Eric Clapton, né le 30 mars 1945 à Ripley (Surrey, Angleterre), est un guitariste, chanteur, auteur-compositeur-interprète britannique, de blues rock. En 2011, dans son classement « les 100 plus grands guitaristes de tous les temps », le mensuel Rolling Stone le place en deuxième position, juste derrière Jimi Hendrix.
Il est le seul artiste à avoir été intronisé à trois reprises au sein du Rock and Roll Hall of Fame : une fois en tant qu'artiste solo puis en tant que membre des Yardbirds et de Cream.
Né à Ripley, à proximité de Guildford, dans le Surrey au Royaume-Uni, Eric Patrick Clapton est le fils d'un soldat canadien et d'une mère anglaise. Son père, après être parti combattre en Europe peu après sa naissance, est ensuite retourné au Canada. Sa mère, qui n'a alors que 16 ans, est trop jeune pour s'occuper de lui, aussi le jeune Eric est confié à ses grands-parents maternels (dont le nom, Clapp, est à l'origine de la rumeur selon laquelle le véritable nom du guitariste serait Clapp). Plus tard il est abandonné une deuxième fois par sa mère, partie à son tour au Canada avec un autre soldat.
L'histoire de sa naissance reste longtemps un secret de famille, Eric Clapton n'apprend qu'à l'âge de 9 ans que ceux qu'il croyait être ses parents ne l'étaient pas, et que sa prétendue grande sœur, de retour du Canada était en réalité sa mère. En réponse à Eric lui demandant si elle allait maintenant être sa mère, elle lui répond : « non, les choses sont mieux comme cela ». Ce fut un choc terrible pour lui.[réf. nécessaire]
L'enfance d'Eric Clapton ne se passe pas sans accrocs – il a confessé avoir été un « sale gosse ». Peu attentif à l'école, il faillit même abandonner l'apprentissage de la guitare – il avait reçu sa première guitare acoustique, une Hoyer de fabrication allemande, en cadeau pour ses 13 ans – car il le jugeait « trop difficile ». Postier pour se faire un peu d'argent, il intègre la classe de design de l'École d'art de Kingston upon Thames ; ses résultats médiocres lui valent d'être rapidement renvoyé. Il se produit notamment au The Fighting Cocks durant cette période.
Encore adolescent, Eric Clapton puise son inspiration musicale – il parvient à jouer de la guitare – dans le blues américain : Big Bill Broonzy, Muddy Waters, Elmore James, Howlin' Wolf et surtout Robert Johnson, le légendaire bluesman du Mississippi. Surnommé par ses amis « Eric the mod » en référence à ses vêtements qui rappellent le mouvement Mods. Vers 1962, il commence à fréquenter des clubs de musiciens comme le Ealing Club (il y rencontrera Ginger Baker et Jack Bruce, alors membres des Blues Incorporated, qui y jouaient eux aussi) de Londres, dans lequel se produisent notamment les Rolling Stones. Il les accompagne même occasionnellement comme chanteur. Peu confiant à l'époque envers ses talents de guitariste, il déclare : « J'en fais un peu ; j'ai bossé quelques trucs de blues depuis un moment ; rien de sérieux. » (À James Phelge, qui le reprendra dans son livre Nankering with the Rolling Stones). Dans ce même club jouent les Blues Incorporated d'Alexis Korner, dont les batteurs et bassistes sont, de temps à autre (le personnel varie beaucoup à cette époque), Ginger Baker et Jack Bruce, ses futurs acolytes de Cream.
C'est pourtant l'apprentissage par cœur d'un album de Chuck Berry qui lui permet finalement d'intégrer, en mars 1963, son premier groupe : les Roosters. Il joue avec eux jusqu'au mois d'octobre de la même année, puis, lorsque le groupe se dissout, rejoint Casey Jones and The Engineers en même temps que Tom McGuiness (l'ancien bassiste des Roosters). Cette nouvelle association ne dure qu'un mois : Eric Clapton, qui a déjà acquis une certaine réputation en tant que guitariste, est embauché par les Yardbirds, son premier groupe véritablement professionnel.
