Edoardo Sanguineti (né le 9 décembre 1930 à Gênes et mort le 18 mai 2010 à Gênes) est un homme politique, poète, écrivain italien.
Fils unique de Giovanni, employé de banque, et de Giuseppina Coches, Edoardo Sanguineti s'établit à l'âge de quatre ans à Turin, ville où son père avait trouvé un nouvel emploi comme administrateur caissier près de l'imprimerie Doyen & Marchisio. Il était encore enfant quand, pendant une visite normale de contrôle, une maladie cardiaque grave lui fut diagnostiquée. Par la suite le diagnostic se révéla erroné mais cet épisode a conditionné pour long temps le style de vie du poète.
À Turin vivait aussi un oncle d'Edoardo, Luigi Coches, musicien et musicologue, qui avait connu Gobetti et Gramsci et qui avait collaboré au magazine Le Nouvel Ordre. Il sera la première personne de référence pour la formation du jeune Edoardo.
À Bordighera, où le jeune Edoardo passe les vacances d'été, il fréquente son cousin Ange Cervetto qui lui transmet la passion pour le jazz.
Entre-temps, ayant contracté la coqueluche, le jeune Edoardo reçoit la visite d'un spécialiste qui dément le faux diagnostic dont il avait été victime. Edoardo est sain et doit donc faire de l'exercice physique intense pour récupérer le tonus musculaire perdu. Gymnastique, bicyclette, tennis seront depuis ce moment les sports qu'il lui faudra pratiquer intensément. Mais entre temps l'aspiration de se consacrer à la danse s'est estompée et ceci sera un regret qui l'accompagnera toute sa vie.
1946-1950 : les années de lycée et des premières connaissances
En 1946, Edoardo s'inscrit au lycée classique d'Azeglio où il aura comme professeur d'italien Luigi Vigliani. Il lui dédiera l'essai sur Gozzano et il lui fera lire quelques poésies qui par la suite seront intégrées à Laborintus.
Plus tard, Sanguineti aura comme professeur d'histoire et philosophie Albinos Galvano, peintre, critique, historien d'art, philosophe, aimant la psychanalyse et intéressé par l'avant-garde.
Dans ces années de jeunesse, il fréquente le monde culturel turinois, il se rend à des expositions et écoute des concerts, fait connaissance avec Carol Rama, le philologue classique Vincenzo Ciaffi, le germaniste Vittorio Amoretti et le romancier Seborga (de son vrai nom Guido Hess), qu'il fréquentait aussi à Bordighera et qui lui fera découvrir les textes d'Antonin Artaud.
1951-1956 : la rédaction de Laborintus
En 1951, Sanguineti commence à écrire une œuvre qu'il intitulera Laborintus et, comme il le dit lui-même dans Santi Anarchici, il écrit pour une petite communauté de lecteurs : « Nous étions cinq. Et parmi mes quatre lecteurs il y avait une fille, un aspirant en philologie classique et deux autres étudiants, un de pharmacie et un autre de médecine. ». Il découvre entre temps Enrico Baj qui vient de lancer le Nuclearismo via son Manifeste de la peinture nucléaire.
1953 est l'année de la mort de sa mère mais aussi celle de sa rencontre avec Luciana qu'il épousera en 1954. Toujours en 1954, à l'occasion de la critique de Sanguineti dans le magazine turinois Galleria de l'Antologia critica del Novecento, il fait la connaissance de Luciano Anceschi qui lit Laborintus et décide de le publier. Quelques poésies de Laborintus étaient apparues entre temps sur Numero, un magazine florentin dirigé par Fiamma Vigo.
En 1955 naît Frédéric, l'aîné du poète.
1956-1960 : la publication, la maîtrise, la carrière universitaire
1956 est l'année de la publication de Laborintus et aussi l'année de la maîtrise. Sanguineti était en effet inscrit à la Faculté de Lettres de l'Université de Turin. Le 30 octobre il soutient une thèse intitulée Interpretazione di Malebolge avec le professeur Giovanni Getto.
1961-1969 : i Novissimi et Gruppo 63
Durant cette période, il collabore à Il Verri avec Elio Pagliarani, Nanni Balestrini et Antonio Porta, jeunes élèves d'Anceschi qui en sont entre autres les rédacteurs.
Dans les années 1960, il est à la tête de la néo-avant-garde en Italie, le Gruppo 63.