Le diocèse de Langres (en latin : dioecesis Lingonensis) est une Église particulière de l'Église catholique en France. Érigé au IVe siècle, il est un des diocèses historiques de Champagne et de Bourgogne. Entre 1790 et 1801, Langres fut le siège épiscopal du diocèse du département de la Haute-Marne, un des quatre-vingt-trois diocèses de l'Église constitutionnelle créés par la constitution civile du clergé. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822. Depuis, il couvre le département de la Haute-Marne.
L'évêché de Langres (Haute-Marne) a vu son siège transféré à Chaumont et son nom modifié en diocèse de Langres (en latin : Dioecesis Lingonensis). Jusqu'en 2002, il est suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Lyon et relève de la province ecclésiastique de Lyon. Depuis 2002, il est suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Reims et relève de la province ecclésiastique de Reims qui couvre les régions Champagne-Ardenne et Picardie.
Origines du diocèse de Langres
Le diocèse de Langres au Moyen Âge
Aux prémices, le diocèse de Langres recouvrait un vaste territoire bien au-delà du plateau de Langres. Étaient réunies en son sein les régions de Chaumont (actuelle Haute-Marne), de Dijon et de Châtillon-sur-Seine (actuelle Côte-d’Or), de Tonnerre et de Chablis (actuelle Yonne), de Bar-sur-Aube (actuelle Aube), de Champlitte (actuelle Haute-Saône) et Damblain (actuelle Vosges), constituant un ensemble de 964 paroisses et annexes, réparties entre six archidiaconés et dix-huit doyennés.
Le diocèse de Langres était alors suffragant de l'archidiocèse de Lyon, de même que les diocèses d'Autun, de Chalon et de Mâcon. Il le restera jusqu'à la Révolution française.
Une tradition indique que l'Église de Langres, représentée par l'évêque Achard, aurait reçu en 967, du roi des Francs, Lothaire donne à Achard, le comté de Langres. Les médiévistes ont démonté que l'acte est une forgerie de la fin du XIIe siècle.
Les évêques de Langres bénéficient d'un prestige particulier dans le royaume de France, car ils sont titulaires de l'une des six pairies ecclésiastiques primitives. Ils ont un rôle dans la cérémonie du sacre des rois de France, où ils portent le sceptre. Ils ont reçu le titre de comte de Langres en 1179 d'Hugues III de Bourgogne ; le roi Louis VII leur accorde la pairie et Philippe-Auguste, en 1200, confirme la pairie et fait du comté un duché.
Le diocèse de Langres à l'Époque moderne
C'est dans le diocèse de Langres que sont nés le théologien Nicolas de Clémenges qui fut chanoine et trésorier de la cathédrale de Langres, le savant canoniste gallican Edmond Richer (1560-1631), le jésuite Pierre Lemoine (1602-1671), auteur d'un poème épique sur Louis IX de France et du traité de La Dévotion aisée, Jeanne Mance (1606-1673), le vénérable Gérard Voinchet (1640-1695), chanoine de Sainte-Geneviève à Paris.
C'est non sans quelques résistances que dut être accepté en 1731 le démembrement du diocèse et la création d’un nouvel évêché à Dijon, emmenant ainsi une centaine de paroisses.
Au XVIIIe siècle, Langres a été un important foyer de jansénisme. Par la bulle Super specula du 9 avril 1751, le pape Clément XII réduit le territoire du diocèse de Langres pour l'érection de celui de Dijon.
Démembrement en 1731 du diocèse de Langres pour créer celui de Dijon
Sous l'épiscopat de Pierre de Pardaillan de Gondrin, dit d'Antin, les bourgeois de Dijon obtiennent en 1731, grâce au crédit du prince de Condé, la réalisation d'un projet qu'ils soutenaient depuis deux siècles: l'érection de leur ville en siège épiscopal.
Le diocèse de Langres était alors composé de six archidiaconés : 1° celui de Langres (doyenné de Langres et du Moge); 2° l'archidiaconé de Tonnerre (doyennés de Tonnerre, de Molesme, de Moutiers-Saint-Jean, et de Saint-Vinnemer; 3° l'archidiaconé du Barrois (doyennés de Bar-sur-Aube et de Chaumont); 4° archidiaconé du Lassois (doyennés de Bar-sur-Seine et de Châtillon); 5° l'archidiaconé du Bassigny (doyennés d'Is-en-Bassigny et de Pierrefaite) et 6° celui de Dijon (comprenant les doyennés de Dijon, de Bèze, de Saint-Seine, de Grancey et de Fouvent).
Le nouveau diocèse de Dijon comprenait l'archidiaconé de Dijon, à l'exception du doyenné de Grancey (rattaché à l'archidiaconé de Langres) et d'une partie de celui de Fouvent (rattaché à l'archidiaconé de Bassigny), soit cent trente paroisses, deux cent vingt-sept succursales et sept abbayes dont deux à Dijon.
Alors l'évêché de Langres cessa de représenter le territoire des anciens Lingons.
Démembrement en 1801 au profit de Troyes et Dijon, puis rétablissement en 1822