Le droit de vote des femmes est le produit d'une longue histoire qui s'inscrit dans l'histoire contemporaine. Dans le monde, le droit de vote des femmes s'est répandu à partir du début du XXe siècle. Le droit d'éligibilité s'est développé en parallèle.
Avant le XXe siècle, quelques pays accordent partiellement ou provisoirement le droit de vote aux femmes :
à Rome, en 1591, pendant le court pontificat du pape Innocent IX (novembre-décembre 1591), hommes et femmes de plus de 14 ans eurent le droit de vote ;
en Suède, entre 1718 et 1771, les femmes majeures célibataires ou veuves (les femmes mariées sont exclues), propriétaires, soumises à l'impôt et membres des guildes sont autorisées à participer aux élections locales et nationales. Ces droits sont annulés en 1758 pour les élections locales et en 1772 pour les élections nationales. Le droit de vote aux élections municipales est à nouveau accordé aux femmes majeures célibataires, imposables et propriétaires entre 1862 et 1919 ;
la République de Corse en 1755, et jusqu'à sa chute en 1769, accorde implicitement le droit de vote aux femmes célibataires ou veuves (la majorité élective étant fixée à 25 ans) ;
en France, sous l'Ancien Régime, les femmes légalement déclarées chefs de famille (veuves, célibataires ou en cas d’absence du mari) avaient jusqu'en 1789 le droit de vote dans les assemblées municipales. Dès 1302 et jusqu'en 1789, les femmes nobles propriétaires de fief et les mères abbesses étaient convoquées aux États généraux pour élire leurs représentants. Aux élections aux États généraux de 1789, les membres des communautés religieuses étaient admises à voter, ainsi que pour le Tiers État, les chefs d'exploitation agricoles ou d'entreprises, en ville, les membres des corps et communautés de métiers. Les femmes seront ensuite explicitement exclues du corps électoral à partir des élections à l'Assemblée législative de 1791 et jusqu'en 1945.
Des entités territoriales, infranationales, non étatiques ou non reconnues, ont également précédé de nombreux pays :
l'État du New Jersey (États-Unis) de 1776 à 1807 sous la condition, comme pour les hommes, d'être elles-mêmes propriétaires ;
le Bas-Canada (province coloniale britannique qui correspond partiellement aux actuels Québec et Labrador), à partir de 1791 et sous la condition, comme pour les hommes, d’être elles-mêmes propriétaires, restreint en 1834 et finalement retiré après les rébellions de 1837 et 1838, en 1849 ;
les îles Pitcairn (dépendance du Royaume-Uni) en 1838 ;
l'État mormon du Deseret (1847) (devenu l'Utah en 1850) ;
la province de Vélez (Colombie) de 1853 à son intégration dans l'État fédéral de Santander en 1857 ;
le territoire du Wyoming (États-Unis) en 1869 avec droit d'éligibilité. Quelques mois plus tard en 1870, une femme est élue juge de paix à Laramie, la même année dans la même ville une autre est élue bailli de court (Court Baillif) ;
le territoire de l'Utah (États-Unis) en 1870. Un acte du Congrès fédéral le supprimera en 1887 ;
l'île de Man (dépendance du Royaume-Uni) en 1881 ;
le territoire de Washington en 1883, supprimé par la Cour suprême fédérale en 1887 ;
le Wyoming en tant qu'État en 1890 ;
le Colorado (États-Unis) en 1893 ;