Ce Jour-là

Edward Gierek

Personnalité politique polonaise

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Edward Gierek, né à Porąbka, aujourd'hui quartier de Sosnowiec, le 6 janvier 1913, et mort le 29 juillet 2001 à Cieszyn, est un homme politique communiste polonais.

Issu d'un milieu ouvrier, Edward Gierek vit en France à partir de 1923, travaillant comme mineur dès l’âge de 13 ans. Expulsé en 1934 pour militantisme communiste, il gagne la Belgique, où il participe à la résistance pendant l'occupation allemande. En 1948, il rentre en Pologne, où il commence sa carrière politique au sein du Parti ouvrier unifié polonais.

Il dirige la République populaire de Pologne de 1970 à 1980, jusqu'aux grèves de Gdańsk qui conduisent à l'émergence du syndicat Solidarité.

Edward Gierek connut dans son enfance la misère de la condition ouvrière dans un pays pauvre. Alors qu'il est âgé de quatre ans, son père meurt dans un accident à la mine.

Edward Gierek émigre à l'âge de dix ans en France avec sa mère, sa sœur et son beau-père. Après avoir travaillé dans l'agriculture dans la Haute-Saône et dans les mines de potasse d'Alsace, Gierek gagne le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. En 1926, à l'âge de 13 ans, il embrasse la carrière de mineur dans la Compagnie des mines de l'Escarpelle, à la fosse no 10, sise à Leforest.

Il adhère au Parti communiste français et à la CGTU en 1931. En août 1934, cette fosse est témoin d'événements tragiques. Une grève éclate au fond du puits. Après 35 heures de lutte, les grévistes remontent et les sanctions tombent. Gierek, comme soixante-dix-sept autres syndicalistes, est l'objet d'un décret d'expulsion de la direction de la sûreté générale. Parmi eux, un autre syndicaliste polonais célèbre, Thomas Olszanski.

Il effectue son service militaire en Pologne, puis arriva en 1937 dans la province de Limbourg en Belgique pour travailler dans les mines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le Związek Patriotów Polskich (Union des patriotes polonais), une organisation de jeunes résistants communistes.

Retourné en Pologne en 1948, il adhère immédiatement au Parti ouvrier unifié polonais (PZPR) dont il dirige la section de Katowice puis est élu au Comité central en 1954 l'année suivant la mort de Staline.

Il suit à son retour en Pologne des études par correspondance à l'École supérieure des mines de Cracovie.

À partir de 1957, il est secrétaire du Parti pour la Haute-Silésie, principal centre minier et industriel de la Pologne ; il prend ainsi la tête de la faction technocratique du Parti, devenant « l'homme fort » de la Silésie.

Après les émeutes de la Baltique, consécutives à la hausse des prix, en décembre 1970, il remplace Władysław Gomułka au poste de premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais. La nouvelle équipe gouvernementale formée par Gierek est l'une des plus jeunes d'Europe.

Il entreprend alors de moderniser l'industrie polonaise et d'améliorer la disponibilité des biens de consommation.

Initiant des liens avec les États-Unis et l'Allemagne de l'Ouest, il entretient globalement de bonnes relations avec l'Occident, notamment avec Willy Brandt, Richard Nixon, Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt.

Gierek normalise les relations avec le pape : il rencontre Paul VI en 1977. L'année suivante voit l'élection de Jean-Paul II, premier pape polonais de l'histoire, qui fait une visite en Pologne en juin 1979, suivie de près par des autorités inquiètes qui redoutent l'enthousiasme populaire.

Alors que le niveau de vie s'est amélioré dans le début des années 1970, le choc pétrolier entraîne une pénurie et de l'inflation dans le pays. Le syndicat Solidarność apparaît alors sur les chantiers de Gdańsk. Contrairement à la répression de la grève des chantiers navals de 1970, le syndicat est légalisé après 14 jours de grève au chantier naval Lénine de Gdańsk, via l'accord de Gdańsk du 31 août 1980, et il organise son premier congrès le 5 septembre 1981 avec 912 délégués. Il regroupe rapidement 10 millions de salariés sur les 31 de la Pologne.

Cet accord montre de façon évidente que le parti communiste ne pouvait pas être assimilé à la classe ouvrière, ce qui lui supprimait toute légitimité ; d'autre part, il installe une fracture de fait au cœur du dispositif géopolitique de l'Union Soviétique en Europe en isolant l'Allemagne de l'Est.

Ces décisions et la crise déclenchée par le deuxième choc pétrolier achèvent de le rendre impopulaire dans le parti communiste polonais. Il est remplacé par Stanisław Kania quelques jours après les accords de Gdańsk, puis évincé par le coup d'État de 1981 du général Jaruzelski instaurant l'état de siège. Durant cet état de siège, il est interné pendant un an.

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