David Malet Armstrong (né le 8 juillet 1926 à Melbourne – mort le 13 mai 2014 à Sydney) est un philosophe australien appartenant au courant de pensée analytique. Chef de file de l'école réaliste australienne, ses derniers travaux se donnent pour objectif de construire une métaphysique réaliste « robuste ».
Armstrong a défendu le physicalisme en métaphysique, le réalisme scientifique dans le champ épistémologique, ainsi qu'une forme réductionniste de matérialisme en philosophie de l'esprit. Il a également développé une ontologie des états de choses (states of affairs) associée à une épistémologie des vérifacteurs (truthmakers).
David Armstrong joue un rôle crucial dans la réémergence de la question des universaux, posée désormais en lien étroit avec les acquis scientifiques contemporains.
Armstrong épouse Madeleine Annette Haydon en 1950 puis Jennifer Mary de Bohun Clark en 1982.
Il a servi dans la Royal Australian Navy.
Après avoir étudié à l'Université de Sydney, David Armstrong poursuit ses études en philosophie à l'Université d'Oxford, puis à l'Université de Melbourne où il obtient son doctorat. Il enseigne au Birkbeck College en 1954 et 1955, puis à l'Université de Melbourne jusqu'en 1963, avant d'intégrer à nouveau l'Université de Sydney en tant que professeur en titre. Il continue d'y enseigner jusqu'en 1992.
David Armstrong a bâti un système philosophique qui couvre aussi bien le champ de la métaphysique que celui de l'épistémologie, afin de rendre compte de ce qui existe dans le monde, de la nature de ces choses et de la façon dont nous en prenons connaissance.
La philosophie de David Armstrong est qualifiée par lui-même de « réaliste » car elle affirme l'existence métaphysique des « états de choses » et des propriétés. Armstrong argumente notamment en faveur de l'existence des états mentaux, des universaux et de toutes les notions du sens commun compatibles avec le physicalisme. Son réalisme en philosophie a fait de lui un adversaire du relativisme. Pour lui, des conceptions différentes du monde et irréductibles entre elles ne peuvent avoir la même légitimité à dire la vérité.
Selon Armstrong, l'existence est univoque (elle n'est pas affaire de degré ou de contexte) et il n'existe qu'un seul type de vérité – la vérité scientifique. Or la connaissance scientifique nous révèle un monde aux propriétés physiques. C'est donc dans le cadre strict du physicalisme que va se construire son système philosophique.
Matérialisme et théorie de l'identité psychophysique
David Armstrong est un philosophe « matérialiste ». Le matérialisme est chez Armstrong, plutôt qu'une doctrine arrêtée, une philosophie programmatique pour les sciences de l'esprit. Le programme qu'il définit peut se résumer ainsi : résoudre le problème de la place de l'esprit dans un univers physique (mind-body problem) en accomplissant deux types de tâches :
Comprendre comment on peut affirmer qu'un événement mental est un événement cérébral en s'appuyant sur les instruments de la logique ;
Découvrir en quoi la théorie de l'identité entre l'esprit et le cerveau est vraie en mettant à profit nos meilleures et dernières connaissances scientifiques sur la nature en général et le cerveau en particulier.
Ce problème de la place de l'esprit dans un univers physique, c'est celui de « l'esprit-cerveau », puisqu'il ne semble pas y avoir d'autre équivalent physique à ce que nous nommons l'esprit que le « système nerveux central », autrement dit, le cerveau.
Le matérialisme de David Armstrong est avant tout une théorie de l'identité entre le cerveau et l'esprit (y compris la conscience). Décrire un état mental telle qu'une perception de couleur, un désir ou une sensation de douleur, c'est en réalité décrire ce qui se passe dans un cerveau quand un certain type de processus physique se réalise.
Le but de cette identification de l'esprit au cerveau est de décrire et d'expliquer avec des concepts physiques (quantifiables et localisables) ce que nous décrivons et expliquons habituellement en termes mentaux. Cette forme de matérialisme est dite « physicaliste » et « réductionniste » car elle réduit les concepts mentaux (« désir », « sensation », « croyance », etc.) à des concepts physiques pour en rendre possible l'explication.
Le matérialisme d'Armstrong se présente ainsi comme une philosophie de l'esprit qui justifie l'approche scientifique de l'esprit et de la conscience. Sa théorie de l'identité psychophysique, notamment, propose une solution économique aux cinq grands problèmes de la philosophie de l'esprit que sont :
l'unité du corps et de l'esprit ;