Ellen Gould White (26 novembre 1827 – 16 juillet 1915), née Harmon, est une chrétienne américaine dont le ministère contribua à fonder, avec Joseph Bates et James White (son mari), l'Église adventiste du septième jour. Principale inspiratrice du mouvement, elle fut une guide spirituelle, une revivaliste, une prédicatrice, une missionnaire et une réformatrice militant pour la vie familiale, l'éducation, la santé et une hygiène de vie holistique. Mais elle n'occupa jamais aucune position de direction dans l'Église adventiste.
Au cours de ses 70 années de ministère, Ellen White écrivit 26 livres et plus de 5 000 articles pour divers périodiques. Jusqu'à aujourd'hui, plus de 130 titres ont été publiés (en anglais), incluant de nombreuses compilations de ses 55 000 pages de manuscrits. Son œuvre fut essentiellement consacrée à la spiritualité chrétienne, centrée principalement sur le second avènement du Christ. Elle écrivit sur des sujets touchant à la vie pratique chrétienne, l'évangélisation, l'éducation et la santé.
Son œuvre et son engagement contribuèrent à l'organisation et à l'expansion mondiale de l'Église adventiste, à l'établissement de nombreux modes de diffusion du message du retour du Christ, et à la création d'un important réseau d'établissements scolaires, universitaires et médicaux dans le monde entier. Les adventistes attribuent une dimension prophétique à son ministère, estimant qu'elle eut environ 2 000 visions. Fidèle à l'esprit du protestantisme, Ellen White appela toujours ses lecteurs et ses auditeurs à enraciner leur foi sur le seul témoignage de la Bible.
À Portland (Maine) : enfance (1827-1840)
Avec sa sœur, Elisabeth, Ellen White naquit le 26 novembre 1827, dans une petite ferme au nord du village de Gorham dans l'État du Maine, de Robert Harmon (1786-1866) et d'Eunice Gould (1787-1863). La famille Harmon comprenait huit enfants : dans l'ordre, Caroline, Harriett, John, Mary, Sarah (la plus proche d'Ellen), Robert et les jumelles, Elisabeth et Ellen. Quelques années plus tard, Robert Harmon abandonna le métier de fermier. Avec sa famille, il alla vivre dans la ville portuaire de Portland dans le Maine où il devint un fabricant de chapeaux.
En 1837, les États-Unis furent durement frappés par une dépression économique, surnommée la Panique. Durant l'hiver 1837-1838, Robert Harmon se rendit en Géorgie dans l'espoir de vendre plus rapidement ses chapeaux. Durant son absence, un jour après la sortie de l'école, une camarade de classe d'Ellen lui jeta une pierre qui la frappa au visage et lui cassa le nez. Ellen avait alors neuf ans. Elle demeura dans le coma pendant trois semaines. Atteinte de faiblesse chronique, à son grand désarroi, elle ne parviendra pas à poursuivre un cursus scolaire normal.
Mouvement de réveil millérite (1840-1844)
En mars 1840, Robert et Eunice Harmon, des méthodistes pieux, assistèrent à la série de réunions présentée par le prédicateur baptiste, William Miller, à Portland, sur le retour du Christ et d'autres prophéties bibliques. Il situa la réalisation de cet évènement vers 1843. Il engendra une « terrible conviction » dans l'esprit des habitants de la ville. La famille Harmon accepta son message. Durant un camp meeting méthodiste à Buxton dans le Maine, à 14 ans, Ellen demanda le baptême. Le 26 juin 1842, Elisabeth et elle furent baptisées par immersion et devinrent membres de l'Église méthodiste.
Ellen attendit le retour du Christ avec une grande anticipation. Dans ses souvenirs, cette période demeurera la plus heureuse de sa vie. Pourtant, en septembre 1843, la congrégation méthodiste locale expulsa la famille Harmon de sa communauté religieuse à cause de sa conviction adventiste (un adventiste est quelqu'un qui attend le retour du Christ). Malgré la Grande déception d'octobre 1844, elle garda sa foi dans cette espérance.
