Denis Podalydès est un acteur, metteur en scène, scénariste, écrivain français et sociétaire de la Comédie-Française, né le 22 avril 1963 à Versailles (Seine-et-Oise).
Ancien élève du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il devient pensionnaire de la Comédie-Française en 1997 puis sociétaire en 2000. Il en est considéré comme une des stars.
Au cinéma, il interprète le rôle principal dans les films de son frère Bruno Podalydès et participe à l'écriture de ses films. Il est notamment Albert Jeanjean dans Dieu seul me voit (1998) et Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir.
Dans son premier ouvrage, Scènes de la vie d'acteur, publié en 2006, il décrit le quotidien de son métier de comédien. Deux ans plus tard, il publie Voix off, un livre intime sur son rapport aux voix, les voix de ses proches, les voix des grands acteurs qui l'ont influencé et sa propre voix. Dans La Peur, matamore (2010), il raconte sa passion pour la tauromachie et sa fascination pour certains toreros comme José Tomás.
Il a reçu le Molière de la révélation théâtrale en 1999 pour son rôle dans Le Revizor et le Molière du metteur en scène en 2007 pour sa mise en scène de Cyrano de Bergerac.
Denis Gabriel Podalydès-Miquel est le deuxième de quatre garçons, Bruno Podalydès, son aîné de deux ans, Éric (1969-1997), et Laurent (1972), assistant metteur en scène et acteur de théâtre. Après le suicide d'Éric, Denis et Bruno ont écrit Liberté-Oléron.
Issu de la grande bourgeoisie, il grandit avec sa famille dans « un bel immeuble, dans un beau quartier de Versailles, à l'entrée du Trianon. ».
Sa grand-mère maternelle, qui tenait la librairie Ruat à Versailles, est devenue veuve très jeune avec trois enfants, un fils et deux filles dont l'une, Francine Ruat, la mère des frères Podalydès, est devenue professeur d'anglais. Leur père, lui, était pharmacien à Versailles, né en Algérie et d'origine grecque.
Il étudie au lycée Hoche de Versailles. Il poursuit d'abord des études de philosophie et de lettres (hypokhâgne et khâgne) au lycée Fénelon (Paris) puis au lycée Henri-IV (Paris), notamment aux côtés de Stéphane Braunschweig.
En 1983, au lycée Henri-IV, il fait la connaissance d'Emmanuel Bourdieu, qui devient un ami proche. Fréquentant la famille Bourdieu, il rencontre le père de ce dernier, le sociologue Pierre Bourdieu, dont la pensée le marque profondément et influence son rapport au théâtre. Avec Emmanuel Bourdieu, ils participent à l'ouvrage collectif dirigé par Pierre Bourdieu La Misère du monde, paru en 1993, pour lequel ils réalisent deux entretiens. Ils mettent l'un d'eux en scène au théâtre de la Tempête, grâce au directeur Philippe Adrien.
Il poursuit sa passion pour le théâtre et entre au Cours Florent, afin de préparer le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique.
Il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1984, en même temps que Philippe Uchan, dans les classes de Michel Bouquet et Jean-Pierre Miquel.
À Aurélien Ferenczi qui lui demande si entre 1988 (sortie du conservatoire) et 1997 (entrée au théâtre français), il a connu dix ans de galère, il répond : « J'avais été viré d'une production d'Hernani, montée à Nantes. Le metteur en scène avait hésité à me prendre et m'avait congédié au bout d'un mois de répétitions. Pour ne pas nuire à la suite de ma carrière, il m'avait conseillé de ne pas le dire. Je m'étais inventé une méningite, ce qui fait que personne ne venait me voir. Et puis Nicolas Lormeau, aujourd'hui au Français, m'a appelé pour jouer avec lui dans Ruy Blas. Je n'ai galéré que six mois, qui m'ont paru dix ans. »
En automne 1991, à la suite de la recommandation de son maître Jean-Pierre Vincent, il est auditionné par Christian Rist, dans le parc de Sceaux, pour le rôle de Célidan dans La Veuve ou Le Traître trahi de Pierre Corneille. Il est engagé pour ce rôle, qui l'encourage dans la voie du théâtre et lance véritablement sa carrière d'« acteur heureux ».
Il entre à la Comédie-Française le 27 janvier 1997 et devient le 505e sociétaire le 1er janvier 2000.
Dans un essai, Scènes de la vie d'acteur (Seuil- Archimbaud), il s'interroge sur le manque de caractère du comédien dans un entretien avec Aurélien Ferenczi. Il reprend « cette vieille idée que tous les acteurs sont bâtis sur une faiblesse. Il nous manquerait quelque chose pour être des individus normaux, et cette faiblesse serait compensée par le jeu. Diderot dit un peu ça dans son Paradoxe sur le comédien, bien qu'il reste dans la position du spectateur, à la fois fasciné et horrifié : comment voulez-vous que les acteurs aient du caractère puisqu'ils sont capables de tout jouer ? Il faut n'avoir aucun caractère pour pouvoir les jouer tous... ». « Être acteur, c'est être un autre ».
Le comédien prête également sa voix à la lecture de grands textes de la littérature tels que Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire, Les Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, Le Neveu de Rameau de Denis Diderot, soit pour des émissions radiophoniques comme Le Manteau de Nicolas Gogol sur France culture, soit pour des livres sonores comme Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau
Dans La Conquête (2011), Xavier Durringer lui donne le rôle du président de la République en exercice Nicolas Sarkozy. Le film est présenté hors compétition au festival de Cannes et rencontre un grand écho dans la presse mais déçoit globalement les critiques.