Dominique Collignon-Maurin est un acteur, auteur, musicien et metteur en scène français, né le 1er avril 1949 à Paris 17e et mort le 4 août 2025 à Villejuif (Val-de-Marne).
Dès son enfance, il apparaît dans de nombreuses productions télévisées, séries et téléfilms, et prête sa voix à des pièces radiophoniques, à l'instar de ses frères, Jean-Pierre Maurin, Yves-Marie Maurin et Patrick Dewaere, membres de la troupe des « petits Maurin ».
Parmi ses participations au cinéma, on peut noter La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry, Les Amitiés particulières (1964) de Jean Delannoy, La Bande à Bonnot (1968) de Philippe Fourastié, Neige (1981) de Juliet Berto et Jean-Henri Roger, Les Princes (1983) de Tony Gatlif, Zanzibar (1989) de Christine Pascal ou encore, Lune froide (1991) de Patrick Bouchitey.
Très actif dans le doublage dès son plus jeune âge. Il est ainsi la voix française de Mark Hamill pour le personnage de Luke Skywalker dans Star Wars, ainsi que la voix régulière de Dustin Hoffman, Nicolas Cage ou encore Kevin Kline. Il double également de manière occasionnelle John Travolta, Gary Oldman, John Malkovich, James Woods, Roberto Benigni ou encore Willem Dafoe. Dans le domaine de l'animation, il double de nombreux personnages de l'univers Disney : Arthur « Moustique » Pendragon dans Merlin l'Enchanteur, Hadès dans Hercule, le Borgne dans 1 001 Pattes, Léon le caméléon dans Monstres et Cie et Gill le zancle dans Le Monde de Nemo. Il est également la voix du baron Humbert von Gikkingen dans l'anime Si tu tends l'oreille, ainsi que l'antagoniste Mandrake dans Epic : la bataille du royaume secret, de Grug dans Les Croods, de Rat dans Fantastic Mr. Fox ou encore de Bubbles dans Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau.
Il fonde « la Coline Compagnie » et poursuit une carrière au théâtre, à partir de 1983 où il signe des pièces, des spectacles musicaux ainsi que plusieurs mises en scène.
À partir de la décennie 2010, il devient le narrateur des trois derniers livres audios Harry Potter après la mort de Bernard Giraudeau ainsi que des productions audio signées Jo Nesbø.
Fils de la comédienne Mado Maurin (1915-2013) et de l'artiste lyrique Georges Collignon (1918-2006), Dominique Jean Collignon naît le 1er avril 1949 à Paris 17e. Sa mère a déjà eu deux garçons, Jean-Pierre (1941-1996), Yves-Marie (1944-2009) avec son premier mari, le baryton Pierre-Marie Bourdeaux, et un troisième, Patrick (1947-1982), avec l’artiste lyrique et chef d’orchestre Michel Têtard. Ayant épousé Georges Collignon deux mois avant la naissance de Dominique, Mado Maurin donnera encore naissance à deux autres enfants, Jean-François (né en 1957) et Marie-Véronique (née en 1960).
Sous la houlette de leur mère, laquelle a connu elle-même une carrière artistique comme concertiste et dans l'opérette depuis les années 1930, la fratrie se fait connaître dans le milieu artistique sous le surnom de « petits Maurin », patronyme artistique qui facilite leur placement dans divers spectacles, pièces de théâtre, émissions de télévision, de radio, disques et films de cinéma.
Ayant emménagé dans un grand appartement au 3e étage du 65, rue Sainte-Anne à Paris, la famille baigne à la fois dans un univers de « saltimbanques » et une profonde foi catholique. Durant cette la période, les « petits Maurin » font l'objet d'une réelle instrumentalisation par leur mère Mado. Dans un ouvrage paru en 1992, le réalisateur Yves Robert estime que « sa famille éduquait les enfants pour être comédiens, qui les négociait très jeunes pour des rôles, qui leur apprenait ça comme on apprend des tours à des petits chiens savants ». Ainsi, lorsqu'Emil-Edwin Reinert se prépare à tourner son film Quai de Grenelle en 1950, il sollicite Mado Maurin qui lui présente Yves-Marie mais que Reinert trouve trop grand. Elle revient le lendemain avec Patrick mais cela ne convient toujours pas. Elle propose dès lors au réalisateur son dernier-né, Dominique, lequel fait ainsi ses débuts au cinéma, âgé de 3 ans à peine (il est toutefois non crédité au générique du film).
