Ce Jour-là

Dino Attanasio

Auteur belge d'origine italienne de bande dessinée

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Dino Attanasio, de son vrai nom Edoardo Attanasio, né le 8 mai 1925 à Milan et mort le 17 janvier 2026 à Jette, est un auteur de bande dessinée italien naturalisé belge, appartenant à l'école franco-belge. Il est le créateur graphique de Bob Morane, cocréateur (avec René Goscinny) de Signor Spaghetti et repreneur de Modeste et Pompon. À sa mort, il était le doyen de la bande dessinée franco-belge.

Edoardo Attanasio naît le 8 mai 1925 à Milan. Deuxième enfant du musicien Savino Attanasio — un violoniste spécialisé dans les instruments à cordes et spécialement la mandoline — Edoardo Attanasio évolue dès son plus jeune âge dans le milieu artistique. À l'âge de treize ans, en compagnie de son frère aîné Gianni, il monte sur scène aux côtés de son père. Les deux frères forment rapidement un duo de guitaristes et se produisent dans divers restaurants et théâtres de Milan, sous le nom d'Attanasio Brothers. Ils assurent également les transitions musicales de pièces de théâtre, ainsi qu'un intermède dans le film Ruy Blas de Jean Cocteau, avec Jean Marais, tourné en 1947, à Milan, pour certaines scènes.

Passionné par la musique et la gymnastique — il obtient, en Italie, le diplôme de moniteur et sera même qualifié pour les jeux olympiques de 1948 dans cette discipline — il n'en est pas moins attiré par le dessin depuis l'enfance, grâce à sa grand-mère maternelle, qui lui achète régulièrement des Fumetti, publications pour la jeunesse de l'époque. À dix ans, il dessine pour lui-même et ses camarades ses premières bandes dessinées, inspirées de Walt Disney, Milton Caniff (Terry et les pirates) , Alex Raymond (Flash Gordon), Lee Falk (Mandrake) et Chester Gould (Dick Tracy). Une fois adolescent — et tout en continuant à se produire en tant que guitariste avec son frère Gianni — il s'inscrit ensuite à l'Académie des beaux-arts de Milan, où il obtient le Ludi Juveniles, haute distinction dans le domaine de la peinture.

Edoardo Attanasio travaille, à partir de 1941, dans l'illustration, puis dans le dessin animé. Il participe à la réalisation de l'un des premiers longs métrages d'animation italiens, La Rose de Bagdad d'Anton Gino Domenighini (it). À la suite de cette expérience enrichissante, il se dirige vers la bande dessinée. En compagnie du futur dessinateur d'Akim : Augusto Pedrazza, qu'il rencontre à l'académie, il présente ses dessins à Mario Conte, alors directeur des éditions Edital, qui les engage tous les deux. Dès lors, sa présence dans les publications de Mario Conte, ainsi que celle de ses amis Roberto Renzi et Augusto Pedrazza, sera importante et ininterrompue jusqu'en 1948. Parfois accompagné au scénario par son frère Gianni, qui a fait des études littéraires à Venise, il publie chez Edital et d'autres éditeurs italiens de Fumetti plus d'une centaine d'illustrations et autant de planches de bande dessinée (Codino, Signora Coccode, Furio Mascherato, Sabu, Gianni e Pinotto, etc.) faisant déjà preuve d'une grande capacité de production.

En 1948, pour fuir l'atmosphère pesante de l'après-guerre en Italie, Attanasio s'installe en Belgique avec son frère Gianni. Ils travaillent un temps pour la société de films publicitaires Publi-Ciné de Jean Coignon, tout en se produisant comme guitaristes dans les restaurants de la capitale. Attanasio réalise, pendant cette période, sa première couverture pour le journal Tintin (illustrant un conte de Jean Ray), après avoir montré ses dessins au rédacteur en chef André Fernez.