À Portland et Gorham (Maine) : formation des doctrines adventistes (1844-1849)
Selon les adventistes, en décembre 1844, Ellen Harmon eut à 17 ans sa première vision chez une amie millérite, Elisabeth Haines, à Portland. Elle affirma qu'elle vit dans cette vision les millérites marcher sur un sentier étroit qui se dirigeait vers la cité céleste, la Nouvelle Jérusalem. Une lumière éclairait le chemin. Ceux qui rejetèrent cette lumière tombèrent en contrebas dans les ténèbres. Un guide céleste appela la lumière « le cri de minuit » (les millérites désignaient leur mouvement par ce terme). La vision montra le retour du Christ. Ceux qui acceptèrent la lumière, regardèrent à Jésus et parvinrent à la cité céleste. Ellen vit la beauté du paradis et la joie des rachetés. Quand la vision s'acheva, à son grand regret, elle se retrouva sur terre, dans un monde qui lui sembla sombre et triste. D'après le message de la vision, l'espérance du retour du Christ n'était pas usurpée. Les millérites ne devaient pas fixer de date, ni se décourager.
Selon les adventistes, en février 1845, à Exeter dans le Maine, Ellen eut une deuxième vision, appelée « la vision de l'époux », dans laquelle elle affirma avoir vu Dieu le Père et Jésus entrer dans le lieu très saint du sanctuaire céleste. Dans une troisième vision, elle affirma qu'elle vit la gloire de la nouvelle terre. Ces visions apportèrent une signification sur octobre 1844 et « la purification du sanctuaire » (Daniel 8.14). De plus, en montrant le Père et Jésus comme des êtres réels et le ciel comme un lieu physique, elles désavouèrent le fanatisme des adventistes spiritualistes qui spiritualisèrent les prophéties bibliques.
Au départ, Ellen repoussa l'idée de transmettre les messages aux millérites (bien qu'elle racontât sa première vision aux millérites de Portland), à cause de sa jeunesse, de la crainte de l'exaltation et d'être accusée d'être atteinte d'une maladie mentale. Avant elle, deux millérites reçurent des visions. William Foy (1818-1893), un jeune prédicateur baptiste noir, reçut au moins deux visions (le 18 janvier et le 4 février 1842 à Boston) qu'il rapporta en 1845 dans la brochure L'expérience chrétienne de William Foy et les deux visions qu'il reçut en janvier et en février 1842. Ellen eut l'occasion de l'entendre et considéra son expérience comme étant authentique. Un autre jeune homme, Hazen Foss (1818?-1897) - le frère de Samuel Foss, qui était le mari de Mary Harmon, une sœur d'Ellen, - reçut une vision en septembre ou octobre 1844 mais s'était refusé de la rapporter. Plus tard, il fut envahi d'une forte impression. Une voix lui dit : « Tu as attristé l'Esprit de Dieu ». Son désespoir décida Ellen à propager les messages d'encouragement et de prudence aux millérites.
La nouvelle qu'Ellen Harmon avait des visions commença à se répandre, notamment après l'article « Lettre de la sœur Harmon » du 24 janvier 1846 dans The Day Star, un journal millérite publié à Cincinnati dans l'Ohio par Enoch Jacobs. En effet, elle écrivit à Jacobs une lettre d'encouragement qu'il publia, bien qu'elle soulignât n'était pas destinée à être diffusée. Pendant plusieurs années, cette lettre fut publiée sous diverses formes, y compris dans le premier livre d'Ellen White, A Sketch of Christian Experience en 1851.
Selon Ellen White, au début d'une vision, elle voyait une lumière brillante autour d'elle. Jésus ou des anges lui montraient des évènements (historiques ou futurs) en différents lieux (sur terre, au ciel, ou d'autres planètes dans l'univers). Des manifestations physiques accompagnaient la vision. James White nota quatre caractéristiques : 1) Même les yeux ouverts, Ellen (Harmon) White était inconsciente de ce qui se passait autour d’elle. 2) Elle ne respirait pas durant toute la vision. Elle ne suffoquait pas si on fermait sa bouche et ses narines. 3) Ses mouvements étaient libres et gracieux mais il était impossible aux gens de bouger ses membres. 4) Après la vision, de jour comme de nuit, Ellen White était plongée dans l’obscurité totale puis sa vision oculaire revenait graduellement.
Généralement, les visions d'Ellen White contenaient des instructions en théologie, en prophétie, ou des conseils personnels pour des individus ou des dirigeants adventistes. Par exemple, la série des 9 volumes (en anglais) des Témoignages pour l'Église (groupée en français en trois volumes), contient de nombreux extraits de lettres pour l'édification spirituelle générale de l'Église adventiste. En effet, les adventistes appelaient un conseil provenant d'une vision « un témoignage ». Les témoignages oraux ou écrits des visions les guidèrent durant l'émergence et le développement de leur Église naissante. Ils continuent à inspirer leur vie dévotionnelle et à orienter les dirigeants adventistes dans l'action, la mission, l'organisation, les principes et l'élaboration des règlements de l'Église adventiste.