Ebrahim Raisol-Sadati, dit Ebrahim Raïssi (en persan : ابراهیم رئیسی), né le 14 décembre 1960 à Machhad (Khorassan-e Razavi) et mort accidentellement le 19 mai 2024 à Khunirud (Azerbaïdjan oriental), est un religieux chiite et homme d'État iranien. Il est président de la république islamique d'Iran de 2021 à sa mort.
Sa carrière dans le nouveau système judiciaire islamique débute en 1980, l’année qui suit celle de la révolution iranienne. Procureur-adjoint de Téhéran à partir de 1985, il participe à la répression et aux exécutions massives d'opposants à partir de 1988, ce qui lui vaut le surnom de « boucher de Téhéran ». Procureur général de 2014 à 2016, il est directeur de la fondation (ou Bonyad) Astan-e Qods Razavi de 2016 à 2019. De 2019 à 2021, il est chef du système judiciaire iranien et premier vice-président de l'Assemblée des experts.
Raïssi est candidat à l'élection présidentielle de 2017, qu'il perd face au président sortant Hassan Rohani. De nouveau candidat en 2021, soutenu par les conservateurs, il l’emporte au premier tour. La candidature de Raïssi est favorisée dans la mesure où il est alors pressenti à terme pour succéder à Ali Khamenei comme Guide de la Révolution, le chef de l'État en Iran.
Sa présidence est marquée par le déclenchement fin 2022 de manifestations de protestation civile consécutives à la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour n'avoir pas correctement respecté le code vestimentaire islamique, puis par le regain du conflit avec Israël dans le cadre de la guerre de Gaza.
Il meurt dans un accident d'hélicoptère le 19 mai 2024 dans la province d'Azerbaïdjan oriental, après une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev.
Après des études religieuses, Ebrahim Raïssi commence sa carrière dans le nouveau système judiciaire islamique, en 1980, l’année qui suit celle de la révolution iranienne.
En 1983, Raïssi épouse Jamileh Alamolhoda (en), fille ainée de l'ayatollah Ahmad Alamolhoda (en) le représentant du Guide de la Révolution Ali Khamenei dans la province du Khorasan-e Razavi et dirigeant la prière du vendredi au mausolée de l'imam Reza. De cette union naitront deux filles, une qui obtiendra un doctorat (PhD en anglais) en sociologie auprès de l'université de Téhéran tandis que l'autre obtiendra un 'Baccalaureus Scientiae' (BSc en anglais, licence pour le LMD) en sciences physiques auprès de l'université de technologie de Sharif à Téhéran. Jamileh Alamolhoda est docteur en philosophie de l'éducation obtenu en 2001 auprès de l'université Tarbiat Modares (en) à Téhéran.
Dans un premier temps, il est nommé procureur dans la préfecture de Karadj (en), puis dans la province de Hamedan, et devient en 1985 procureur-adjoint à Téhéran.
Il est, à la fin de la guerre entre l'Iran et l'Irak, l'un des responsables des exécutions massives d'opposants de l'été 1988, ce qui lui vaut le surnom de « boucher de Téhéran ». Assistant alors le procureur de Téhéran, Morteza Eshraghi (fa), Ebrahim Raïssi le remplace parfois au sein du « comité de la mort ». Bien qu'ayant nié, à plusieurs reprises, avoir participé à cet évènement, il a rendu « hommage » à l'ordre donné par l'ayatollah Khomeyni condamnant à mort les opposants politiques considérés comme apostats.
Ebrahim Raïssi est nommé en 2004 procureur adjoint d'Iran, une haute position dans l'appareil judiciaire iranien. En 2005, le président Mahmoud Ahmadinejad lui propose le poste de ministre des Renseignements et de la Sécurité mais il décline l’offre. En 2006, Raïssi est élu à l'Assemblée des experts pour la province du Khorasan-e Razavi. En août 2014, Sadeq Larijani, le procureur d'Iran, le nomme au poste de procureur général d'Iran. Le mandat dure cinq ans mais, en mars 2016, Raïssi démissionne.
En mars 2016, Raïssi devient président d'Astan-e Qods Razavi, la plus riche fondation religieuse (bonyad) du monde musulman. La fondation administre le mausolée de l'imam Reza situé à Machhad et gère un grand nombre de conglomérats économiques en Iran. Il succède à l'ayatollah Abbas Vaez-Tabasi (en) qui a présidé la fondation de 1979 à sa mort en mars 2016.
Élection présidentielle de 2017
À partir de 2017, Ebrahim Raïssi est considéré comme le successeur le plus probable du Guide de la Révolution, Ali Khamenei. Il a une grande influence dans les groupes économiques conservateurs et parmi les Gardiens de la révolution, et n'a jamais quitté le sillage d'Ali Khamenei (qui a été l’un de ses professeurs). Cependant Raïssi n'est pas reconnu par les religieux chiites comme une autorité sur le plan religieux. Pour pallier cette faiblesse (dans le système théocratique iranien), il se pare du titre d'ayatollah. Raïssi est considéré comme un seyyed, c'est-à-dire un descendant du prophète Mahomet.
Raïssi est candidat à l'élection présidentielle de 2017. Il est présenté comme le candidat principal du camp conservateur, devant même Mohammad Ghalibaf, autre candidat conservateur qui retire sa candidature au profit de Raïssi peu avant le scrutin. Raïssi est largement battu, dès le premier tour avec 38,5 % des voix contre 57 % à Hassan Rohani, le président sortant.
Chef du système judiciaire iranien
Le 3 mars 2019, Ali Khamenei le nomme successeur de Sadeq Larijani en tant que chef du système judiciaire iranien ; Raïssi prend ses fonctions le 8 mars suivant. Le 12 mars 2019, Raïssi est élu premier vice-président de l'Assemblée des experts dont le président, Ahmad Jannati est alors âgé de 92 ans. Le principal rôle de l'assemblée est d'élire le Guide de la Révolution.
En novembre 2019, Raïssi, ainsi que de nombreux proches de Khamenei, sont soumis à des sanctions du département du Trésor des États-Unis.
En juillet 2021, en anticipation de sa prise de fonction en tant que président de la République islamique, il est remplacé par Mohseni Ejei, jusqu'alors premier chef-adjoint du système judiciaire.