Emma Bonino, née le 9 mars 1948 à Bra et morte le 11 septembre 2026 à Rome, est une femme politique italienne, figure de la politique italienne, défenseuse des droits humains, de l’émancipation des femmes et des minorités, mais aussi militante pour la justice internationale et l’Europe.
Elle est successivement ou concomitamment adhérente et cadre du Parti radical (PR), des Radicaux italiens (RI) et de +Europa (+Eu).
Membre de la Chambre des députés à partir de 1976, elle entre au Parlement européen trois ans plus tard, alternant entre ces deux assemblées pendant près de trente ans. Elle est commissaire européenne à la Pêche et à la Consommation de 1995 à 1999. Sa « liste Bonino » arrive en quatrième position des élections européennes de 1999 en Italie, avec 8,5 % des voix.
Elle quitte définitivement le Parlement européen en 2006 pour devenir ministre du Commerce international et ministre pour les Affaires européennes dans le gouvernement de centre gauche de Romano Prodi. À la suite des élections parlementaires de 2008, elle devient vice-présidente du Sénat.
En 2013, non-réélue sénatrice, elle est un temps pressentie pour devenir présidente de la République ; elle est également citée pour cette fonction en 2015. Elle est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Letta, de 2013 à 2014.
En 2015, elle se met temporairement en retrait de la vie politique en raison d’un cancer du poumon. Elle conduit ensuite la coalition centriste +Europa aux élections parlementaires de 2018, lors desquelles elle retrouve son siège au Sénat, avant d’être battue aux élections sénatoriales de 2022.
Emma Bonino naît le 9 mars 1948 à Bra.
Après avoir suivi ses études secondaires à Bra, elle se rend à Milan, où elle intègre la prestigieuse université Bocconi. Elle y étudie la littérature et en ressort diplômée en 1972 avec une thèse sur L'Autobiographie de Malcolm X.
En 1973, Emma Bonino participe à la fondation du centre d'information sur la stérilisation et l'avortement (CISA), à Milan. Elle avoue, deux ans plus tard, avoir pratiqué des interruptions volontaires de grossesse (IVG), alors interdites en Italie.
Elle se présente, en 1976, aux élections générales anticipées du 20 juin à la Chambre des députés, comme tête de liste du Parti radical (PR). Élue dans la province de Rome, elle devient secrétaire du groupe du PR, qui compte cinq élus, puis présidente, en remplacement de Marco Pannella, le 21 avril 1978. Elle démissionne pourtant de son mandat parlementaire le 20 décembre suivant.
Quelques mois plus tard, aux élections générales anticipées du 3 juin 1979, elle est réélue députée, toujours dans la province de Rome. Cela ne l'empêche pas, une semaine plus tard, de remporter un siège au Parlement européen, où elle fait partie du groupe des non-inscrits, lors des élections européennes du 10 juin 1979. Le 8 janvier 1982, elle retrouve la présidence du groupe radical à la Chambre italienne.
Candidate aux élections générales anticipées du 26 juin 1983, elle est élue une nouvelle fois, mais démissionne dès le 10 août. Le 11 septembre 1984, elle renonce à son mandat européen. Elle le retrouve le 9 janvier 1986 et revient à la Chambre le 5 décembre suivant.
Ayant démissionné, le 12 avril 1988, du Parlement européen, elle fait son retour comme députée, de la province de Naples, à partir du 10 juin 1990. Elle est choisie, deux jours plus tard, comme secrétaire de la Chambre des députés. Aux élections générales des 5 et 6 avril 1992, elle retrouve son mandat dans la province de Rome. Elle est choisie, un an après, comme secrétaire du Parti radical.
En 1993, elle fonde l'ONG No Peace Without Justice.
Lors des élections générales anticipées des 27 et 28 mars 1994, qui se déroulent selon un nouveau mode de scrutin, elle remporte un siège dans la circonscription « Padova - Selvazzano Dentro », en Vénétie, sous les couleurs du Pôle des libertés, l'alliance électorale de Silvio Berlusconi.
1995-1999 : commissaire européenne
Le 23 janvier 1995, Berlusconi, devenu président du Conseil des ministres d'Italie, nomme Emma Bonino à la Commission européenne, avec Mario Monti. Jacques Santer, nouveau président de la Commission, la désigne alors commissaire européenne à la Pêche, à la Politique des consommateurs et à la Protection de leur santé, ayant tutelle sur la direction générale de l'Aide humanitaire (ECHO). Elle renonce alors à tous ses mandats et fonctions dans son pays.
À compter du 16 mars 1999, elle est chargée de l'intérim de ses responsabilités, après la démission collective du collège des commissaires du fait de la mise en cause de la gestion collective et individuelle des commissaires ; elle fait partie des commissaires mis en cause nominativement pour des erreurs de gestion et des irrégularités.