Ce Jour-là

Emmanuel d'Astier de La Vigerie

Écrivain, journaliste et homme politique français

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Emmanuel d'Astier de La Vigerie, né le 6 janvier 1900 à Paris où il est mort le 12 juin 1969, est un écrivain, journaliste, militaire et homme politique français, compagnon de la Libération.

Grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fonde en 1941 le mouvement Libération-Sud et le journal Libération, puis devient, en novembre 1943 et jusqu'en septembre 1944, commissaire à l'Intérieur de la France libre. Il est l'auteur des paroles de la chanson La Complainte du partisan, écrite à Londres en 1943.

Élu député après-guerre, il est l'un des « compagnons de route » du Parti communiste français, puis devient gaulliste de gauche.

D'Astier naît le 6 janvier 1900, à Paris, au sein d'une famille originaire du Vivarais titrée sous la monarchie de Juillet par reprise d'un titre de 1825. Son père, le baron Raoul d'Astier de La Vigerie, ancien élève de l'École polytechnique, est officier d'artillerie. Sa mère, Jeanne, née Masson-Bachasson de Montalivet, est la petite-fille de Camille, comte de Montalivet — ministre de l'Intérieur et ministre de l'Instruction publique de Louis-Philippe — et l'arrière-petite-fille de Jean-Pierre de Montalivet, ami et ministre de l'Intérieur de Napoléon Ier.

Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants et a deux frères aînés : François né en 1886, Henri né en 1897, qui comme Emmanuel sont tous deux devenus compagnons de la Libération.

Il fait ses études au lycée Condorcet, puis à Saint-Jean-de-Béthune et au lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles. Ses années de lycée sont marquées par son adhésion à l'Action française. Il entre à l'École navale en 1919. Il est enseigne de vaisseau de première classe le 1er octobre 1921. Il devient opiomane pendant cette période.

En 1924 (ou 1923 selon les sources), il démissionne de la Marine nationale et commence une carrière de journaliste. Astier entre à l'hebdomadaire Marianne et dans 1935. Il signe des articles antisémites dans ces revues. Il effectue divers reportages en Allemagne et en Espagne pour le magazine Vu et son supplément "Lu", Vu se caractérisant « par sa défense du Front populaire, son antifascisme et son philosoviétisme », ce qui l'amène à prendre certaines distances avec son milieu familial. Il couvre également l'occupation des usines Renault pour Vu en mai 1936.

Il se rapproche alors du radicalisme tout en demeurant hostile au communisme, par opposition à la dictature.

Il épouse en premières noces Grace Roosevelt Temple — née en 1894 à Ashland aux États-Unis et morte en 1977.

Le 27 août 1939, quelques jours avant la déclaration de guerre, il est mobilisé au Centre maritime de renseignements de Lorient. En juin 1940, il rejoint le 5e bureau replié à Port-Vendres, près de la frontière espagnole. Il est démobilisé à Marseille le 11 juillet.

Il choisit d'emblée de lutter contre le régime de Vichy et l'occupant et se met aussitôt à la recherche d'hommes et de femmes qui pensent comme lui « pour faire quelque chose ». Dès septembre, il fonde à Cannes le mouvement La Dernière Colonne, qui se destine au sabotage. La première personne qui se joint à lui est le commandant d'aviation Édouard Corniglion-Molinier — coproducteur du film d'André Malraux, Espoir, sierra de Teruel. Dans le même groupe se retrouvent également Jean Cavaillès, Raymond et Lucie Aubrac (que d'Astier surnomme « Madame conscience ») ou Charles d’Aragon. Son frère François d'Astier, Joseph Kessel et André Malraux furent également approchés pour rejoindre le mouvement mais ne donnèrent pas suite.

En décembre, Corniglion-Molinier est arrêté et d'Astier gagne alors Clermont-Ferrand où règne une atmosphère favorable à la Résistance, notamment au sein de l'équipe de rédaction de La Montagne.

En février 1941, La Dernière Colonne étant décimée par les arrestations, il entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de « Bernard ».

En juin 1941, il crée le mouvement « Libération-Sud » avec Jean Cavaillès dans un café à Clermont-Ferrand. Ce réseau deviendra, avec « Combat » et « Franc-Tireur », l'un des trois plus importants mouvements de résistance de la zone sud. Libération recrute le plus souvent ses membres dans les milieux syndicaux (CGT) et socialistes. À la tête du mouvement, il fait paraître affiches, tracts. En juillet, paraît le premier numéro du journal Libération. En août, un accord est passé avec Léon Jouhaux : les dirigeants syndicalistes sont désormais associés à la direction du mouvement qui, lui-même s'engage à « donner toute son attention au problème ouvrier ».

En janvier 1942, une liaison est établie avec Londres par l'intermédiaire d'Yvon Morandat, représentant du général de Gaulle et membre du comité rédacteur de Libération, puis par celui de Jean Moulin — qu'Emmanuel d'Astier rencontre pour la première fois à Lyon en compagnie de Raymond Aubrac. En mars, a lieu à Avignon la première réunion des responsables des journaux Libération, Combat et Franc-Tireur, sous la présidence de Jean Moulin, chargé par de Gaulle d'unifier le Mouvements unis de la Résistance (MUR).

Missions à Londres et aux États-Unis

Dans la nuit du 19 au 20 avril 1942, il profite de la mission de Peter Churchill pour embarquer sur le sous-marin P 42 Unbroken, et rejoindre Gibraltar d'où il s'envole pour Londres. Il rencontre le général de Gaulle, au début de mai. Il l'appellera plus tard « le Symbole ». Celui-ci l'envoie en juin en mission à Washington. Il est chargé de négocier auprès de Roosevelt la reconnaissance de la France libre.

Dans le courant du mois de juillet, il rentre en France à bord d'un chalutier, avec le titre de chargé de mission de 1re classe, équivalent au grade de lieutenant-colonel.

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