Erich Priebke est un militaire allemand, membre de la SS pendant la Seconde Guerre mondiale, né le 29 juillet 1913 à Hennigsdorf (Allemagne) et mort le 11 octobre 2013 à Rome.
Il était SS-Hauptsturmführer et le second d'Herbert Kappler à Rome. À ce titre, il a participé au massacre des fosses Ardéatines au cours duquel 335 civils italiens ont été exécutés par les troupes d'occupation allemandes le 24 mars 1944, en représailles d'un attentat perpétré la veille par les partisans italiens dans le centre de Rome, sur la via Rasella dans lequel 33 soldats allemands avaient trouvé la mort.
Après la guerre, il a disposé d'un passeport de la Croix-Rouge au nom de « Otto Pape », ce qui lui a permis de fuir la justice jusqu'en 1995.
Devenu un notable de la ville de Bariloche en Patagonie, il est rattrapé en 1995 par la justice italienne à la suite de la publication en 1991 du livre d'Esteban Buch, El pintor de la Suiza Argentina, ce livre étant lui-même la source principale d'un reportage du chef d'antenne d'ABC, Sam Donaldson (en), diffusé en 1994 par cette même chaîne de télévision. Erich Priebke est alors extradé vers l'Italie et condamné à 15 ans de prison, ensuite réduits à 5 ; le verdict est contesté par l'opinion publique. Priebke a d'abord été défendu par l'avocat argentin Jorge Olivera, un ancien tortionnaire de la dictature argentine.
Priebke est finalement condamné à la prison à vie en 1998, peine qui, en raison de son grand âge — 85 ans — est commuée en internement à domicile, avec possibilité de sorties sous escorte.
Il purge alors sa peine dans un appartement propriété de son avocat italien, Paolo Giachini. En juin 2007, il bénéficie brièvement d'une mesure de semi-liberté pour lui permettre de travailler comme traducteur au cabinet de son avocat. Mais les protestations de la communauté juive italienne incitent les autorités italiennes à annuler son permis de travail.
Il est soutenu par l'association néo nazie Stille Hilfe et sa cofondatrice Gudrun Burwitz.
Il meurt le 11 octobre 2013 à Rome.
L’évêché de Rome refuse les funérailles publiques. Les funérailles ont été célébrées par la Fraternité Saint-Pie-X. Plusieurs lieux d'enterrement sont proposés, mais le gouvernement argentin, le maire de Rome ou celui de Hennigsdorf sa ville natale refusent de l'enterrer. Il est finalement enterré dans l'enceinte d'une prison à un emplacement communiqué uniquement à la famille et aux proches.
Priebke a toujours refusé d'exprimer de quelconques regrets pour ses actes, sous le prétexte qu'il avait obéi à des ordres ; néanmoins, son avocat italien évoque une déclaration écrite de son client datant de 1995 dans laquelle il dit éprouver une « profonde solidarité » avec la peine ressentie par les familles des victimes du massacre (romain). Le journal britannique International Business Times rapporte que dans une interview donnée quelques mois avant sa mort Priebke continuait à se montrer impétinent, "imputant aux juifs la responsabilité de l'holocauste".
L'historien italien Alessandro Portelli a consacré un livre d'histoire orale à la mémoire des Fosses ardéatines et à son instrumentalisation. Il est publié en Italie aux éditions Donzelli sous le titre L'ordine è già stato eseguito et, à New York, sous le titre :
(en) Alessandro Portelli, The Order Has Been Carried Out : History, Memory, and Meaning of a Nazi Massacre in Rome, New York, Palgrave Macmillan, 2003, 329 p. (ISBN 978-1-4039-6208-9, OCLC 916517020).
An interview with the Evil. A journey in the Italian forbidden memory - Academia.edu
Massacre des fosses Ardéatines
Ressources relatives à l'audiovisuel : France 24 IMDb
Portail de la criminologie Portail du nazisme Portail de la Seconde Guerre mondiale Portail de l’histoire militaire Portail du Brandebourg Portail de l’Allemagne