31 juillet, pour le commandement d'une section de la 7e compagnie.
Dès son arrivée à Weingarten en 1912, Rommel fait la connaissance de Walburga Stemmer (en), une jeune marchande de fruits et légumes. De leur idylle naît le 8 décembre 1913 une fille, Gertrud. Face à l'opposition de sa famille et surtout à la pression sociale exercée par ses camarades officiers, Rommel renonce à quitter l'armée et à épouser Walburga. Finalement, il épouse une étudiante en langues, fille d'un grand propriétaire terrien de Prusse-Orientale, Lucia Maria Mollin (née le 6 juin 1894 et morte en 1971), plus communément appelée « Lucie », qu'il avait rencontrée en avril 1911 à Dantzig.
Walburga quant à elle, meurt en octobre 1928, âgée de 36 ans, peu avant la naissance du fils de Lucie, Manfred Rommel (1928-2013). La cause officielle de son décès a été une pneumonie, mais le fils de Gertrud, Josef Pan, a révélé par la suite qu'il s'agissait d'un suicide par surconsommation de médicaments. Selon lui, tant que l'épouse de Rommel, Lucie, n'avait pas eu d'enfant, Walburga pensait qu'Erwin Rommel pourrait lui revenir. D'ailleurs Rommel, tout au long de sa vie, avait gardé un contact étroit avec sa fille illégitime Gertrud, qui était officiellement présentée comme sa nièce.
Le 1er août 1914, son régiment est mis sur pied de guerre puis est engagé dans ses premiers combats le 22 août aux abords de Bleid, village belge proche de Longwy. Rommel suit avec sa section l'ennemi qui se replie. Il part en reconnaissance avec trois soldats et surprend près du village une vingtaine de Français en train de boire un café avant de se remettre en ligne. Rommel ouvre le feu avec ses trois hommes et abat plusieurs Français. Il organise ensuite avec sa section, sans attendre de renforts, l'assaut du village au cours duquel il parvient à faire une cinquantaine de prisonniers.
Le 10 septembre 1914 le régiment de Rommel est engagé face à la 12e division d'infanterie française dans laquelle sert Maurice Genevoix à Vaux-Marie, Sommaisne, Rembercourt-aux-Pots.