Ce Jour-là

Erich von Manstein

Generalfeldmarschall allemand

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Erich von Lewinski, connu sous son nom d'adoption d’Erich von Manstein, est un militaire allemand, né le 24 novembre 1887 à Berlin et mort le 9 juin 1973 à Irschenhausen (Icking) en Bavière. Il a atteint le grade de Generalfeldmarschall pendant la Seconde Guerre mondiale.

Souvent considéré comme l'un des plus brillants généraux allemands de la Seconde Guerre mondiale, Manstein est célèbre pour ses propositions en 1939-1940 concernant le plan d'offensive contre la France et pour ses combats en URSS. Manstein s'est parfois opposé à Hitler, par exemple lors de la retraite suivant la bataille de Koursk ou en suggérant que ce soit un militaire qui dirige la guerre sur le front de l'Est.

Jugé pour crimes de guerre en 1949 à Hambourg, Manstein est condamné à 18 ans de prison, peine réduite par la suite à 12 ans. Finalement libéré en 1953, Manstein devient conseiller militaire auprès du gouvernement de la République fédérale d'Allemagne.

Ses mémoires ont contribué grandement à exonérer la Wehrmacht de toute implication dans le déclenchement de la guerre et des crimes qu'elle y a commis, créant ainsi le mythe d'une Wehrmacht aux mains propres.

Manstein est né à Berlin le 24 novembre 1887 sous le nom de Erich von Lewinski. Il est le dixième enfant d'un aristocrate prussien, le général d'artillerie Eduard von Lewinski, et le cinquième de sa mère Helene von Sperling. Sa tante, Hedwig von Sperling, et l'époux de celle-ci, le général Georg von Manstein, n'ayant pas eu d'enfant, adoptent Erich au moment de son baptême : un accord entre les deux familles a été conclu avant sa naissance.

Erich von Manstein est destiné à devenir un militaire, comme son oncle par alliance Paul von Hindenburg, époux de sa tante Gertrud Wilhelmine von Sperling. Son père biologique et son père adoptif sont tous deux des généraux prussiens, comme ses grands-pères, notamment Gustav von Manstein, qui dirigea un corps d'infanterie pendant la guerre franco-allemande de 1870.

Manstein fréquente pendant cinq ans le lycée de Strasbourg, puis passe six ans — de 1900 à 1906 — dans le corps royal prussien de cadets à Plön (province du Schleswig-Holstein) et à Berlin. Il devient ensuite porte-étendard au 3e régiment à pied de la Garde. En octobre 1913, il entre à l'Académie militaire mais, l'année suivante, la guerre interrompt sa formation d'officier d'état-major.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Manstein est Oberleutnant, servant comme Adjutant au Garde-Reserve-Regiment 2. D'abord mobilisé sur le front en Belgique pour la prise de Namur, Manstein est envoyé en province de Prusse-Orientale puis en Pologne où il est grièvement blessé en novembre 1914 dans un combat au corps à corps. Il retourne au service au printemps 1915 en tant qu'officier d'état-major du groupe d'armées Gallwitz en Pologne et en Serbie. Il sert ensuite comme Adjutant à la 12. Armee avec le grade de Hauptmann à partir de l'été, puis est affecté en 1916 à l'état-major de la 11. Armee (qui combat à Verdun), et enfin dans celui de la 1. Armee (engagée dans la bataille de la Somme). Il devient ensuite officier d'état-major chargé des opérations à la 4. Kavallerie-Division qui est aux prises en Estonie et en Courlande avec les Bolcheviks, puis est transféré en mai 1918 au même poste à la 213. Infanterie-Division se battant en France, jusqu'à l'armistice.

En raison du déclenchement du conflit, Manstein n'achève pas sa formation, profite des expériences tactiques et stratégiques du premier conflit mondial. Cependant, il s'affirme comme un expert de la guerre de mouvement, adepte de la manœuvre rapide appuyée par des unités mécanisées.

