Ce Jour-là

Edvard Munch

Peintre et graveur expressionniste norvégien (1863-1944)

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Edvard Munch, prononcé [muŋk] , né le 12 décembre 1863 à Ådalsbruk (Løten en Norvège) et mort le 23 janvier 1944 à Oslo, est un peintre et graveur expressionniste norvégien.

Edvard Munch peut, a posteriori, être considéré après l'exposition berlinoise de 1892, comme le pionnier de l'expressionnisme dans la peinture moderne. Il est très tôt réputé pour son appartenance à une nouvelle époque artistique en Allemagne et en Europe centrale. L'importance de son œuvre est aujourd'hui reconnue en Europe et dans le monde.

Les œuvres de Munch les plus connues sont celles conçues au début des années 1890, notamment Le Cri. Son œuvre ne connaît véritablement le succès dans les pays nordiques qu'à partir de 1909, grâce à la grande exposition rétrospective organisée par son ami Jappe Nilssen et par Jens Thiis, directeur de la galerie nationale d'Oslo. Le peintre absent est momentanément convalescent dans une clinique privée de Copenhague, après y être entré en état de dépression nerveuse, victime de troubles graves du comportement, physiques et nerveux, en 1908.

Ses techniques de prédilection sont la peinture et la tempera sur carton. Il est un pionnier de l'art accessible à tous, dévoilé, montré et non caché, dans les rues et les espaces publics, dans les divers lieux de nature.

Edvard Munch a toujours été captivé par les paysages de rivage du fjord d'Oslo, qu'il a découverts dans sa jeunesse par des chemins de terre, puis jeune artiste depuis la mer grâce à Hans Jaeger, capitaine affréteur de petits navires d'excursion et de cabotage de loisir. Quelques-unes de ses contrées sont devenues des lieux emblématiques de sa vie.

Edvard Munch naît, dans un corps chétif, le 12 décembre 1863 à Løten. Il n'est pas baptisé à la cathédrale Saint-Paul, mais à la maison car sa famille craint un refroidissement. Il grandit dans diverses localités aux mœurs disparates, mais assez proches de la capitale norvégienne, Kristiana. Son père, Christian Munch (1817-1889), est un médecin militaire aux revenus assez modestes, il est pourtant issu d'une famille bourgeoise, prestigieuse et puritaine, qui compte de grands historiens, artistes et fonctionnaires. Le frère du père est l'historien Peter Andreas Munch, le premier Norvégien qui a eu accès aux archives secrètes du Vatican. Une stèle commémorative romaine, inaugurée par Henrik Ibsen et une délégation norvégienne, a été dressée après sa disparition en 1863.

Edvard porte le prénom du grand-père de la lignée Munch.

Son père, Christian, doit constamment déménager pour accomplir méticuleusement sa fonction, suivi par sa famille.

Sa jeune épouse, de vingt ans sa cadette, Laura Cathrine Bjølstad, est la fille d'une famille paysanne de riches agriculteurs, mais marquée par les stigmates de la tuberculose. Elle est attirée par la peinture et initie sa fille aînée, Johanne-Sophie, de tempérament plus calme que Edvard, le garçon turbulent, cadet d'une année. Éprouvée par cinq grossesses successives, elle meurt de la tuberculose. Son départ laisse la famille dans le désarroi, un mari veuf âgé de 50 ans, profondément religieux, parfois mystique et tourmenté, la fille aînée Sophie de 6 ans, Edvard qui n'a que 5 ans, le petit Peter Andreas de 3 ans, les bébés Laura Cathrine de 1 an et Inger, qui vient de naître.

Mais la sœur cadette de l'épouse morte, Karen Marie Bjølstad, qui n'a pas de dot importante et veut sortir de sa condition paysanne, s'empresse de reprendre le rôle maternel. Elle a le même tempérament artiste que la défunte mère. Et les plus grands enfants qui habitent à cette époque 30, rue Pilestradet dans la banlieue périphérique de Kristiana, reprennent leurs collages de papier, agrémentés de mousses et de feuilles, collectés lors de longues promenades vivifiantes.

La famille continue à vivre dans différentes banlieues, parfois ouvrières, parfois plus bourgeoises, parfois encore paysannes et misérables.