À la même époque il est présenté à Georges Troisfontaines, qui dirige alors la World Press, une agence qui fournit des bandes dessinées, notamment pour le Journal de Spirou. Travaillant pour l’agence de Troisfontaines et pour celle de son beau-frère Yvan Chéron (International Press), celui qui signe désormais Dino Attanasio rencontre les futurs grands de la bande dessinée franco-belge : Eddy Paape, Victor Hubinon, Jean Graton, Michel Tacq, René Follet, Albert Weinberg, Albert Uderzo, René Goscinny et Jean-Michel Charlier. En 1950, celui-ci et Attanasio créent une série humoristique pour animer le nouveau supplément jeunesse de La Libre Belgique : Fanfan et Polo. En plus de nombreux jeux et illustrations, Attanasio dessinera ces personnages dans trois histoires - les deux premières écrites par Charlier, la dernière par Goscinny - qui paraîtront chaque semaine dans La Libre junior jusqu'en 1953. Lors de cette période , Dino Attanasio réalise, de surcroit, plusieurs récits historiques pour la revue Petits Belges, quelques illustrations pour le journal Tintin et une vingtaine d'histoires de l'Oncle Paul pour Spirou.

En 1956, il dessine Pastis et Dynamite pour Line, sur un scénario de Michel Greg. À cette époque, Dino Attanasio alterne bandes dessinées humoristiques et réalistes. Il réalise aussi des illustrations pour des contes — notamment d'Yves Duval — dans le Journal de Tintin. C'est le 16 octobre 1957 qu'apparaît dans Tintin Signor Spaghetti, le sympathique Italien à l'accent pittoresque exerçant de nombreux métiers. Cette série humoristique écrite par René Goscinny est déclinée d'abord en courts récits de 2-3 planches. C'est à partir de 1959 que Spaghetti va vivre des (més)aventures plus longues - une trentaine de planches - éditées en albums au Lombard dès 1961. Goscinny, trop occupé par Astérix, cèdera le scénario à Roger Francel en 1965.

Dès le premier opus en 1953, Attanasio illustrait les hors-textes de Bob Morane, une série de romans d'aventures écrits par Henri Vernes (les couvertures étant réalisées par Pierre Joubert) et publiés dans la collection « Marabout Junior ». C'est donc logiquement qu'il est choisi pour transposer le personnage en bande dessinée, sur des scénarios originaux de Henri Vernes. Le 21 mai 1959, l'hebdomadaire Femmes d'aujourd'hui publie le premier épisode, L’Oiseau de feu. Devant livrer deux planches par semaine (en plus de ses autres travaux), Attanasio engage des assistants pour réaliser les crayonnés et les décors, d'abord Lucien Meys puis en 1961 William Vance, qui intervient sur le cinquième épisode, Le Collier de Civa. Attanasio dessine cinq histoires de Bob Morane - les albums paraissent dès 1960 aux éditions Marabout - mais en 1962, suite à un désaccord avec Henri Vernes, Attanasio est remplacé par Gérald Forton (qui sera lui-même remplacé par Vance en 1967). D'autre part, en 1959 Attanasio reprend la série Modeste et Pompon dans le journal Tintin, sur les recommandations d'André Franquin qui vient de quitter l'hebdomadaire. Il en dessine près de 500 gags, avec différents scénaristes, dont Greg, Lucien Meys et Mitteï (qui reprendra le dessin de la série en 1968).

En 1968, Dino Attanasio quitte Le journal Tintin. Il publie Candida dans Ciné-Revue, assisté, pour les décors, par Marc Wasterlain. Il travaille alors avant tout pour les presses italiennes (créant graphiquement Ambroise et Gino sur un scénario de Carlo Triberti dans le Corriere dei Piccoli à partir de 1965) et flamandes, notamment aux Pays-Bas (où il crée la série de gangsters Johnny Goodbye, avec Martin Lodewijk et Patty Klein, dans Pep puis Eppo, enfin, la série les Macaroni's sur des scénarios de Dick Matena). Ces deux séries connaissent un beau succès aux Pays-Bas, totalisant à elles deux une trentaine d'histoires complètes de 44 planches, dont certaines sont encore inédites en français.

De 1974 (dans le magazine Formule 1 et en album aux Éditions du Lombard) à 1986 (en album aux Archers), Dino Attanasio reprend Signor Spaghetti, sur des scénarios principalement de Lucien Meys et d'Yves Duval. Il collabore également un temps avec José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental pour des histoires courtes de Spaghetti pour le magazine Rigolo.

En 1975, un éditeur iranien propose aux Éditions du Lombard de réaliser une bande dessinée biographique à la gloire du Chah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, aux frais du gouvernement. Le projet est confié à Dino Attanasio. L'album est publié en 1976 en Iran sous le titre Aẓemat e bâzyâfteh (عظمت بازیافته - « La gloire retrouvée »).

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