Ce Jour-là

Edgar Faure

Homme d'État français

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Edgar Faure, né le 18 août 1908 à Béziers et mort le 30 mars 1988 à Paris 7e, est un homme d'État français.

Radical, il est ministre au sein de nombreux gouvernements, dans lesquels lui sont confiés d'importants portefeuilles. Il est président du Conseil des ministres en 1952 et de 1955 à 1956, sous la IVe République. Ministre sous les présidences du général de Gaulle puis de Georges Pompidou, il est président de l'Assemblée nationale de 1973 à 1978.

Il est élu à l'Académie française en 1978.

Fils de médecin militaire, il change régulièrement d’établissements scolaires, du collège de Verdun à Narbonne en passant par le cours La Bruyère à Paris, lors de la Première Guerre mondiale. Après des études au lycée Janson-de-Sailly (1919-1920), au lycée Henri-IV à Béziers puis à Orléans et au lycée Voltaire à Paris, Edgar Faure commence des études de droit, de lettres et de langues orientales (russe). Il exerce à Paris la profession d'avocat et devient membre du barreau à 21 ans : c'est le plus jeune avocat de France de son temps et le plus jeune deuxième secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris (conférence du stage). Intéressé par la politique, il rejoint le Parti radical-socialiste après une première adhésion au Parti républicain-socialiste.

En 1931, il épouse Lucie Meyer, fille d'un marchand de soie. Le couple, pour son voyage de noces, choisit l'URSS.

Durant la Seconde Guerre mondiale

En 1941, dans un procès à Clermont-Ferrand, il témoigne, non sans risques, en faveur de Pierre Mendès France, du même âge et avocat comme lui à Paris, incarcéré par le régime de Vichy.

À l'automne 1942, il part en Tunisie en compagnie de son épouse Lucie Faure, qui est juive, et de sa fille Sylvie, avant de rejoindre les quartiers généraux du général de Gaulle à Alger. Il devient ensuite le chef du service législatif du gouvernement provisoire (1944). En 1945, il est procureur général adjoint français au Tribunal militaire international de Nuremberg.

Cadre du Parti radical et ministre

Après avoir été battu aux élections de 1945 à Paris, il envisage de se présenter sous l'étiquette MRP dans le Puy-de-Dôme, mais finalement il se tourne vers le Parti radical et est élu lors de la troisième consultation électorale de 1946. Edgar Faure se révèle rapidement un ardent défenseur de la Franche-Comté, collectionnant les mandats : député du Jura jusqu'en 1958, maire de Port-Lesney en 1947, président du conseil général du Jura en 1949. Dans ces fonctions, il se montre favorable au projet d'exploitation du bassin houiller du Jura qui est débattu en 1957, mais celui-ci est finalement abandonné en raison de la conjoncture économique.

À l'Assemblée nationale, comme au Parti radical, qui comporte de nombreux « ministrables », il acquiert une réputation de sérieux que son allure souriante et sa verve viennent tempérer. Il se révèle un habile stratège et devient l'un des meilleurs navigateurs des couloirs du Palais-Bourbon. Il accède en 1949, au côté de Maurice Petsche, ministre des Finances, au poste de secrétaire d'État, avant d'être nommé ministre du Budget en 1950. Deux ans plus tard, il est pour la première fois président du Conseil mais son gouvernement de quarante ministres ne dure que quarante jours, pris dans l'opposition des modérés et des socialistes sur la politique économique, après qu'il a posé vingt fois la question de confiance[réf. nécessaire].

Il devient ensuite ministre des Finances des gouvernements de Joseph Laniel (centre droit) puis de Pierre Mendès France. Dans ces fonctions, il obtient de la Chambre les pleins pouvoirs, qu'il met à profit pour « relancer la relance » avec un plan de dix-huit mois dit « d'expansion dans la stabilité ». En particulier, il réglemente par décret plusieurs professions, procède à des mesures de décentralisation économique et introduit la taxe sur la valeur ajoutée.

De son ministère, il n'oublie pas les intérêts de ses électeurs du Jura, où plusieurs professions se voient bénéficier de déductions fiscales : parmi les plus citées, les éclaircisseuses, polisseurs et monteurs de pipes de la région de Saint-Claude ; ou les tourneurs, fraiseurs et guillocheurs de matières plastiques de la région de Saint-Lupicin. Il y favorisera plus tard l'élection comme député de son directeur de cabinet Jacques Duhamel, via l'« Union des non » au référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République.

Après la chute du gouvernement de Pierre Mendès France en février 1955, Antoine Pinay, président du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), appelle à une union nationale mais renonce finalement à Matignon face au risque de barrage de la SFIO et du MRP, s'effaçant au profit d'Edgar Faure.

Devenu président du Conseil, Edgar Faure poursuit la préparation de l'indépendance de la Tunisie prônée par Mendès France lors du « discours de Carthage » de juillet 1954.

Au Maroc, après quatre mois d'hésitations, il poursuit le processus de « l'indépendance dans l'interdépendance » en s'appuyant sur les voix de la gauche et s'aliénant celle de la droite. À l'été, il autorise le sultan Mohammed, exilé à Madagascar, à revenir à Paris, pour faciliter sa restauration par la conférence d'Aix-les-Bains d'août 1955, visant à « éviter une guerre dans le Rif et l'Atlas », où la tension s'est accrue.

L'écrivain François Mauriac le compare cependant dans son « bloc-notes » à un « myope qui s'empêtre dans ses combinaisons » car, avec Antoine Pinay, ministre des Affaires étrangères, il « hésite un temps », consultant de grands patrons de presse, comme Pierre Lazareff, de France-Soir, qui conseille d'envoyer 50 000 militaires pour conserver ce protectorat du Maroc, ainsi que Marcel Boussac, dont l'empire textile est très dépendant des colonies. Dans son livre Ma mission au Maroc, Gilbert Grandval décrit Edgar Faure anxieux de convaincre Marcel Boussac d'accepter ce retour du sultan. Le résident général de France au Maroc, contesté à cause du chaos mais soutenu par Boussac, est maintenu jusqu'en juin 1955 alors que celui de Tunisie avait été écarté un an plus tôt. Le temps perdu par Edgar Faure est aussi dénoncé par le romancier Auguste de Montfort.

En Algérie, il instaure l'état d'urgence dès son arrivée par la loi du 3 avril 1955, qui permet la censure de la presse, pratiquée dans les mois qui suivent avec la saisie de L'Humanité, dont le reporter est expulsé. L'opposition échoue à bloquer son adoption, tempérée par quelques amendements parlementaires, car le premier décret du 6 avril réserve l'état d'urgence à certaines zones du Constantinois, avant qu’un deuxième couvre tout l'est de l'Algérie le 19 mai puis un troisième, le 28 août 1955 à toute l'Algérie, en prévoyant qu'il cesserait en cas de dissolution de l'Assemblée nationale.

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