Ce Jour-là

Doublage

Traitement d'un film où les dialogues originaux sont remplacés par des dialogues traduits

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Le doublage est le remplacement de la langue originale d'une œuvre audiovisuelle (film, série, etc.) par une langue parlée dans les régions géographiques où cette œuvre est diffusée. Le doublage peut également consister à remplacer, partiellement ou totalement, la voix d'un acteur par celle d'un autre, dans la langue de d'origine de l'œuvre, pour des raisons artistiques ou autres.

Par extension, le terme « doublage » peut également désigner la postsynchronisation, technique par laquelle les comédiens enregistrent en studio des dialogues qui n'ont pas pu être captés en direct pour des raisons techniques ou artistiques. Par convention, on utilise également le terme « doublage » pour désigner les prestations vocales enregistrées avant le tournage, notamment dans le domaine de l'animation ou du jeu vidéo. Toutefois, le terme le plus approprié pour ces prestations est « création de voix ».

Le doublage en français est principalement réalisé en France, en Belgique et au Québec. La plupart des œuvres audiovisuelles diffusées en France sont aujourd'hui proposées à la fois doublées et sous-titrées[réf. souhaitée]. Elles sont majoritairement diffusées en VF (« version française »), mais souvent également disponibles en VOSTFR (« version originale sous-titrée en français »), selon les supports. Au cinéma, les copies en VOST sont surtout disponibles dans les grandes villes. À la télévision, la VM (« version multilingue »), diffusant simultanément la VF et la VOST (« version originale sous-titrée ») sur deux canaux audio distincts, tend à se généraliser avec la télévision numérique. Cependant, certaines œuvres ne sont diffusées qu'en VOST.

Dans plusieurs pays, comme l'Italie, l'Espagne ou l'Allemagne, les productions étrangères sont couramment diffusées en version doublée. En revanche, dans des pays comme les Pays-Bas, la Belgique néerlandophone, le Portugal ou la Suède, les films sont, à l'exception des productions destinées aux enfants, généralement diffusés en version originale sous-titrée.

L'histoire du doublage et son invention

La technique du doublage est apparue dès les débuts du cinéma parlant, les producteurs se trouvant confrontés à la barrière de la langue lors de l'exploitation de leurs films à l'étranger. Avec les films muets, il suffisait jusqu'alors de remplacer les intertitres dans les copies destinées à l'international.

Il est imaginé dans un premier temps de procéder à autant de tournages simultanés que nécessaires, généralement avec la même équipe technique : une fois une scène tournée, les acteurs cèdent la place dans le même décor aux acteurs d'une autre langue. On peut ainsi compter, en 1930, jusqu'à huit versions linguistiques simultanées pour Secret professionnel (The Doctor's Secret) de William C. de Mille et sept pour Sarah et son fils (Sarah and Son) de Dorothy Arzner. Mais ce processus s'avère rapidement trop onéreux.

De plus, lorsque la notoriété de la vedette dépasse les frontières, il est impossible de la remplacer. Laurel et Hardy doivent ainsi, dans leurs premiers films parlants, apprendre phonétiquement leur texte dans plusieurs langues. Par la suite, leurs accents furent conservés dans les versions françaises de leurs films doublés. Mais le résultat est souvent loin d'être satisfaisant en matière d'intelligibilité.

Confronté à ce problème sur le tournage de Chantage (1929), Alfred Hitchcock imagine une solution audacieuse pour faire de son film le premier long métrage parlant britannique. Son actrice principale, Anny Ondra, étant en effet dotée d'un fort accent slave — les acteurs du cinéma muet étant jusqu'alors engagés pour leur physique, peu importait leur voix —, Hitchcock demande à une actrice anglophone, Joan Barry (en), de réciter depuis la cabine son les dialogues qu'Ondra mime devant la caméra.

