Ce Jour-là

Droits des femmes

Droits pour les femmes à travers le monde

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Les droits des femmes sont des droits revendiqués pour les femmes dans de nombreuses sociétés à travers le monde, qui constituent la base du mouvement pour les droits des femmes du XIXe siècle ainsi que le combat des mouvements féministes depuis le XXe siècle. Dans certains pays, ces droits sont institutionnalisés ou soutenus par la loi, la coutume locale et le comportement, tandis que dans d'autres pays, ils peuvent être ignorés, réprimés ou supprimés. Ils diffèrent des notions plus larges de droits humains en déclarant qu'il existe des inégalités historiques inhérentes s'opposant à l'exercice des droits des femmes et des filles, en faveur des hommes et des garçons. La défense de ces droits est un objectif afin de parvenir à une société plus égalitaire.

Les problématiques communément associées aux notions de droits des femmes incluent, de façon non exhaustive, les droits : d'intégrité corporelle et d'autonomie, de ne pas subir de violence sexuelle, de voter, d'être élue, d'entrer dans un contrat légal, d'être considérée comme l'égale du mari et du père au sein de la famille, de travailler, d'avoir accès à des salaires justes et à l'égalité salariale, de maîtriser sa reproduction (contraception et avortement), de propriété, d'accéder à l'éducation.

Depuis 1945, les droits des femmes font l'objet de conventions internationales visant à les garantir, mais les femmes continuent de ne pas jouir de l’égalité des droits avec les hommes.

Le philosophe grec Aristote est à l'origine de l'idée que l'homme est un « animal rationnel » et en tant que tel une puissance naturelle de la raison. Les concepts de la nature humaine dans la Grèce antique dépendent du sexe ou de l'appartenance ethnique par exemple.

Inspirés par les philosophes classiques, les philosophes Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau ou John Locke développent aux XVIIe et XVIIIe siècles la théorie du droit naturel. Ils soutiennent que les droits naturels ne sont pas dérivés de Dieu, mais sont « universels, évidents et intuitifs » comme les lois de la nature. Ils considèrent les femmes comme les enfants, les esclaves et les non-blancs, comme n'étant ni « rationnels » ni « civilisés » et affirment que le statut inférieur des femmes est une question de « bon sens » en raison de sa « nature inférieure »[réf. nécessaire].

Leurs points de vue sont opposés aux XVIIIe et XIXe siècles par des philosophes évangéliques de la théologie naturelle tels que William Wilberforce et Charles Spurgeon, qui plaident pour l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits des hommes et des femmes. Ils affirment que toutes les personnes ont une nature humaine, indépendamment de leur sexe, de leur appartenance ethnique ou autres qualifications, par conséquent toutes les personnes ont des droits naturels.

D’autre part, des courants contestataires féministes commencent à se faire jour, portés par des femmes : citons par exemple Olympe de Gouges, qui rédigea en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

L'une des premières manifestations de femmes en faveur de ces droits se déroule à Barcelone le 10 juillet 1910, organisée par Ángeles López de Ayala.

Droit de propriété et autres droits fonciers

Au XIXe siècle, des femmes, comme Ernestine Rose, Paulina Wright Davis, Elizabeth Cady Stanton, Harriet Beecher Stowe, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, commencent à contester les lois qui leur refusent le droit à leur propriété une fois qu'elles sont mariées. En vertu de la doctrine de la coverture, les maris prennent le contrôle des biens immobiliers et des salaires de leurs épouses.

À partir des années 1840, les assemblées législatives des états des États-Unis et le Parlement britannique commencent à adopter des lois protégeant la propriété des femmes de leurs maris et des créanciers de leurs maris. Ces lois sont connues sous le nom Loi sur la propriété des femmes mariées. Les droits de propriété des femmes continuent d'être limités dans de nombreux pays européens jusqu'aux réformes juridiques des années 1860-70. Par exemple, en Allemagne de l'Ouest, la loi relative à la succession agricole rurale favorise les héritiers mâles jusqu'en 1963. Aux États-Unis, les lois dites "chef et maîtres" (Head and master laws), qui donnaient le contrôle exclusif des biens matrimoniaux au mari, étaient courantes jusqu'à il y a quelques décennies. La Cour suprême, dans Kirchberg contre Feenstra (1981), a déclaré ces lois inconstitutionnelles.

Dans de nombreux pays d'Afrique, les femmes qui jouissaient dans le droit coutumier — droit qui pourtant leur est généralement peu favorable et souvent exclut leur droit à la propriété — de droits à exploiter des terres dont la propriété était collective ou de droits fonciers indirects, ont vu globalement leur situation régresser avec la codification de la propriété et la privatisation des terres, que celle-ci aient été menées à l'initiative des puissances coloniales en place ou ultérieurement. Le phénomène est dans certains pays aggravé par les règles d'héritage ou le statut de mineure héritée du Code Napoléon. Cette absence ou ces limitations d'accès à la propriété foncière obèrent les capacités des femmes à assurer leur développement ou survie économique, l'agriculture étant l'une des principales activités économiques dans les zones rurales.

Le droit au travail des femmes comprend l'accès non discriminatoire des femmes aux emplois et l'égalité de rémunération avec les hommes.

Au Moyen Âge, les femmes peuvent exercer divers métiers (médecins, meunières...) mais elles sont progressivement exclues des activités les plus rémunératrices. À la Renaissance, les hommes prennent la direction des corporations féminines et les suppriment jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que trois en 1675 : lingères, bouquetières et limières-chanvrières.

Pendant longtemps en Europe, les femmes mariées ne peuvent pas travailler sans le consentement de leur mari : en France jusqu'en 1965, en Espagne jusqu'en 1975 malgré l'égalité mise en place sous la Seconde République (1931-1939) supprimée après la guerre d'Espagne (voir Droits des femmes pendant le franquisme et la Transition) et en Grande-Bretagne jusqu'en 1919 (voir Sex Disqualification (Removal) Act 1919) et certaines professions leur sont simplement interdites.

En 2019, selon une étude de la Banque mondiale, les femmes ne bénéficient que des trois-quarts des droits accordés aux hommes. Dans toutes les zones géographiques, ces restrictions à l'emploi se concrétisent par leur surreprésentation dans le secteur informel.

En France, le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances publie en 2021 Chiffres-clés : vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Cette politique publique est relayée à trois niveaux - national, régional, départemental (exemple en Occitanie).

En Afrique, l'un des facteurs limitant l'accès à l'emploi est la difficulté d'accès à la propriété foncière.

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