Ce Jour-là

Denis Robert

Journaliste français

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Denis Robert, né le 9 mai 1958 à Moyeuvre-Grande (Moselle), est un journaliste et écrivain français. Spécialiste du journalisme d'enquête, il est également l'auteur de romans, de films documentaires et d'essais.

Journaliste durant douze ans à Libération, il se lance dans une carrière d'écrivain en 1995, décrivant dans ses ouvrages ses enquêtes sur les affaires Clearstream 1 et 2. Ces ouvrages lui valent une série de procès en diffamation de la part de Clearstream ; condamné en première instance puis en appel, Robert obtient une relaxe totale en cassation sur la plupart des dossiers, n'étant plus condamné qu'à un euro symbolique en faveur du plaignant concernant la première affaire.

D'avril 2019 à septembre 2020, il dirige la rédaction du pure player Le Média, avant d'être écarté. En janvier 2021, il crée sa propre web TV, Blast, et y déclare être un média au service des citoyens et de l’intérêt général.

Denis Robert est né en Lorraine, fils d'un père électricien et d'une mère couturière. Il suit des études de psycholinguistique et obtient un DEA de psychologie sociale.

Après avoir lancé un fanzine en Lorraine, Santiag, en 1982, il rejoint la rédaction du mensuel Actuel où il reste une année. Il intègre fin 1983 Libération où il est journaliste durant douze ans, d'abord en tant que correspondant dans l'est de la France (il couvre notamment l'affaire Grégory, à laquelle il consacre plus d'une centaine d'articles et un livre) puis chargé des affaires politico-financières du service « Société ». Il publie deux romans, Chair Mathilde en 1991 (sur l'affaire Simone Weber), et Je ferai un malheur en 1994. Il démissionne en 1995 pour consacrer son temps à son travail d'écrivain.

1995-2001 Journaliste indépendant et écrivain

C'est un essai, Pendant les affaires, les affaires continuent, qui le fait connaître à un plus grand public au début de l'année 1996.

Le 1er octobre 1996, Denis Robert réunit sept magistrats anti-corruption pour lancer l'Appel de Genève pour la création d'un espace judiciaire européen. Cet appel fait l'objet d'un livre, La Justice ou le Chaos, paru la même année. Suivent une dizaine de romans et autant d'essais, dont ses enquêtes sur Clearstream.

Fin 1997, Denis Robert cherche également à dénoncer les conséquences du système économique capitaliste pour les plus démunis. Dans Portrait de groupe avant démolition, Denis Robert présente et illustre un recueil de photographies de personnes sans domicile prises sur le vif par René Taesch, concerné par la vie à la rue.

Il réalise ou coréalise également cinq documentaires pour le cinéma, d'abord, avec le cinéaste Philippe Harel, Journal intime des affaires en cours (1998), pour la télévision : Le Cahier (1999), Les dissimulateurs (2001), Histoire clandestine (2002), L'affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo (2003).

Durant cette période, Denis Robert écrit plusieurs romans : Le Bonheur, roman sur une relation sado-masochiste écrit en 2000 et traduit en quatorze langues, Une ville publié en 2003, et La Domination du monde édité en 2006. Il a également publié en 2006 un roman sur le football, Le Milieu du terrain, objet de plusieurs procès ; un livre-enquête sur le corbeau de l'affaire Clearstream, Clearstream, l'enquête, interdit à la vente et retiré des librairies pendant près d'un mois.

1998-2008 Affaires Clearstream

L'année 1996 est celle de l'Appel de Genève, une demande émise par des grands magistrats anti-corruption pour un espace judiciaire européen dans le but de lutter contre les malversations financières. Dans ce contexte, Denis Robert débute en 1998 une enquête sur la chambre de compensation internationale Clearstream, alors inconnue du grand public.

Denis Robert rencontre plusieurs personnalités liées à ce groupe, parmi lesquelles Ernest Backes, un fondateur de Clearstream. Un ancien responsable informatique et vice-président de la firme, Régis Hempel, explique qu'une partie de ses activités a consisté à effacer les traces de transactions sensibles.

Révélation$ sort en février 2001. Denis Robert y accuse Cedel International (devenu Clearstream entre-temps) d'être l'une des plates-formes majeures de la dissimulation de transactions financières au niveau mondial. Il poursuit sa dénonciation en coréalisant avec Pascal Lorent un film Les Dissimulateurs dans le cadre de 90 Minutes, l'émission d'enquête de Canal+. La mission parlementaire sur le blanchiment d'argent présidée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg se saisit des révélations. Les témoins convoqués confirment les révélations du livre.

Sous la pression, une information judiciaire est ouverte au Luxembourg. André Lussi, PDG de Clearstream, est mis à pied et Clearstream est racheté par le groupe allemand Deutsche Börse, ce qui lui permet de maîtriser les marchés européens de bout en bout. La Deutsche Börse indemnise André Lussi mais maintient les poursuites judiciaires contre Denis Robert en embauchant Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo (entre autres).

De ces développements, Denis Robert tire un second récit, La Boîte noire, et un second film, L'Affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo, diffusé par Canal+.

À la suite de la publication du livre Révélation$, Denis Robert et Ernest Backes affrontent 31 procès en diffamation. Les plaintes sont déposées par Clearstream ainsi que par la banque russe Menatep de Mikhaïl Khodorkovski et la Banque générale du Luxembourg dans divers pays dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada.

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