Manstein est décoré de la croix de fer de première classe et de l'ordre de la Maison de Hohenzollern.

Après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne est en proie aux troubles politiques à la suite de la révolution allemande de 1918-1919. Manstein est marqué par ces années qui lui forgent un fort sentiment anticommuniste qui le conduira pendant la Seconde Guerre mondiale à contribuer à la guerre d'anéantissement et d'extermination contre l'URSS.

Le 10 juin 1920, il épouse Jutta Sibylle von Loesch, la fille d'un propriétaire terrien de Silésie rencontrée au début de l'année. Ils ont ensuite trois enfants : une fille, Gisela, née en 1921, et deux fils : Gero, né en 1922, et Rüdiger, né en 1929 ; Jutta meurt en 1966.

Manstein, militaire de carrière, fait partie du corps des 4 000 officiers de la Reichswehr, effectif autorisé par le traité de Versailles. Du 1er octobre 1921 au 1er octobre 1923, il commande une compagnie : la 6e de l’Infanterie-Regiment 5. Il retrouve ensuite un poste d'état-major à la Wehrkreiskommando II (commandement de district militaire allemand) de Stettin puis, le 1er octobre 1924, à la Wehrkreiskommando IV de Dresde, où il est instructeur militaire pendant trois ans. Devenu Major le 1er février 1927, il occupe un poste d'état-major à l'Infanterieführer IV de Magdebourg à partir du 1er octobre suivant.

Le 1er septembre 1929, il passe à la section des opérations au ministère de la Reichswehr, où ses qualités le font remarquer, s'attirant notamment la jalousie de Wilhelm Keitel. Il participe au renforcement de la Reichswehr. Il effectue deux voyages en URSS en 1931 et en 1932, qui accroissent encore son anti-bolchévisme.

Le 1er octobre 1932, Manstein prend le commandement du Jägerbataillon de l'Infanterie-Regiment 4 de Kolberg. Le 1er décembre 1933, il devient Oberst ; ensuite, le 1er février 1934, il est nommé chef de l'état-major de la Wehrkreiskommando III à Berlin.

Manstein et l'arrivée au pouvoir des nazis

Début 1933, « à l'instar de la majorité de ses camarades du corps des officiers, Manstein a accueilli avec enthousiasme la prise du pouvoir d’Adolf Hitler, l'établissement de la dictature nazie et la fin de la république de Weimar ». Mais au printemps 1934, il envoie une lettre de protestation à Ludwig Beck (chef du Truppenamt (en) de la Reichswehr, équivalent de l'État-Major général) concernant le « paragraphe aryen no 3 » de la loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933 qui entraîne l'exclusion de 70 officiers de l'Armée, parce qu'ils ont des origines juives : Manstein s'inquiète pour un lieutenant qu'il a eu sous ses ordres, mais aussi peut-être pour deux de ses neveux. Apparemment, Manstein ne s'oppose pas à l'idéologie nationale-socialiste et à ses conséquences sur le bannissement de certains, mais plutôt au fait que la loi touche des officiers déjà présents dans la Reichswehr. Sa protestation n'a pas d’effet, que ce soit dans son sens, alors qu'il est soutenu par son supérieur Witzleben, ou dans le sens opposé, c'est-à-dire à son détriment, comme l’a souhaité Blomberg. En juillet 1934, après la nuit des Longs Couteaux, s'il se réjouit de la mise à l'écart des SA, il fait partie des rares officiers qui soutiennent Fritsch dans sa demande d'une enquête sur l'assassinat de l’ancien chancelier Schleicher et de son ancien ministre adjoint de la Défense Bredow. Cette requête n'aboutit pas non plus, et Manstein n'insiste pas, sans doute rebuté par le fait d'avoir risqué sa carrière dans l’affaire du « paragraphe aryen ».

Manstein et le réarmement massif

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