Avec l'arrivée de Clapton, les Yardbirds commencent à véritablement décoller. Petit groupe de rock 'n' roll comme tant d'autres, très influencé par le blues, ils ne jouent aucune composition personnelle, se limitant à des morceaux de blues issus des catalogues Chess, Checker ou Vee-Jay. Succédant aux Rolling Stones comme groupe résident du légendaire Crawdaddy Club de Richmond, ils deviennent un groupe culte parmi les jeunes Anglais branchés fans de blues. Leurs premiers singles, I Wish You Would et Good Morning Little Schoolgirl, sont des succès relatifs, et ils partent même en tournée en 1963 avec le bluesman américain Sonny Boy Williamson, enregistrant ensemble un album Sonny Boy Williamson and The Yardbirds qui sortira en 1966 à la fois comme un disque des Yardbirds et de Williamson.
Clapton, de son côté, crée peu à peu son style personnel : sa façon de jouer bien sûr, intégrant de manière révolutionnaire les influences de Buddy Guy, Freddie King et B. B. King, mais aussi sa façon de s'habiller. Cette forte personnalité, ainsi que ses talents de guitariste, pourtant assez peu mis en valeur sur les premiers enregistrements du groupe, lui valent d'en devenir le principal soliste. L'autre guitariste des Yardbirds à l'époque, Chris Dreja, était plutôt concentré sur la rythmique.
Devenant rapidement une figure importante de la scène anglaise, il se fait un surnom : Slowhand. La paternité de ce surnom revient à l'assistant de Gomelsky, Hamish Grimes, qui s'occupe de leur campagne de publicité, concoctant des slogans comme « Les Yardbirds, la sensation blues du moment ». Grimes baptisa ainsi Clapton « Slowhand », un jeu de mots au sujet des claquements de mains du public (slowhand clap) quand le spectacle devait s'interrompre le temps qu'il remplace une corde cassée. Mais en mai 1965, le premier vrai succès du groupe, For Your Love, coïncide avec le départ du guitariste, mal à l'aise à cause de cette chanson trop « commerciale » selon lui. En effet, à cette époque, Clapton est encore un fanatique de blues authentique, et considère comme une trahison de jouer autre chose que des reprises de grands bluesmen. Recommandant Jimmy Page à ses collègues, il quitte les Yardbirds.
John Mayall and the Bluesbreakers (1965–1966)
Parti se reposer à Oxford chez Ben Palmer (l'ancien pianiste des Roosters), Clapton ne reste pas inactif très longtemps après son départ des Yardbirds : dès mars 1965, John Mayall lui propose de rejoindre les Bluesbreakers. À l'époque, le groupe est déjà une référence du R&B britannique, Clapton accepte donc la proposition. Échangeant sa Fender Telecaster contre une Gibson Les Paul Standard pour un son plus authentique et puissant, Clapton joue avec passion, et assoit sa réputation d'instrumentiste prodige. Ce qui ne l'empêche pas de manquer parfois de sérieux, allant jusqu'à rater certains engagements… Lassé par la routine des concerts dans les night-clubs, il abandonne les Bluesbreakers en août 1965 pour se joindre à un groupe composite supposé parcourir le monde : The Glands.
L'intention première de ce groupe de « musiciens voyageurs » était de parcourir le monde dans un autobus à deux étages, en jouant un peu partout. Une épopée qui s'achève rapidement en Grèce, d'où ils reviennent sans un sou après avoir eu un accident de la route et s'être presque fait kidnapper à Athènes. Clapton reprend donc dès octobre 1965 sa place au sein des Bluesbreakers…
Son escapade avec The Glands n'a nullement entamé la réputation de Clapton, qui devient peu à peu une véritable idole, et gagne un nouveau surnom : sur les palissades et dans le métro de Londres fleurit l'inscription « Clapton is God » (« Clapton est Dieu »). Un nouveau statut difficile à assumer pour le jeune guitariste, qui hésite dans ses déclarations entre d'une part la conviction qu'il possède des « pouvoirs », et d'autre part leur dénégation. Parlant de cette période en 1987, à la télévision britannique, Eric déclare : « Qu'est-ce que je pouvais y faire ? Aller nettoyer les murs ? Bien sûr, les gens pensaient que ça allait trop loin… Je ne voulais pas m'embarrasser de ça, surtout pas. On disait que j'étais le meilleur guitariste du monde. C'est vrai, j'ai toujours voulu l'être, mais ce n'est qu'un idéal inaccessible. »