Edvard poursuit ses études secondaires à l'école de la cathédrale de Christiania. Il est toujours de santé fragile et de faible constitution, accablé de bronchites chroniques et de poussées fiévreuses durant son enfance, mais c'est sa sœur aînée Johanne Sophie (1861-1877) qui est la victime suivante en 1877 de la phtisie (une des formes de la tuberculose). Celle qui était la jeune artiste de la famille décède à 15 ans dans le fauteuil d'osier que gardera la famille, puis Edvard jusqu'à sa mort. Une plus jeune sœur, Laura Cathrine, est rapidement diagnostiquée comme souffrant de « mélancolie » (aujourd'hui dépression grave). Laura Cathrine (1866-1926) est internée à l'asile à vingt ans à cause de profondes névroses et y demeure sa vie durant. Des cinq enfants, seul son frère Andreas (1865-1895) devenu médecin, se marie, mais il meurt brusquement d'une pneumonie quelques mois après son mariage. Munch revient le plus souvent aux impressions de maladie, de mort et de tristesse. Inger (1868-1952) immortalisée dans ses jeunes années dans le tableau Ma sœur Inger exposé avec succès en 1885 à l'exposition universelle d'Anvers reste, comme Edvard, célibataire toute sa vie.

Le 8 novembre 1880, Munch écrit dans son journal : « Ma décision est arrêtée, je serai peintre. » Il a alors seize ans.

Mais son père, patriarche autoritaire, le contraint à des études techniques d'ingénierie, tout en le laissant s'adonner à ce qu'il considère seulement comme un passe-temps. Il l'inscrit d'office à l'école technique de Christiana.

L'Enfant malade est une toile de jeunesse de Munch, réalisée dans la maison au no 1 de Schouss Plass, dans la banlieue ouvrière de Grünerløkka. Celle qui incarne la figure maternelle est la tante Karen-Marie Bjølstad (1839-1931). Une première brouille surviendra entre le neveu et la tante au fort caractère, lorsque le premier artiste griffe violemment la toile. Une seconde séparation beaucoup plus durable sur le plan affectif se place entre 1902 et surtout 1910, lorsque l'artiste commence à revenir plus fréquemment en Norvège, sa tante lui reprochant sa vie dissolue. Au point que l'artiste âgé n'assista aux obsèques de la tante, qui l'avait éduqué et élevé, qu'à courte distance de l'église et du cimetière, ne pouvant pas sortir de sa voiture.

Munch étudie deux années à l'école technique avant de se consacrer très sérieusement à l'art. Désertant les mathématiques, malgré les colères et exhortations de son père consterné, il étudie les anciens maîtres, s'associe à un petit groupe d'étudiants en peinture désargentés qui louent un modeste atelier proche de la rue Karl Johann, suit le cours de dessin de nu à l'école royale de dessin et obtient pendant un temps la correction du plus grand naturaliste norvégien de l'époque, Christian Krohg. Ses premières œuvres sont imprégnées du réalisme français et, rapidement, il se révèle comme un grand talent. Christian Krohg et ses amis, Erik Werenskiold et Frits Thaulow, pressentant un probable grand artiste, parviennent à lui faire octroyer une première bourse d'études par le ministère. En 1885, Munch est admis à l'école royale de design.

En 1885, Munch effectue un court séjour à Paris. Cette même année, il commence son travail sur un tableau décisif, L'Enfant malade. Pour Munch, il s'agit de sa sœur aînée Sophie qu'il nomme également Berta et Maja, dans des délires fiévreux. Il travaille longtemps sur ce tableau, à la recherche d'une « première impression » et d'une expression picturale satisfaisante pour transcrire une expérience personnelle douloureuse. Il renonce à l'espace et à la forme plastique et opte pour une composition rappelant une icône. Il dira : « Avec L'Enfant malade, je me suis ouvert un nouveau chemin, une brèche a été percée dans mon art. La plupart de mes œuvres ultérieures doivent leur existence à ce tableau. » La surface du tableau montre les signes d'un processus créatif difficile. La critique est très négative.

Durant un séjour en 1889, il apprend par hasard à Paris dans un journal norvégien la mort de son père. Il se souvient alors que celui-ci, requis par un patient, avait finalement réussi à se libérer pour lui crier son nom et lui adresser par geste un ultime salut, un père minuscule et au crane chauve s'éloignant sur le quai tel qu'il le vit depuis le haut pont du navire.

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