Ce Jour-là

Diane de Poitiers

Noble française du XVIe siècle, maîtresse du roi Henri II

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Diane de Poitiers, née le 3 septembre 1499 ou le 9 janvier 1500 en Dauphiné et décédée le 26 avril 1566 à Anet, est une comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, demeurée pendant plus de vingt ans la favorite d'Henri II, roi de France.

Les sources la concernant sont infimes et lacunaires, si bien qu'on ignore quasiment tout d'elle, parfois pour des années entières. La postérité lui a forgé une image de femme de caractère, avide de pouvoir et d'honneurs, et grande mécène, mais rien n'est prouvé.

Diane est la fille de Jean de Poitiers, vicomte d'Estoile, seigneur de Saint-Vallier, et de Jeanne de Batarnay. Ses parents appartiennent au premier cercle du pouvoir royal. Son grand-père paternel, Aymar de Poitiers, avait épousé en premières noces Marie de Valois, la fille naturelle du roi Louis XI, et son grand-père maternel, Imbert de Batarnay, avait été un intime de ce même roi.

La maison de Poitiers-Valentinois est d'origine dauphinoise, le nom « Poitiers » provenant du lieu-dit Peytieux à Châteauneuf-de-Bordette ; elle n'a donc aucun lien de parenté avec les comtes de Poitou. Diane est née dans le Dauphiné, où son père possède ses fiefs. Son lieu et sa date de naissance sont incertains : elle serait née à Saint-Vallier ou à Étoile-sur-Rhône, le 3 septembre 1499 ou le 9 janvier 1500.

Elle hérite la baronnie de Sérignan-du-Comtat de son père. Il reste dans cette commune un château qui porte son nom.

L’épouse de Louis de Brézé (1515-1531)

Par l'entremise d'Anne de Beaujeu, elle épouse, le 16 avril 1515 (à l'âge de quinze ans), en l'hôtel de Bourbon à Paris, Louis de Brézé, petit-fils de Charles VII et d'Agnès Sorel, comte de Maulévrier, grand sénéchal de Normandie et grand veneur de France. Il est son aîné de près de quarante ans. De ce mariage naissent deux filles :

Françoise de Brézé (janvier 1518-1574), comtesse de Maulévrier, baronne de Mauny et de Sérignan ; mariée le 19 janvier 1538 en la chapelle du Louvre à Paris à Robert IV de La Marck, duc de Bouillon, mort empoisonné en 1558.

Louise de Brézé (1521-janvier 1577), mariée le 1er août 1547 à Claude de Lorraine, marquis de Mayenne, devenu en 1550 duc d'Aumale, frère du duc de Guise et de Marie de Guise, reine d'Écosse.

En 1524, Jean de Poitiers est accusé de complicité dans la trahison du connétable de Bourbon, gendre d’Anne de Beaujeu. Devenu le bouc émissaire dans l’affaire, c’est in extremis, sur l’échafaud, qu’il apprend sa grâce, accordée par le roi en reconnaissance des bons et loyaux services de Louis de Brézé, qui l’avait d’ailleurs alerté sur le complot. Jean de Poitiers finit ses jours enfermé confortablement à la forteresse de Loches.

Diane est appointée dame d’honneur de la reine Claude, puis de la mère du roi, Louise de Savoie, et enfin de la reine Éléonore. Rien ne prouve qu’elle ait été la maîtresse de François Ier, malgré les rumeurs répandues par ses détracteurs et reprises dans certaines biographies.

Louis de Brézé meurt le 23 juillet 1531 à Anet et Diane adopte définitivement pour sa tenue les couleurs d'une veuve, dont Henri II s’inspirera plus tard pour sa livrée ordinaire (noir et blanc rayée d’or). Son sens aigu des intérêts financiers se manifeste dès ce moment. Elle obtient de se faire verser les gages que son mari recevait au titre de gouverneur de Normandie et de grand sénéchal, prenant elle-même le titre de « sénéchale de Normandie ». Elle obtient d’administrer les biens de ses filles et d’en percevoir les revenus. « Férue en procédure et entourée d'hommes de loi », elle va jusqu’au procès pour tenter de conserver les terres que son mari détenait en apanage. François Ier l’aide à tergiverser grâce à des lettres patentes statuant qu’elle peut conserver les revenus et profits de ces terres jusqu'à ce que la propriété en soit établie. Diane saura toute sa vie faire prospérer sa fortune[réf. souhaitée].

Amie du prince Henri d'Orléans (1531-1547)

À la suite de la défaite de Pavie (1525), le dauphin François et son cadet Henri, duc d'Orléans (et futur Henri II), âgés respectivement de 8 et 7 ans, sont remis en otage à Charles Quint en échange de leur père.

Du fait de la reprise de la guerre, les deux princes sont bientôt soumis à une détention sévère et passent presque quatre années (1526-1530) très isolés, dans l’incertitude quant à leur avenir. D'après Didier Le Fur, Henri II n'a jamais lu Amadis de Gaule lors de sa captivité, le livre n'étant pas encore traduit et lui-même ne parlant pas espagnol. Il n'a donc pas pu fantasmer une relation courtoise avec Diane de Poitiers.

Henri d'Orléans épouse Catherine de Médicis en 1533. Diane avait appuyé le choix de l’arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique, considérée comme une « fille de marchands » par les opposants à l’union. Catherine et Diane sont en effet cousines : le grand-père maternel de Catherine (fille de Madeleine de la Tour d'Auvergne) est le frère de la grand-mère paternelle de Diane. On estime que c'est en 1536, qu'Henri et Diane sont, à respectivement 17 et 36 ans, devenus amants.

Diane de Poitiers élève Diane de France, née en 1538 des amours de Filippa Duci et d'Henri II. Elle lui donne une éducation très pointue : espagnol, italien, latin danse et musique.

La favorite royale (1547-1559)

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