Ce Jour-là

Diego Rivera

Peintre et muraliste mexicain (1886-1957)

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Diego Rivera, né le 8 décembre 1886 à Guanajuato (Mexique) et mort le 24 novembre 1957 à San Ángel (un quartier aisé de Mexico), est un peintre mexicain. Bien qu'il ait tout au long de sa vie pratiqué la peinture de chevalet, Rivera est mondialement connu pour ses peintures murales, réalisées au Mexique, principalement à Mexico, et aux États-Unis. Ses peintures murales sont indissociables de ses convictions communistes et de sa fascination pour le passé préhispanique du Mexique.

En 1886, Diego Rivera et son frère jumeau Carlos María Rivera naissent à Guanajuato. Carlos María décède à l'âge d'un an et demi en 1888. En 1893, la famille de Diego Rivera déménage à Mexico.

Il entre en 1896 à l'École nationale des beaux-arts de San Carlos, contre l'avis de son père qui lui aurait préféré une école militaire. En 1905, il sort diplômé de San Carlos.

Rivera reçoit une bourse de Teodoro A. Dehesa Méndez (es), alors gouverneur de l'État de Veracruz et l'un des piliers du gouvernement de Porfirio Díaz, ce qui lui permet d'étudier en Europe, d'abord à Madrid, en 1907 où il rencontre la jeune peintre cubiste María Blanchard au Musée du Prado, avec laquelle il partage un atelier. En mars 1909, il achève ses études et déménage à Paris, puis quelques semaines après, il fait un tour de l'Europe du Nord, visite Bruges et les Pays-Bas ainsi que Londres. Lors d'un voyage à Bruxelles en 1909 avec María Blanchard, il rencontre la peintre russe Angelina Beloff, avec laquelle il visite la Bretagne et qu'il épouse à Paris. Elle sera sa compagne pendant dix ans. En 1910, il commence à étudier chez le peintre impressionniste Octave Guillonnet.

Il retourne brièvement au Mexique en 1910 pour assister aux festivités du centenaire du début de la guerre d'indépendance. Le 20 novembre 1910, jour du début de la Révolution mexicaine, Carmelita Díaz, épouse du président Díaz, inaugure une exposition d'œuvres de Diego Rivera dans son ancienne école de San Carlos. Elle lui achète six tableaux destinés à sa collection personnelle ; l'État mexicain en acquiert sept. La révolte s'étend dans le pays, et après la prise de Ciudad Juárez par les troupes de Francisco Madero le président Diaz part en exil en mai 1911, espérant ainsi éviter une guerre civile au pays. Rivera, ayant gagné suffisamment d'argent grâce à la vente de ses tableaux, a quitté le pays pour Paris en avril 1911.

Le gouvernement maderiste renouvelle sa bourse en 1911, ce qui lui permet de passer l'été et l'hiver 1912 en Espagne. Accompagné d'Angelina Beloff, il voyage en Catalogne, visite Madrid et Tolède, où il s'intéresse aux œuvres du Greco. Dans une toile de 1912, Vue de Tolède, il peint la ville sous le même angle que Le Greco dans le tableau du même nom.

En 1913, le régime de Madero est renversé par Victoriano Huerta. Dès 1914, Rivera s'installe à Montparnasse, où il se lie d'amitié avec Modigliani, qui fait son portrait, et Zinoview dont il fait un portrait cubiste. Mais le gouvernement mexicain en pleine guerre civile ne lui verse plus sa bourse : il doit partir à Majorque, puis passe l'hiver à Madrid.

Appauvri et quasiment sans ressources, il regagne Paris, toujours en compagnie d'Angelina Beloff, qui lui donne en août 1916 un fils, Miguel Ángel, qui meurt à quatorze mois.

Rivera entame une liaison avec l'artiste russe Marie Vorobieff (Marevna), qui durera six ans. Il a aussi plusieurs autres enfants de maîtresses avec lesquelles il entretient de brèves relations. Il n'assume toutefois jamais ses paternités.

Courant 1919, il séjourne également trois semaines à Poitiers, dans la villa de Jean-Richard Bloch, en compagnie des artistes Berthold Mahn et Eugène Corneau.

Ses œuvres sont exposées à la Modern Gallery de New York avec celles de Picasso, Van Gogh et Cézanne.

Le Mexique connaît alors une des phases les plus violentes de la guerre civile qui oppose les factions révolutionnaires. Désargenté, Rivera doit exécuter des portraits de commande.

En 1919, le gouvernement constitutionnaliste de Venustiano Carranza invite Rivera à rentrer au Mexique ; il lui octroie aussi une subvention qui lui permet d'aller étudier des fresques en Italie, mais la violence continue de faire rage au Mexique ; Emiliano Zapata est assassiné cette même année sur ordre de Carranza, qui le sera lui-même l'année suivante, après avoir été renversé par Alvaro Obregón.

En 1921, une fois la révolution mexicaine terminée, Rivera retourne au Mexique où, par le biais du Sindicato Revolucionario de Trabajadores Técnicos, Pintores y Escultores, dont il est l'un des fondateurs, il s'intéresse à l'idéologie communiste. Il réalise sa première peinture murale où figurent des sujets ethniques mexicains dans un contexte politique de gauche nationaliste.

En 1922, il épouse Guadalupe Marín, dont il a deux filles, Guadalupe et Ruth. La même année, il devient membre du parti communiste mexicain. Il participe à la création d’El Machete, qui est devenu le journal officiel du parti, avec David Alfaro Siqueiros, Jose Clo Orozco et Xavier Guerrero.

Rivera peint beaucoup, souvent pour attaquer l'Église et le clergé, sur commande des gouvernements post-révolutionnaires, dont il devient peu à peu un des peintres officiels. Avec des artistes comme José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros et Rufino Tamayo, il commence à s'essayer aux fresques, sur de grands murs, dans un style simplifié et en employant des couleurs vives en phase avec les thèmes de la révolution de 1910 ou de la guerre civile des années 1911-1920.

Les plus emblématiques de ses fresques commandées par le gouvernement se trouvent au palais national à Mexico, où il peint notamment sa fameuse Épopée du peuple mexicain entre 1929 et 1935, et à l'école nationale d'agriculture à Chapingo. Rivera en peint plusieurs aux États-Unis, qu'il visite au début des années 1930 et aussi en 1940, privilégiant surtout les thèmes industriels. Sa plus célèbre fresque se trouve à l'institut des arts de Détroit.

Entre 1927 et 1930, financé par Dwight Morrow (en), alors ambassadeur des États-Unis au Mexique, il peint dans l'ancien palais Cortés à Cuernavaca, une fresque en plusieurs tableaux nommée Historia de Morelos, Conquista y Revolucíon. Il y dénonce notamment les mauvais traitements et l'exploitation infligés par les hacendados (entrepreneurs) aux peones (travailleurs) employés dans l'industrie sucrière moderne.

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