Enfant, Dominique Collignon-Maurin connaît un certain succès auprès des réalisateurs grâce à sa gouaille, son regard pétillant et son visage espiègle rempli de tâches de rousseur. Pour le film L'Impossible Monsieur Pipelet sorti en 1955, il joue le tout jeune membre d'une famille populaire dans laquelle on retrouve notamment Michel Simon et Louis de Funès.
Jusqu'à la fin de l'adolescence, Dominique entretient un rapport fusionnel avec son frère Patrick âgé de deux ans de plus que lui ; ils sont inséparables comme des jumeaux, partageant la même chambre à la maison de Gouvernes, en Seine-et-Marne où ils passent week-ends et vacances, dont une partie des charges est payée par leurs cachets de jeunes comédiens encore mineurs. Ils se retrouvent parfois sur les mêmes tournages et font les 400 coups. Ce lien affectif étroit va unir également Dominique et Patrick à leur petit frère Jean-François durant les années 1960.
Ainsi, Dominique relate en 1992 que lors du tournage du film La Route joyeuse qui se déroule à l'été 1956, l'acteur star et réalisateur américain Gene Kelly prend un caillou en pleine tête parce que Patrick, neuf ans, s'amuse à faire des ricochets. Pour les punir, les deux frères sont enfermés dans une chambre d'hôtel, qu'ils mettent à sac en représailles.
En 1960, lors de la tournée organisée pour l'opérette L'Auberge du Cheval-Blanc avec notamment Bourvil et Michel Galabru, il est engagé pour jouer le petit Piccolo ; un disque est enregistré lors d'une représentation en public au théâtre du Châtelet, avec les mêmes interprètes et artistes.
Adolescents, lors d'un enregistrement pour la radio aux studios du Poste Parisien, Patrick et Dominique subtilisent les cartons de présence de pointage du personnel et les oblitèrent, mettant la pagaille le lendemain dans l'organisation de l'entreprise. Parfois, sur d'autres plateaux, notamment de télévision, ils font des farces en renversant des bols de chocolat sur le décor.
En 1963, son interprétation dans le téléfilm L'Enfance de Thomas Edison réalisé par Jean-Christophe Averty est saluée par la critique, le mettant au niveau de ses confrères comédiens confirmés : « L'interprétation était, comme toujours, très au point, avec Berthe Bovy (l'indulgente grand-mère), Dominique Maurin (déjà remarqué dans L'Auberge de l'Ange gardien), Georges Géret, Jean-Roger Caussimon et Claudine Mauget dans les principaux rôles ».
En 1964, Dominique, âgé de 15 ans, apprend par sa mère que Patrick est né d'un autre père, inconnu jusqu'alors. Il confie cette révélation à son frère et, dès lors, le futur Dewaere prend ses distances avec la tribu Maurin. Profondément marqué lui aussi par cette révélation qui risque d'abîmer le lien étroit qui existe avec son frère préféré, Dominique déclarera en 1993 au sujet de sa mère : « Elle qui, pour nous réunir, gardait au fond d'elle la vérité, et nous obligeait au mensonge. Je compris plus tard cette phobie du mensonge qui régnait à la maison. Jusqu'au thème d'une chanson où je me proclamais “chercheur de vérité” ».
Âgé d'une quinzaine d'années, il participe en 1964 à la distribution du film controversé Les Amitiés particulières, qui déclenche de nombreuses réactions négatives bien que l'œuvre soit interdite aux moins de 18 ans lors de sa sortie. Il y incarne le personnage antipathique de Marc de Blajan.
Le 31 mars 1965, sortant de l'appartement familial rue Sainte-Anne à Paris, il est renversé par une voiture et nécessite plusieurs jours d'hospitalisation.