Ella, dite Elsie, Anderson de Wolfe, par son mariage Lady Mendl, née le 20 décembre 1865 à New York (États-Unis) et morte le 12 juillet 1950 à Versailles (France), est une actrice et décoratrice américaine.
Née dans une famille new-yorkaise relativement aisée, éduquée par des précepteurs à New York et dans sa famille maternelle à Édimbourg (Écosse), Elsie de Wolfe est présentée à la reine Victoria en 1883 et fréquente la bonne société londonienne.
Elsie de Wolfe est la fille de Stephen de Wolfe, médecin et spéculateur financier, et Georgiana Watt Copeland. Durant son enfance et son adolescente, son physique est jugé ingrat, trop anguleux pour les normes de l'époque. À l'adolescence, cela l'incite à s'engager dans la pratique de la gymnastique, qu'elle poursuit ensuite tout au long de sa vie. Elle suit en outre des régimes stricts ainsi que des programmes nutritionnels[réf. souhaitée].
Elsie de Wolfe suit une scolarité privée à New York puis, à partir de ses quatorze ans, à Édimbourg, en Écosse. Elle réside alors chez un cousin de sa mère, le Dr Archibald Charteris. Par cette entrée, en 1883, elle est présentée à la reine Victoria et à la société londonienne.
Carrière théâtrale et rencontre avec Elisabeth Marbury
En 1884, au moment de son retour à New York, elle découvre la pratique du théâtre amateur sur la recommandation de Cora Urquhart Potter, membre de l'entourage du prince de Galles. Les années suivantes, elle apparaît dans plusieurs représentations théâtrales, alors utilisées pour collecter des fonds pour des entreprises caritatives. En 1886, elle interprète Lady Seymour dans A Cup of Tea et Othello.
Dans le contexte de sa pratique théâtrale, par le biais de Sarah Cooper Hewitt, Elsie fait la connaissance d'Elisabeth Marbury, qui est alors une agent influente dans le milieu de la dramaturgie. Peu de temps après leur rencontre, Elsie de Wolfe et Elisabeth Marbury entament une relation homosexuelle, et elles s'installent ensemble en 1885, avant d'emménager en 1887 dans une maison dans le quartier d'East 17th Street/Irving Place Historic District (en).
En 1890, son père décède, laissant de grosses dettes de jeu. La situation financière difficile de la famille mène Elsie à se professionnaliser dans son activité théâtrale.
Elle fait ses débuts professionnels en 1891 dans Thermidor de Victorien Sardou, mis en scène par Charles Frohman, qui donne lieu à une tournée de plusieurs années. En 1894, elle devient membre régulier de la compagnie de Charles Frohman. Ses tenues vestimentaires élaborées sont remarquées. En 1901, elle forme sa propre compagnie et monte The Way of the World de Clyde Fitch à Broadway, qui part en tournée pendant deux ans. Elle joue aussi dans Cynthia en 1903. Alors que ses performances scéniques sont critiquées, elle abandonne la scène en 1904.
Durant ses années de comédienne, Elsie de Wolfe acquiert une certaine réputation comme décoratrice de théâtre. Elle est également complimentée pour la décoration de sa maison à Irving House. Sur la suggestion d'Elisabeth Marbury et de Sara Cooper Hewitt, elle se lance en 1904 dans la décoration, une activité qui est alors presque exclusivement pratiquée par des hommes.
L'activité de la compagnie Elsie de Wolfe Inc. est lancée en 1905 par une commande de décoration au Colony Club, plus ancien club féminin de la ville, situé à l'intersection de la rue Madison et de la 31e rue. Cette commande, obtenue par l'architecte Stanford White, est soutenue financièrement par Bessie, Miss Barbury, Miss Anne Morgan (fille du banquier John Pierpont Morgan) et Mary Harriman. Son style est marqué par des principes de simplicité, légèreté (grâce à l'utilisation de miroirs et de couleurs légères de peintures et de tissus, particulièrement le beige ; on affirme que, découvrant le Parthénon, elle s'était exclamé : « Beige ! Ma couleur ! ») et unité visuelle plutôt que purement stylistique.
Ses relations mondaines lui permettent d'obtenir un succès rapide : elle travaille pour les Morgan, les Frick, les Vanderbilt, les Condé Nast. Elle fait venir du mobilier de France et s'aide de personnalités comme Serge Roche ou Tony Duquette.[réf. nécessaire]
Elsie de Wolfe et Elisabeth Marbury emménagent en France au début du XXe siècle. La ville de Paris est alors réputée tolérante envers les relations gays et lesbiennes. Elsie restaure la Villa Trianon, une propriété de style Louis XIV achetée par Bessie en 1903 ou 1905. Durant les rénovations, elle louent une résidence dans le voisinage. Dans leur nouvelle propriété, elles mettent une emphase particulière sur l'aménagement de plusieurs toilettes dans la résidence, ce qui étonne les travailleurs français. La résidence est décorée selon un style antique. Le jardin de la propriété est restauré selon le plan original trouvé dans les archives du Château de Versailles.[réf. souhaitée] Elles emménagent en 1907 dans la villa. Anne Morgane en est une visiteuse assidue. Des venues de Sarah Bernhardth sont également documentées. Le dimanche, Elsie organise de grandes réceptions rassemblant des diplomates et des connaissances. En raison de la taille modeste de la demeure, ces réceptions se tiennent dans la cour.[réf. souhaitée]
En 1913, elle réunit les articles qu'elle avait publiés dans Good Housekeeping et dans The Delineator en un volume, The House in Good Taste, qui synthétise sa théorie en matière de décoration d'intérieur. L'ouvrage obtient un grand succès et popularise ses conceptions auprès des classes moyennes américaines.
Pendant la Première Guerre mondiale, Elisabeth Marbury et Elsie de Wolfe utilisent la villa Trianon comme hôpital[réf. souhaitée]. De Wolfe exerce alors en tant qu'infirmière et apporte également son soutien à la Croix-Rouge en collectant des dons pour financer les ambulances en France.
En 1926, elle épouse Sir Charles Mendl, un diplomate britannique en France, dans le but d'acquérir le titre de Lady Mendl. Elle poursuit cependant sa relation avec Elisabeth Marbury. Avec Sir Charles, elle habite dans un appartement à Paris avenue d'Iéna, qu'elle décore en s'inspirant des styles passés et présents, mélangeant les designs européen et américain et le côté glamour des années 1930 : murs blancs, mobilier de teinte pâle, décoration du XVIIIe siècle.
En 1935, Elsie publie sa biographie, intitulée After all.
Elsie fait des allers-retours entre la France et les États-Unis jusqu'à la fin de sa vie. Elle garde la propriété à son nom, Elisabeth et Anne Morgan ayant donné leur part de la villa. Elle organise la dernière fête à la villa en 1939 à la fin de la saison mondaine, le Circus Ball, évènement très mondain et de fashion.