Ce Jour-là

David Joris

Prédicateur et érudit flamand

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David Joris est un prédicateur anabaptiste spiritualiste et révolutionnaire, né à Bruxelles en 1501 et mort à Bâle le 25 août 1556. Dit également Jean David Joris, David Joriszoon, fils de Joris, ou en latin David Georgius, il développe des tendances mystiques et messianiques et ses partisans forment un groupe organisé, les joristes. Il doit fuir les Flandres pour échapper aux foudres espagnoles du temps de Charles Quint après la publication de l'édit de 1535 et termine sa vie à Bâle sous une fausse identité.

On le dit parfois originaire de Bruges (notamment du fait de la fausse identité qu'il prit dans son exil bâlois), mais il est né à Delft en 1501, fils d'un changeur ambulant.

David Joris devient peintre de vitraux. On connaît de lui quelques dessins.

David Joris devient rapidement érudit avec des connaissances approfondies des écritures saintes et de la langue néerlandaise (version brabançonne).

Il va écrire un nombre très important d'ouvrages, de livres et de pamphlet.

Il compose également des hymnes, des prières et des odes, citons entre autres Een geestelijck liedt-boecxken: Inholdende veel schoone sinrijcke Christelijcke liedekens(Rotterdam, Dierck Mullem, c. 1590).

Son œuvre principale est 't Wonderboeck.

David Joris se découvre très tôt une vocation prophétique et malgré son absence de formation religieuse spécifique, il va prêcher en Allemagne et aux Pays-Bas pendant une dizaine d'années.

La situation au sud du Brabant devenant trouble et dangereuse, il part s'installer à Delft en 1524.

Le 25 mai 1528, il y assaille une procession de la 'Nieuwe Kerk' en ridiculisant la Vierge Marie. Il est condamné à 11 semaines de prison. Il récidive à sa sortie de geôle et le 30 juillet 1528, il attaque cette fois une procession catholique. Comme récidiviste, il est condamné par le tribunal de La Haye à 3 ans de bannissement de la ville de Delft.

En 1533, il est cité comme l'un des « douze apôtres » envoyés par Jan Matthijs, anabaptiste anarchiste. L'année suivante, David et son épouse Dirkgen Willem sont rebaptisés par un ex-prêtre catholique Obbe Philips (ou Ubbo Philipps - les Ubbonites) en septembre 1534.

En mars 1535, le couple doit fuir à Strasbourg. Il revient à Delft en décembre 1535 pour l'accouchement d'un deuxième enfant mâle, David Jr. mais David Joris père doit à nouveau prendre la fuite en avril 1536.

Après la chute de Münster en juin 1535, le mouvement anabaptiste va se purger définitivement de ses factions violentes et révolutionnaires, et va devenir intégralement pacifiste sous la direction de Menno Simons. Celui-ci fut ordonné comme anabaptiste de tendance melchiorite (suivant Melchior Hoffman) par Ubbo Philipps en même temps que Dirk Ubbo, frère de ce dernier, ainsi que David Joris lui-même.

Le 21 février 1539, la mère de David Joris, Maritje Jans de Gortersdochter est condamnée à mort et exécutée par décollation à Delft.

En 1540, Joris convoque un synode à Strasbourg pour essayer de s'entendre avec d'autres réformateurs. Ce sera un échec.

Lui-même doit alors fuir en Italie, puis en Suisse où il arrive au début de 1544.

Il y décède, toujours en exil, à Bâle le 25 août 1556 sous une fausse identité (Jean de Bruges ou Jan von Brügge ou encore Jan von Binningen).

Joris est devenu en effet entre-temps partisan du nicodémisme (c'est-à-dire de cacher ses convictions sous des apparences officielles convenues et conventionnelles, tout en continuant à propager ses idées et pratiquer sa foi en secret, un peu comme les Marranes chez les juifs d'Espagne). À Bâle il passera donc aux yeux de ses contemporains pour un riche bourgeois zwingliste, bien connu pour ses œuvres charitables.

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