Ce Jour-là

Daniel Prévot

Mathématicien, spéléologue et lichénologue français

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Daniel Prévot, né le 7 avril 1940 à Rouceux (Vosges) et mort le 12 février 2016 à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), est un statisticien, spéléologue et lichénologue français.

Né le 7 avril 1940 de Jean Prévot et Paulette Rapenne à Rouceux dans les Vosges, il est pupille de la Nation à la suite du décès de son père cheminot en 1946. Il connaît alors les colonies de vacances proposées par la compagnie des chemins de fer. Il devient chef de troupe aux Éclaireurs de France puis instructeur dans les camps de vacances en montagne. Il se passionne alors pour les progrès de l'exploration du monde souterrain et se lance dans la spéléologie.

Intéressé également à la botanique par un de ses professeurs du lycée de Neufchâteau, il poursuit néanmoins des études de mathématiques à la faculté des sciences de Nancy. Ayant obtenu une licence ès-sciences en mathématiques en 1964, il effectue un stage au service Recherche opérationnelle de la Sollac en 1966 puis au Centre national de la recherche scientifique comme Calculateur stagiaire en 1967 et obtient un DEA de mathématiques appliquées la même année. Embauché en 1968 comme assistant « Statistique » au département Informatique de l'IUT de Nancy, il soutient une thèse de spécialité en mathématiques appliquées sur l'erreur relative de troncature d'ordre λ sur des opérations élémentaires en 1969. Il est alors nommé maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Nancy en 1970. Dans les années 1980, il dirige notamment l'UFR Mathématiques et informatique de l'université de Nancy 2, et est à l'origine de la création du DEUG « Mathématiques, informatique et statistiques appliquées aux sciences humaines et sociales » (MISASHS) et de la MIAGE en Lorraine. Le 3 octobre 1982, il est présent, avec d'autres comme Bernard Legras, Jean-Paul Haton, Danièle Marchand, Marie-Claude Portmann, Jean-Pierre Thomesse ou Gilles Tissier, à la fête organisée par l'Association amicale des anciens du centre de calcul (3A2C) pour le départ à la retraite de Jean Legras. Dans les années 1990, il fait partie du groupe de recherches sur la correspondance d'Henri Poincaré. Maître de conférences hors classe, il est fait chevalier de l'ordre des Palmes académiques par décret du 28 juillet 2006.

Pris par son service national de novembre 1964 à février 1966 au 34e régiment du génie de Sarrebourg, il apprend la manipulation et l'utilisation des explosifs. Réserviste avec le grade militaire de sergent, il obtient le Brevet d'arme no 1 du Génie option Sapeur-mineur en septembre 1968.

À la retraite, il revient au monde végétal et au monde si particulier des champignons et des lichens en devenant membre de la Société lorraine de mycologie (SLM) sise dans les murs de la faculté de pharmacie de Nancy. Il donne plusieurs conférences sur les lichens et publie un ouvrage sur la lichénologie par l'intermédiaire de la SLM.

Le 29 novembre 2012, il est élu au comité directeur de l'Office municipal des sports de Nancy et responsable de la commission des sports de nature, postes qu'il occupait encore au moment de son décès.

Au vu des liens forts qu'il avait avec le Spéléodrome de Nancy, François Werner, maire de Villers-lès-Nancy, a accepté que ses cendres reposent au cimetière communal.

Dès 1953, il commence à explorer seul les petites grottes proches de Neufchâteau où il habite, et réalise ses premières topographies comme le trou du Hatro à Rouceux en 1958 qu'il publiera cinq ans plus tard dans Le P'tit Minou no 47 (bulletin du Groupe spéléo-préhistorique vosgien – GSPV – d'Épinal). Au printemps 1957, lors d'un stage de formation de chef de troupe des Éclaireuses éclaireurs de France, au chalet des Amis de la nature à Maron, il explore seul et redécouvre les grottes du Géant (Gondreville), de Sainte-Reine et des Puits (Pierre-la-Treiche). L'année suivante, il devient responsable de l'activité spéléologique au clan Éclaireurs de France de Neufchâteau.

À la suite d'une rencontre fortuite au restaurant universitaire de Nancy en octobre 1960, il se lie d'amitié avec Marc Durand et Claude Chapuis, membres du GSPV, qui parlent de spéléologie ; Daniel Prévot adhère alors au GSPV. Durant l'année 1961, ils rencontrent d'autres jeunes intéressés par la spéléologie (Christian Barbier, Jean Jacobey, