Ce Jour-là

Empire d'Autriche

État historique en Europe centrale, de 1804 à 1867

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L’empire d’Autriche (allemand : Kaisertum Österreich ; graphie XIXe siècle : Kaiserthum Oesterreich) est proclamé le 11 août 1804 par François II du Saint-Empire, qui adopte le titre héréditaire d’empereur d’Autriche sous le nom de François Ier. Après la dissolution du Saint-Empire romain germanique, le 6 août 1806, l'empire d’Autriche recouvre l’ensemble des territoires dynastiques des Habsbourg-Lorraine. Le cadre étatique évolue d’un conservatisme d’après-guerres napoléoniennes vers des essais constitutionnels (diplôme d’Octobre (1860) et patente de Février (1861)), jusqu’au compromis de 1867. Mis en œuvre le 30 mars 1867, il transforme la monarchie autrichienne en monarchie austro-hongroise.

Puissance comptée parmi les Alliés vainqueurs de Napoléon Ier (1814 et 1815), l’Autriche de Klemens von Metternich privilégie la préservation de l’ordre issu du Congrès de Vienne : Sainte-Alliance et Concert européen structurent une diplomatie de stabilité, incluant censure et surveillance via les décrets de Carlsbad (20 septembre 1819). Dans ce cadre, Vienne intervient à plusieurs reprises pour « rétablir l’ordre » en Italie — avec l'aval des congrès (comme celui de Laybach, 1821) ou à la demande d'États concernés (États pontificaux, duchés italiens) —, posture vue par les monarchies comme protectrice et par les courants libéraux/nationaux comme répressive.

Les années 1830 et surtout 1848 marquent un tournant majeur. À Vienne, la Révolution autrichienne de 1848 provoque l’abdication de Ferdinand Ier, le 2 décembre 1848, au profit de son neveu, François-Joseph Ier ; en Hongrie, l’insurrection est vaincue en 1849 avec l’aide militaire russe, sollicitée par l’Autriche. L’Empire entre ensuite dans une phase d’ère dite néo-absolutiste (système Bach) puis de réformes encadrées : Concordat du 18 août 1855 (concernant les école, mariage, censure) et Constitution du 21 décembre 1867 (en.) garantissant libertés publiques et égalité devant la loi.

Sur le plan extérieur, l’empire d'Autriche tient la présidence de la Confédération germanique (1815-1866) mais voit son influence contestée : après des succès contre le Piémont-Sardaigne (bataille de Custoza (1848), bataille de Novare (1849)), elle perd la Lombardie en 1859 et cède la Vénétie en 1866. En Allemagne, le refus de Frédéric-Guillaume IV de Prusse de coiffer la couronne impériale proposée par le parlement de Francfort (3 avril 1849) maintient l'Autriche dans le cercle germanique, mais sa défaite à la bataille de Sadowa/Königgrätz (3 juillet 1866) face au royaume de Prusse de Guillaume Ier écarte définitivement l'empire autrichien du processus d’unification allemande.

L’Empire est aussi en parallèle un foyer majeur de vie intellectuelle et artistique : période Biedermeier (1815-1848) dans les arts et les modes de vie, affirmation d’une capitale musicale (Johann Strauss père et Johann Strauss II — An der schönen blauen Donau, 1867). Dans le domaine scientifique et médical, la seconde école de médecine de Vienne rayonne (Carl von Rokitansky) et Ignace Semmelweis introduit l’asepsie obstétricale à Vienne (1847), tandis que Gregor Mendel présente à Brünn ses lois de l’hérédité (1865-1866).

11 août 1804 – 2 mars 1835 : François Ier

2 mars 1835 – 2 décembre 1848 : Ferdinand Ier

2 décembre 1848 – 21 novembre 1916 : François-Joseph Ier

21 novembre 1916 – 11 novembre 1918 : Charles Ier

Note : à partir du 30 mars 1867, l’empereur d’Autriche porte simultanément le titre d’« empereur d’Autriche et roi apostolique de Hongrie » dans le cadre du Compromis austro-hongrois. Les territoires relevant exclusivement de l’administration autrichienne constituent la Cisleithanie (dite « k.k. »), distincte des affaires communes « k.u.k. ».

1804-1806 : fondation de l'empire autrichien et chute du Saint-Empire

L’empire d’Autriche est institué par la patente du 11 août 1804 : François II (1768-1835), empereur élu du Saint-Empire romain germanique (1792-1806), y annonce qu’il assume pour lui et ses descendants le titre héréditaire d’empereur d’Autriche ; il prend le nom de François Ier. Le texte est pensé pour détacher la dignité impériale des aléas du Saint-Empire et garantir à la monarchie des Habsbourg un rang impérial propre, fondé sur leurs États héréditaires.

Le contexte immédiat pèse lourd : l’équilibre issu du traité de Lunéville (9 février 1801) et la grande réorganisation territoriale du Reichsdeputationshauptschluss (24 février 1803) fragilisent déjà l'ordre impérial. Une part des princes d’Allemagne, de plus en plus alignés sur la France, privilégient leurs intérêts étatiques au détriment des mécanismes communs. Plus encore, le 18 mai 1804, Napoléon Bonaparte devient empereur des Français.

Aux yeux de Vienne, la combinaison de ces facteurs menace à la fois la prééminence des Habsbourg et l’utilité pratique du titre d’« empereur romain germanique » pour défendre la monarchie. La patente de 1804 répond donc à un double objectif : préserver la parité de rang face au nouvel Empire français et assurer la continuité d’une dignité impériale si le Saint-Empire devait disparaître.

Entre le 11 août 1804 et le 6 août 1806, François II cumule les deux titulatures : empereur romain germanique et empereur d’Autriche. L’effondrement final du Saint-Empire suit rapidement : à l'issue de la Troisième Coalition (défaite d'Ulm (20 octobre 1805) et d'Austerlitz (2 décembre 1805)), l'Autriche signe le traité de Presbourg (26 décembre 1805) qui entérine d'importantes cessions territoriales.

Le 12 juillet 1806, la création de la conférédation du Rhin entraîne la sortie d’États impériaux du cadre commun et exclut l'Autriche. Napoléon Ier présente alors un ultimatum au monarque autrichien, le 22 juillet 1806, exigeant l'abdication impériale avant le 10 août. Le 6 août 1806, François II abdique la couronne romaine et « relâche » les États de leurs obligations envers l’Empire germanique, qui se trouve de ce fait dissous.

1806-1814 : face à l'aventure napoléonienne

Après 1806, la monarchie autrichienne concentre ses moyens sur la survie stratégique. Réformée par l’archiduc Charles (1771-1847) (création de la Landwehr, le 9 juin 1808), l’armée reprend l’initiative en 1809 (guerre de la Cinquième Coalition) : victoire autrichienne à Aspern-Essling (21–22 mai), mais défaite décisive à Wagram (5–6 juillet) et occupation de Vienne. Le traité de Schönbrunn (14 octobre 1809) impose des nouvelles cessions territoriales, une forte indemnité, la réduction des effectifs à 150 000 hommes et la rupture avec la Grande-Bretagne. Ces chocs militaires et diplomatiques pèsent sur les finances et la société autrichiennes.

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