Dolores Ibárruri Gómez, aussi surnommée la Pasionaria, née le 9 décembre 1895 à Gallarta en Biscaye et morte le 12 novembre 1989 à Madrid, est une femme politique basque espagnole. Elle a été secrétaire générale du Parti communiste espagnol (PCE) entre 1942 et 1960, puis présidente de ce parti entre 1960 et 1989, devenant la première femme à diriger un parti en Espagne.
Elle soutient les troupes républicaines antifranquistes pendant la guerre d'Espagne en prononçant des discours incendiaires à la radio et en visitant les troupes au front pour leur remonter le moral. Elle est connue pour son fameux slogan No pasarán!.
Elle revient en Espagne après la mort de Franco (mort le 20 novembre 1975) et est de nouveau élue députée en 1977.
Dolores Ibárruri Gómez naît le 9 décembre 1895 à Gallarta en Biscaye. Issue d'une famille de mineurs, elle est la huitième enfant d'une fratrie de onze. Sa mère, Juliana Gómez Pardo, est d’ascendance castillane.
L'ambiance familiale est marquée par le catholicisme et son père est un militant carliste. Elle est scolarisée jusqu'à l'âge de 15 ans, envisageant de devenir institutrice, mais elle ne peut y parvenir car ses parents n'ont pas les moyens de lui payer des études suffisamment longues. Elle commence à travailler dans un atelier de couture, puis devient femme de ménage, jusqu'à son mariage en 1916.
Début de l’activité politique (1916-1919)
Elle épouse un mineur et militant socialiste (adhérent du PSOE), Julián Ruiz Gabiña, originaire de Somorrostro. Avec son mari fréquemment emprisonné pour des activités politiques et la mort de quatre de leurs enfants, elle a connu la pauvreté et la douleur.
Ils ont six enfants, dont quatre morts très jeunes : Ester (1916-1919), Rubén (1920-1942), les triplées : Amagoia (1923-1923), Azucena (1923-1925), Amaya (1923-2018), et Eva (1928-1928).
Depuis qu'elle s'est mobilisée à l'occasion de la grève générale révolutionnaire de 1917, Dolores Ibárruri s'est fait un nom comme conférencière et chroniqueuse politique. Elle écrit aussi dans la presse ouvrière. C'est en 1918 qu'elle utilise pour la première fois le pseudonyme de la Pasionaria, pour un article dans le journal El Minero Vizcainos.
Ses débuts au Parti communiste (1920-1930)
En décembre 1919, elle suit les Jeunesses socialistes qui se séparent du PSOE pour se rapprocher de l'Internationale communiste. En avril 1920, elle participe à la fondation du Parti communiste espagnol, devenant la même année membre du comité provincial de Biscaye, puis à celle du Parti communiste d'Espagne en novembre 1921.
Elle joue un rôle important dans le parti au niveau provincial : elle est déléguée au Ier congrès du PCE (Madrid) en mars 1922, et de nouveau en 1927 pour le IIIe ; ce congrès devant avoir lieu en France, elle ne peut cependant y assister.
Populaire et respectée[réf. nécessaire], elle est élue au Comité central du PCE en 1930.
La période de la IIe République (1931-1936)
Après l'avènement de la Seconde République en 1931, elle se sépare de son mari et s’installe à Madrid, où elle devient responsable du journal du parti, Mundo Obrero. Elle entre au bureau politique du parti en 1932. Elle est envoyée à Moscou en 1933 comme déléguée auprès du Komintern. En 1933, elle fonde Mujeres Antifascistas, une association de femmes contre le fascisme et la guerre. En 1934, elle est présidente de Comité Nacional de Mujeres Contra la Guerra y el Fascismo, la section espagnole du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Elle est arrêtée et emprisonnée à plusieurs reprises en raison de ses activités.
En 1935, elle envoie ses deux enfants encore vivants, Rubén et Amaya, en Union soviétique, pour leur assurer une vie plus stable. Rubén meurt lors de la bataille de Stalingrad.
Le Front populaire (début 1936)
En février 1936, elle est élue députée des Asturies. Peu après, elle réussit à obtenir des autorités locales d’Oviedo la libération de prisonniers politiques. Le 16 juin, elle répond à une intervention menaçante du dirigeant de la droite Calvo Sotelo en réclamant l'arrestation des conspirateurs et de leurs complices. Les franquistes présentèrent ultérieurement ce discours comme un appel au meurtre de Calvo Sotelo. Aucun document ne prouve que Dolores Ibárruri ait dit de Calvo Sotelo « cet homme a parlé pour la dernière fois » avant son assassinat. Compte tenu du manque de rigueur des sources orales disponibles, seules des sources écrites ont pu être utilisées pour confirmer l'épisode, mais celles-ci ne permettent pas non plus de donner de la véracité aux théories de Franco. Ainsi, le Journal des séances du 16 juin 1936 n'inclut à aucun moment les menaces de la Pasionaria.