Ce Jour-là

Deuxième pandémie de choléra

La deuxième pandémie de choléra asiatique naît en Inde vers 1826 et affecte le reste du monde, en plusieurs vagues, jusq

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La deuxième pandémie de choléra asiatique naît en Inde vers 1826 et affecte le reste du monde, en plusieurs vagues, jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Vers 1826, le choléra fait son apparition en Inde, gagne Moscou et la Russie en 1830, y provoquant des émeutes, et de là la Pologne et la Finlande. Il atteint Berlin en 1831, les îles Britanniques en février 1832 (provoquant également des émeutes) et la France en mars de la même année. Des immigrants irlandais l'apportent au Québec, toujours en 1832, tuant 1 200 personnes à Montréal et 1 000 dans le reste de la province ; la maladie s'étend en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Des passagers la font entrer aux États-Unis par Détroit et New York. La pandémie atteint l'Amérique du Sud en 1833 et perdure jusqu'en 1848, faisant 52 000 victimes en deux ans (la bactérie de cette éclosion semble avoir produit davantage de toxines).

À Paris, le premier cas de choléra est attesté le 26 mars 1832. Le 7 avril, 1 853 cholériques sont recensés.

Le quartier Saint-Merri, autour de l'hôtel de ville de Paris, fut un des plus durement touchés. Sur 12 740 habitants, 671 moururent, soit 5,3 %. La rue de la Mortellerie à elle seule perdit 304 habitants sur 4 688, soit 6,4 %.

Parmi les personnalités touchées par la pandémie, Casimir Perier mourut le 16 mai et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Le général Lamarque, personnalité de l'opposition, mourut le 5 juin et ses funérailles, suivies par un cortège d'environ 100 000 personnes, sont l'occasion d'une insurrection violemment réprimée. Le baron Pierre Daumesnil meurt à Vincennes le 17 août 1832. Jean-François Champollion est vraisemblablement mort du choléra.

Le grenier de réserve de Paris est temporairement transformé en hôpital pour faire face à l'afflux de malades.

Au total, du mois de mars au mois de septembre, soit durant 189 jours, le choléra-morbus tua près de 18 500 habitants de la capitale.

Le département de Seine-et-Marne, par exemple, perdit 2,5 % de sa population entre avril et septembre 1832.

L'épidémie qui s'acheva en septembre-octobre fit environ 100 000 victimes en France, dont 19 000 à Marseille.

Dans les années qui suivirent l'épidémie, le préfet de police Gabriel Delessert prit, entre autres, des mesures draconiennes d'assainissement des quartiers insalubres de Paris, développa et améliora le réseau d'égouts.

En 1832, à Paris eut lieu une exposition à but caritatif. Le titre du catalogue édité à cette occasion est : Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure exposés à la galerie du musée Colbert le 6 mai 1832, par MM. les Artistes, au profit des indigens des douze arrondissements de la ville de Paris, atteints de la maladie épidémique.

Le médecin Jacques-Martin Berthelot livre une analyse fouillée des observations sur le choléra dont il a été témoin entre 1832 et 1833 et publie en 1835 un ouvrage qui fera date.

La pandémie touche Quimper le 12 Mai 1832, lorsqu'un premier malade est signalé. Afin de limiter la propagation de la maladie le préfet du Finistère demande au maire de la ville de réaliser des travaux d'assainissement. Cependant, cela ne suffit pas à empêcher la propagation de la maladie en Basse-Bretagne. Cependant, la forte présence de la Marine, en Bretagne, permet de limiter l'épidémie. Elle fait, par exemple, placer des navires étrangers en quarantaine à Concarneau. À Brest, les médecins de la Marine sont mis à contribution.

L'épidémie fait, malgré tout, environ 700 morts dans la « cité du Ponant ». À Quimper, la maladie fait environ 200 victimes. Les villes sont davantage touchées que les campagnes, qui restent relativement épargnées.

Un exemple belge : le choléra à Élouges

Cette épidémie se déroula durant l'année 1832 à Élouges (en Belgique), 2 273 habitants.

L'épidémie par le choléra morbus débute le 18 août 1832 et se termine le 2 octobre de la même année. 96 malades ont été diagnostiqués, 44 décès ont été enregistrés comme étant dus au choléra, sept autres décès ont été enregistrés dans l'année, sans lien avec le choléra, contre deux en 1830, quatre en 1831.

Le choléra s’est déclaré parmi les ouvriers houilleurs où, dans un premier temps, il a sévi avec la plus grande intensité ; sa marche était rapide, les malades étaient comme foudroyés et exigeaient les soins les plus prompts. On n'a pas remarqué d'influence sur les animaux domestiques, de basse-cour ou autres. Aucun malade n'a été isolé, ni hospitalisé.

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