Mary Isabel Catherine Bernadette O'Brien, née le 16 avril 1939 à West Hampstead et morte le 2 mars 1999 dans l'Oxfordshire, connue sous le nom de Dusty Springfield, est une chanteuse britannique. En quarante ans de carrière – de la fin des années 1950 jusqu’aux années 1990 –, elle a enregistré de nombreux succès, comme I Only Want to Be with You, You Don’t Have to Say You Love Me ou Son of a Preacher Man. Parmi ses albums, Dusty in Memphis sorti en 1968 devient un standard de la musique soul. Durant les années 1960, elle est l’une des chanteuses britanniques les plus populaires. Sa voix sensuelle de mezzo-soprano ainsi que sa passion pour la musique soul américaine font d’elle l’une des principales chanteuses de blue-eyed soul. Elle se démarque également par son image caractéristique des élégantes du début des années 1960, notamment sa coiffure choucroute blonde ainsi que ses robes de soirée.
Dusty Springfield, née dans le nord de Londres (quartier de West Hampstead), est le deuxième enfant de Catherine Ryle et Gerard Anthony O'Brien.
Née dans une famille irlandaise amatrice de musique, Dusty Springfield apprend à chanter avec sa famille. C'est en compagnie de son frère Dionysius, de cinq ans son aîné, connu par la suite sous le nom de Tom Springfield, que Dusty et un ami firent leurs premiers pas dans la musique avec leur premier groupe : The Springfields (en). Ses premiers succès datent de sa collaboration dans le groupe The Springfields. Elle entame une carrière soliste en 1963 avec I Only Want To Be With You, et enregistre son premier album solo en 1964. Son premier 45-tours I Only Want to Be with You, paru en 1963, a été un succès tant dans son pays qu'aux États-Unis où il a atteint le top 10. Dusty Springfield a été la première chanteuse britannique à atteindre les charts. Cette chanson, qui fut un succès pour Richard Anthony et pour les Surfs, a été adaptée en français sous le titre À présent tu peux t'en aller.
Durant les années 1960, elle obtient plusieurs succès dont I Just Don't Know What to Do with Myself, Wishin' and Hopin' ou The Look of Love écrites par Burt Bacharach et Hal David. Avec dix-huit chansons classées dans le Billboard Hot 100 de 1964 à 1970, elle fait partie de la British Invasion. Au Royaume-Uni, le magazine New Musical Express classe Dusty Springfield meilleure chanteuse britannique en 1964, 1965 et 1968, selon les votes du public. Elle est très présente à la radio et à la télévision anglaises. Elle utilise cette présence médiatique pour introduire la musique soul au Royaume-Uni. À son initiative, une émission spéciale de Ready Steady Go!, intitulée The Sound of Motown, permet au public britannique de découvrir les artistes de la Motown tels que Martha and the Vandellas, Stevie Wonder ou The Supremes.
Dusty Springfield atteint le sommet de sa carrière avec l'album Dusty in Memphis (1969), composé entre autres par Carole King, Michel Legrand, Randy Newman et Burt Bacharach, à qui elle doit quelques-uns de ses plus grands succès, dont Wishin' and Hopin' et I just don't know what to do with myself, repris pour le film Le Mariage de mon meilleur ami, et le standard (They Long to Be) Close to You, immortalisé par les Carpenters, et Anyone Who Had a Heart ou The Look of Love, chanson du James Bond Casino Royale. Sur cet album enregistré comme son nom l'indique à Memphis avec la crème des musiciens soul de l'époque (Arif Mardin, qui collabora de nombreuses fois avec Chaka Khan), on retrouve Son of a preacher man, qui connut une deuxième vie grâce au film Pulp Fiction de Quentin Tarantino.
À la fin des années 1960, comme de nombreuses chanteuses pop, Dusty Springfield voit son image se démoder face aux changements du paysage musical et la popularité toujours croissante de la pop music. Elle décide alors de se tourner vers la musique soul et part à Memphis afin d’enregistrer un album chez Atlantic Records. Comprenant douze chansons dont quatre de Carole King, Dusty in Memphis paraît aux États-Unis en 1968. Malgré des critiques élogieuses et le succès du totre Son of a Preacher Man, l’album ne trouve pas grâce aux yeux du public. Il reste toutefois l’un des principaux albums de soul et en 2001, il reçoit un Grammy Hall of Fame Award.
Alors que les coming outs de chanteuses sont très rares à cette époque, elle révèle sa bisexualité dans les années 1970 (au XXIe siècle, cela a été considéré comme courageux, au vu de l'homophobie de cette période) ; la popularité de sa musique décline en conséquence.
Les années suivantes sont plus difficiles pour Dusty Springfield. Elle connaît des problèmes de drogue et d'alcoolisme.
Elle part vivre aux États-Unis mais sombre peu à peu dans l'oubli. Après plusieurs tentatives de retour, elle retrouve le succès en 1987 grâce à plusieurs collaborations avec les Pet Shop Boys. Fans de Dusty Springfield, ils enregistrent d'abord avec elle le duo What Have I Done to Deserve This?, qui marque son grand retour dans les classements (N° 2 en Grande-Bretagne et aux États-Unis). Suivent le single Nothing has been proved (pour la musique du film Scandal de Michael Caton-Jones, en 1989), et finalement un album Reputation, emmené par In private, qui restera son dernier succès. Elle fait une apparition pour la série de la BBC French and Saunders go to the movies.
En 1995, il lui est diagnostiqué un cancer du sein. Elle meurt en 1999 des suites de cette maladie. Dix jours après sa mort, elle est introduite au Rock and Roll Hall of Fame.
Un film biographique devait être réalisé par Guy Ritchie, qui avait notamment utilisé Spooky dans la bande originale d'Arnaques, Crimes et Botanique, projet qui semble tombé dans les oubliettes. Un album en forme d'hommage est paru de façon très confidentielle chez Klone Records, ainsi qu'une biographie signée Lucy O'Brien, parue en 1989.
1965 : Ev'rything's Coming Up Dusty (en)
1968 : Dusty... Definitely (en)
1969 : Dusty in Memphis (Album classé parmi les 50 (3e/50) plus grands albums de tous les temps catégorie "Women who rock" par Rolling Stone Magazine)
1979 : Living Without Your Love (en)
1963 : I Only Want to Be with You
1964 : I Just Don't Know What to Do with Myself
1965 : Your Hurtin' Kind of Love