Ce Jour-là

Dick Turpin

Bandit de grand chemin britannique (1705-1739)

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Dick Turpin, de son vrai nom Richard Turpin (né en 1705 à Hempstead (Angleterre) et mort par pendaison le 7 avril 1739 près d'York (Grande-Bretagne)), est un bandit de grand chemin britannique dont les exploits sont romancés après son exécution à York pour vol de chevaux.

Dick Turpin aurait pu suivre son père comme boucher, mais, au début des années 1730, il rejoint une bande de voleurs de cervidés, et devient plus tard braconnier, cambrioleur, voleur de chevaux, et même meurtrier. Au sein du folklore anglais, il est plus connu pour sa prétendue chevauchée de 320 km en une nuit, de Londres à York sur son cheval nommé Black Bess ; épisode rendu célèbre par le romancier victorien William Harrison Ainsworth (1805-1882) près d'un siècle après la mort de Dick Turpin.

L'engagement de Dick Turpin en tant que bandit de grand chemin suit l'arrestation des autres membres de sa bande en 1735. Il disparaît alors vers la fin de l'année, pour ressurgir en 1737 avec deux nouveaux complices, dont un qu'il aurait abattu par accident. Turpin s'enfuit alors et tue peu après un homme qui cherchait à le capturer ; il déménage plus tard dans l'année dans la région du Yorkshire sous le pseudonyme de John Palmer. Alors qu'il réside dans une auberge, les magistrats locaux deviennent soupçonneux et enquêtent sur l'origine de son train de vie.

Suspecté de vol de chevaux, il est emprisonné au château d'York, pour y être jugé aux assises suivantes. Son identité est révélée par une lettre à son beau-frère écrite en prison et qui tombe entre les mains des autorités. Le 22 mars 1739, Dick Turpin est reconnu coupable de deux vols de chevaux et condamné à mort : il est exécuté le 7 avril.

Après son exécution, Dick Turpin devient le sujet d'une légende. Représenté comme fringant et héroïque dans des ballades anglaises et dans le théâtre populaire des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi qu'au cinéma et à la télévision au XXe siècle, Dick Turpin est une figure du folklore anglais moderne.

Cinquième des six enfants de John Turpin et Mary Elizabeth Parmenter, Richard « Dick » Turpin est né à l'auberge du Blue Bell (plus tard appelée Rose and Crown), à Hempstead dans l'Essex. Il est baptisé le 21 septembre 1705, dans la paroisse où ses parents se sont mariés dix ans plus tôt.

Son père, qui est boucher, tient aussi une auberge. Plusieurs récits évoquent la possibilité que Dick Turpin ait suivi la voie de son père : adolescent, il aurait été apprenti boucher dans le village de Whitechapel, ou encore il aurait ouvert sa boucherie à Thaxted. Le rapport de son procès en 1739 montre son éducation rudimentaire. Bien que les archives de l'époque soient muettes sur la date, on sait qu'il épouse Elizabeth Millington vers 1725. Son apprentissage achevé, ils vont habiter à Buckhurst Hill (Essex). Turpin y ouvre une boucherie.

Selon toute vraisemblance, c'est au début des années 1730 que Turpin aurait rejoint la « Bande de l'Essex », alors spécialisée dans le vol de cervidés. Depuis longtemps pratiqué, le braconnage s'est durablement implanté au sein de la forêt royale de Waltman. Pour mettre un terme à ce type de problème, le Black Act (qui interdisait à quiconque se trouvant en forêt de masquer ou de noircir - blacken - son visage) est voté en 1723. Coupables de délits locaux, les braconniers jugés comparaissent toujours devant des juges de paix. Il faut attendre 1737 avant qu'une peine s'élevant à sept ans de déportation et de travaux forcés soit instaurée. Cependant, devenus particulièrement concernés par un braconnage en pleine expansion et soucieux de faire part de leurs inquiétudes, sept sylviculteurs signent en 1731 une déclaration écrite sous serment. Ce document est adressé à Thomas Pelham-Holles, premier duc de Newcastle. En réponse, ce dernier offre une récompense de 10 £ à quiconque permettrait d'identifier les voleurs, et le pardon à ceux qui donneraient leurs complices. En 1733, à la suite d'une série d'incidents, dont des menaces de meurtre sur un garde forestier et sa famille, le gouvernement porta la récompense à 50 £ (soit environ l'équivalent de 6 900 £ en 2010).

La Bande de l'Essex (aussi appelée la « Bande à Gregory »), au sein de laquelle on compte Samuel Gregory, ses frères Jeremiah et Jasper, Joseph Rose, Mary Brazier (la receleuse de la bande), John Jones, Thomas Rowden et le jeune John Wheeler, écoule ses prises de gibiers grâce à des intermédiaires. Il est fort probable que Turpin, jeune boucher qui exerce alors dans la région, soit impliqué dans leurs activités. En 1733, les revers essuyés par la bande auraient incité Turpin à abandonner sa profession pour devenir le patron d'une auberge, la Rose and Crown à Clay Hill. Bien que rien ne prouve son implication directe dans le brigandage, à l'été 1734 Turpin se révèle être un associé étroitement lié à la bande. On peut donc penser que Turpin est connu par les membres du groupe depuis déjà quelque temps.