Les doublages francophones sont réalisés, à l'origine, exclusivement en France, d'abord à la manière traditionnelle des pièces radiophoniques par des acteurs souvent venus du théâtre. Il se développe fortement sous le régime de Vichy, l'agrément n'étant accordé par le Comité d'organisation de l'industrie cinématographique qu'aux films doublés, avant de se généraliser via la télévision. Le procédé de la bande rythmographique (plus communément appelée « bande rythmo ») est mis au point en 1949 à l'auditorium MGM de Paris. Mais depuis la fin des années 1980, le Québec a progressivement développé ses propres structures[source secondaire souhaitée], d'abord en québécois, puis en « français international ». Ainsi, des doublages français à destination des DVD zone 1 sont réalisés au Québec, quand ils ne sont pas d'origine[source secondaire souhaitée]. Depuis les années 2000, des doublages à destination de l'Europe sont réalisés également en Belgique comme la série Doctor who[source secondaire souhaitée]. Aujourd'hui l'entreprise la plus populaire en France est Dubbing Brothers, basée à Paris et crée en 1989.

La mention systématique des noms des comédiens assurant le doublage au générique (« carton de doublage ») est devenue obligatoire depuis 1995, année où une grève fut organisée afin que leur soit accordée une plus grande reconnaissance, notamment au travers du paiement de droits de rediffusion (convention DADR). De même, les noms des adaptateurs des dialogues de la version française et des directeurs artistiques, s'ils sont cités depuis longtemps dans le générique des longs métrages sortant en salles, le sont désormais également à la télévision.

Les doublages ancrés dans la production d'une œuvre

Le remplacement d'une voix par une autre devient dès lors non seulement un outil commercial mais aussi artistique permettant au réalisateur de donner vie aux personnages sans contrainte physique. Ainsi, dans la série des Fantomas, Jean Marais joue le rôle de Fantômas mais c'est Raymond Pellegrin qui lui prête sa voix. De même, la voix de Dark Vador dans la franchise de science fiction Star Wars est celle de James Earl Jones et non celle de l'acteur présent dans le costume du personnage, David Prowse. La saga Star Wars a souvent utilisé ce procédé d'ailleurs, comme dans L'Empire contre-attaque où Boba Fett est incarné par Jeremy Bulloch, alors que c'est Jason Wingreen qui lui prête sa voix. Dark Maul est incarné par Ray Park, mais sa voix est celle de Peter Serafinowicz dans La Menace fantôme et celle de Sam Witwer dans Solo.

Dans les films musicaux, certains acteurs sont doublés par des chanteurs, même lorsqu'ils ont une formation musicale. Ainsi Marni Nixon doubla pour le chant Deborah Kerr dans Le Roi et moi, Natalie Wood dans West Side Story et Audrey Hepburn dans My Fair Lady.

Les scénaristes Adolph Green et Betty Comden feront du cas du film Chantage (1929) l'un des principaux éléments scénaristiques du film Chantons sous la pluie (1952) dans lequel, lors du passage du cinéma muet au parlant, les producteurs imaginent de faire doubler la vedette du muet Jean Hagen – dont la voix, très vulgaire, est en décalage avec son image à l'écran – par une jeune débutante.

Dans le cinéma italien, le courant du néoréalisme de l'immédiat après-guerre contribue à généraliser l'usage de la postsynchronisation (appelée par extension doublage), consistant à faire enregistrer les voix des personnages en studio après les prises de vues, par des comédiens qui ne sont pas forcément ceux d'origine. Adoptée pour des raisons à la fois économiques et techniques, la postsynchronisation continue ensuite d'être utilisée par le cinéma italien dans la quasi-totalité des cas. Un autre facteur contribuant à généraliser le doublage est la présence fréquente dans les films italiens, du fait du système des coproductions internationales, d'acteurs étrangers dont les voix doivent être remplacées par celles d'acteurs italiens. L'industrie audiovisuelle italienne, en dépit de toutes les avancées techniques dont elle a bénéficié, n'a adopté le son direct que partiellement et très tardivement.

En France, il a longtemps été d'usage de faire doubler, quand c'était possible, un même acteur par la même voix afin de ne pas désorienter le spectateur. Le corollaire est que l'acteur qui parvient à doubler une star montante s'assure quasiment une « rente de situation » pour l'avenir. Le comédien Dominique Paturel, notamment connu pour son doublage de l'acteur Larry Hagman dans la série Dallas, déclare à ce sujet « J’ai eu une chance formidable. Peut-être que, grâce au doublage, j’ai eu ce choix de pouvoir accepter ou refuser des projets de théâtre ou de télévision qui ne me convenaient pas. »

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