Erich Raeder, né le 24 avril 1876 à Wandsbek (région de Hambourg, Empire allemand) et mort le 6 novembre 1960 à Kiel, est un militaire allemand, qui a servi dans la Marine de son pays au cours de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.
Officier général de la Reichsmarine pendant l'entre-deux-guerres, puis de la Kriegsmarine dès sa création par le Troisième Reich, il atteint le plus haut rang de la hiérarchie militaire navale, celui de Großadmiral, en 1939. Il est le commandant en chef de la Kriegsmarine jusqu'à son remplacement au début de l’année 1943 par Karl Dönitz. Il est condamné à la prison à vie au procès de Nuremberg puis est libéré en 1955, à près de 80 ans, pour raisons médicales.
Jeunesse et débuts dans la Marine
Erich Raeder naît en 1876, dans une famille de la classe moyenne de Wandsbek (province du Schleswig-Holstein au sein de l'Empire allemand), et élevé par un père enseignant. Il rejoint la Kaiserliche Marine en 1894, juste après avoir fini ses études secondaires, progresse rapidement dans la hiérarchie militaire et sert même comme officier du yacht de Guillaume II, le SMY Hohenzollern. Il accompagne le prince Henri de Prusse en audience auprès de l'empereur de Chine Kouang-Hsou (Guangxu) et de sa tante l'impératrice Tseu-Hi (Cixi) en 1898 à Pékin. En 1912, il devient chef d'état-major de l'amiral Franz Hipper.
Première Guerre mondiale et années 1920
Durant la Première Guerre mondiale, il participe aux combats de la bataille du Dogger Bank en 1915, ainsi qu'à la bataille du Jutland en 1916, affrontant chaque fois la Royal Navy.
Après-guerre, Erich Raeder bénéficie de promotions régulières.
En 1922, il devient Konteradmiral, puis Vizeadmiral en 1925.
Il est nommé Admiral en octobre 1928 et devient du même coup commandant en chef de la Reichsmarine, la marine réduite conformément au traité de Versailles, pour la république de Weimar.
Redressement de la Marine allemande
Bien que très sceptique quant à l'idéologie nationale-socialiste[réf. souhaitée], il se rallie à Hitler à la suite de la décision de celui-ci de réarmer l'Allemagne, en 1933.
Il devient alors l'un des artisans du renouveau de la marine allemande, notamment avec le traité naval germano-britannique et le plan Z de 1935 où sa préférence pour une flotte de surface l'emporte sur le choix d'une flotte principalement sous-marine, défendu, par exemple, par l'amiral Karl Dönitz.
Ses efforts pour rétablir la puissance maritime allemande sont toutefois entravés par les priorités budgétaires attribuées à la Heer (armée de terre) et à la Luftwaffe (armée de l'air).
Il rejoint en avril 1936 le cabinet de Hitler en tant que commandant en chef de la Kriegsmarine. En 1939, Hitler le nomme Großadmiral de la Kriegsmarine. Il devient le premier récipiendaire de ce titre prestigieux depuis Alfred von Tirpitz.
Après la campagne de Pologne, il est l'un des rares commandants à soutenir l'idée d'une offensive à l'ouest : il souhaite en effet la conquête des littoraux normands et bretons pour servir de bases à sa marine contre le Royaume-Uni.
Invasion du Danemark et de la Norvège
C'est en tant que commandant en chef des forces navales qu'il conseille à Hitler l’invasion de la Norvège et du Danemark[réf. nécessaire]. Il souhaite en effet sécuriser les routes d'approvisionnement en fer venant de Suède, vitales pour la construction des gros cuirassés du type Bismarck. Il s'agissait en outre de contrer l'installation d'hypothétiques bases franco-britanniques dans la région. Enfin, les fjords de Scandinavie permettaient de protéger efficacement les navires à l'ancrage. L'invasion, baptisée « opération Weserübung », est préparée, outre Raeder, par les chefs de l'OKW (Haut Commandement de la Wehrmacht), les généraux Jodl et Keitel, ainsi que par Hitler lui-même, de janvier à avril 1940[réf. nécessaire]. L'action est déclenchée le 9 avril 1940 et s’avère un succès. Même si la Wehrmacht souffre de pertes importantes, les projets d'implantation français et britannique sont devancés et les objectifs atteints.
Désaccords sur la conduite de la guerre