Au mois d'octobre 1734, une bonne partie de la bande est derrière les barreaux ou a fui. Ceux qui restent abandonnent le braconnage pour aller cambrioler Peter Split, un marchand de Woodford. Bien que l'identité des auteurs soit inconnue, il est probable que Turpin a été impliqué. Ils frappent encore deux nuits plus tard dans la propriété de Richard Woolridge, un homme de bonne réputation qui fournit en armes légères le service d'artillerie installé dans la tour de Londres. À Chinford, au mois de décembre, Jasper et Samuel Gregory, John Jones ainsi que John Wheelher s'introduisent chez John Gladwin (un marchand ambulant) et John Shockley. Le 19 décembre, Turpin et cinq autres hommes cambriolent la maison d'Ambrose Skinner, un fermier de Barking âgé de 73 ans, emportant avec eux un magot estimé à 300 £.

Deux jours plus tard la bande, sans Turpin, s'introduit chez William Mason, le garde forestier d'Epping Forest. Au cours du cambriolage, un domestique réussit à s'échapper. À peu près une heure s'est écoulée quand il revient accompagné de plusieurs voisins, le temps que la maison soit mise à sac et que les intrus s'en aillent. Le 11 janvier 1735, la bande s'en prend cette fois à M. Saunders, à Charlton. Pour dévaliser une semaine plus tard un gentilhomme nommé Sheldon à Croydon, Turpin arrive cette fois masqué et armé de deux pistolets, en compagnie de quatre autres membres de la bande. Au cours de ce même mois, deux hommes appartenant peut-être au même groupe cambriolent la maison du révérend Dyde. Ce dernier n'est pas présent mais les deux hommes tailladent le visage de son valet « avec barbarie ». Une attaque similaire est menée le 1er février 1735 à Loughton :

« Dimanche, tôt le matin vers sept heures, cinq scélérats munis de pistolets entrèrent dans la maison de la veuve Shelley à Loughton, dans l'Essex. La vieille dame fut menacée de mort si jamais elle refusait de leur dire où son argent était caché, ce qu'elle refusa opiniâtrement de faire au début. Ils menacèrent de l'exécuter si elle ne leur répondait pas sur-le-champ, chose qu'elle n'aurait pas faite. Mais son fils, se trouvant dans la pièce et aussi menacé de mort, s'écria qu'on ne tue pas sa mère. Ils l'écoutèrent, sur quoi ils montèrent à l'étage où les attendaient près de 100 £, une chope en argent, d'autres plats et toutes sortes de biens ménagers. Par la suite, ils descendirent dans la cave où ils vidèrent plusieurs bouteilles de bière et de vin, firent griller de la viande, mangèrent des restes de veau, etc. Pendant ce temps-là, deux membres de la bande allèrent visiter la ferme de M. Turkles qui loue à la veuve une extrémité de sa maison. Ils lui dérobèrent plus de 20 £ avant de déguerpir tous, emportant avec eux deux chevaux pour transporter leur butin. Les chevaux furent retrouvés dans la matinée au milieu d'Old Street. Ils restèrent environ trois heures dans la maison. »

— Rapport paru dans le Read's Weekly Journal (8 février 1735).

La bande vit en dehors mais aussi à l'intérieur de Londres. Turpin reste quelque temps à Whitechapel avant de partir pour Millbank. Le 4 février 1735, il fait la rencontre de John Fielder, Samuel Gregory, Joseph Rose et John Wheeler dans une auberge sur Broadway à Londres. Ils y planifient un cambriolage chez Joseph Lawrence, un exploitant de la ferme Earlsbury à Edgware. En fin d'après-midi, après s'être arrêtés en chemin à deux reprises pour boire et manger, les bandits capturent un jeune berger avant de faire irruption, armés de pistolets, chez Lawrence. Ils ligotent les deux servantes et s'en prennent violemment au vieux fermier de soixante-dix ans. Ils lui baissent la culotte au niveau des chevilles et le traînent dehors tout autour de la maison mais Lawrence refuse de révéler où il cache ses économies. Turpin s'acharne à coups de crosses sur le fessier nu et meurtri de Lawrence tandis que d'autres membres de la bande le frappent au visage avec leurs armes. Ils versent ensuite le contenu d'une bouilloire sur sa tête, le forcent à s'asseoir fesses nues sur le feu et le traînent autour de la maison par le nez et les cheveux. Gregory emmène avec lui une des servantes à l'étage et la viole. La bande prend ensuite la fuite, emportant moins de 30 £ en guise de butin.

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