Ernest Esclangon est un astronome et mathématicien français, né le 17 mars 1876 à Mison (Basses-Alpes) et mort le 28 janvier 1954 à Eyrenville (Dordogne). Il a été directeur de l'Observatoire astronomique de Strasbourg, puis de l'Observatoire de Paris-Meudon, et est un des fondateurs de l'Observatoire de Haute-Provence.
Mathématicien, il a développé les équations des fonctions quasi périodiques rencontrées en mécanique céleste. Pendant la Première Guerre mondiale, il assura la précision du repérage des pièces d'artillerie, en démontrant la double nature du son perçu. Astronome, il s'est attaché à l'établissement de la Carte du Ciel ; il a amélioré la précision des mesures dans les domaines de l’astronomie : mesure du temps, variation des longitudes, variation de la pesanteur ; tout en développant les performances techniques des lunettes et télescopes.
Il a conçu et fait construire l’horloge parlante, mise en service à Paris en 1933 et reproduite dans le monde entier.
Ernest Benjamin Esclangon est né dans une famille modeste. Son père, François-Honoré (1837-1920), ne sait pas lire, mais il cube les arbres et traduit en stères le volume de bois exploitable pour son frère menuisier. Sa mère, Marie-Caroline Maigre (1845-1915), est couturière. Elle tient à ce qu'Ernest aille à l'école, où il se révèle très brillant.
Il fait ses études secondaires au collège de Manosque, puis, après l'obtention du baccalauréat, va en classe de mathématiques spéciales au lycée de Nice, où il a comme camarade Paul Montel.
Il fait ensuite, de 1895 à 1898, des études supérieures scientifiques à l'École normale supérieure et à la faculté des sciences de Paris, où il obtient les licences ès sciences mathématiques et ès sciences physiques. Il est lauréat du concours d'agrégation de mathématiques en 1898. Après quelques mois de service militaire, il est proposé par Jules Tannery à Georges Rayet, comme candidat à un poste d'aide-astronome à l'observatoire de Bordeaux au service méridien (1899 - 1905). Il devient astronome-adjoint (1905) à l'équatorial. À partir de 1902, il enseigne également à la faculté des sciences de l'université de Bordeaux, tout d'abord en tant que chargé du cours de mécanique rationnelle (1902 - 1905) puis, comme maître de conférences (1905 - 1909) et professeur-adjoint (1909 - 1919), chargé du cours de calcul différentiel et de géométrie infinitésimale, puis du cours de mathématiques générales.
Il obtient le doctorat ès-sciences mathématiques en 1904 avec une thèse principale sur les fonctions quasi périodiques.
Pendant la Première Guerre mondiale, il travaille sur la balistique et met au point une nouvelle méthode permettant de déterminer avec précision la position d'une pièce d'artillerie.
Après l'armistice de 1918, Esclangon devient directeur de l'observatoire de Strasbourg, et professeur d'astronomie à la faculté des sciences de l'université de Strasbourg l'année suivante. En 1929, il devient directeur de l'observatoire de Paris et du Bureau international de l'heure. Il est nommé professeur d'astronomie physique à la faculté des sciences de l'université de Paris, ses collègues enseignants ont une renommée mondiale : Eugène Bloch (Mécanique ondulatoire et applications récentes), Louis de Broglie (Introduction de la relativité restreinte en mécanique ondulatoire), Marie Curie (Ions, Électrons et radioactivité), Jean Perrin (chimie et physique). Il entre au Bureau des longitudes en 1932.
Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1929, où il retrouve ceux qui ont été ses professeurs : Paul Appell, Paul Painlevé, Jacques Hadamard, Élie Cartan. Il en sera vice-président en 1941, puis président en 1942. Il est président de la Société astronomique de France de 1933 à 1935.
En 1933, il invente l'horloge parlante, qui sera adoptée par de nombreux pays.
L'astéroïde binaire (1509) Esclangona porte son nom. En 1976, l'Union astronomique internationale a donné le nom d'Esclangon à un cratère lunaire.
Il est l'oncle du physicien Félix Esclangon.
Le 25 juin 1904, Ernest Esclangon soutient sa thèse, « Les fonctions quasi-périodiques », devant le jury suivant :
Paul Appell, président, doyen de la Faculté des sciences ;
Henri Poincaré, professeur d’astronomie mathématique et mécanique céleste depuis 1896 ;
Paul Painlevé, professeur de mathématiques générales, rapporteur de la thèse.
Ernest Esclangon dédicace sa thèse « À mes maîtres, Émile Borel et Paul Painlevé. »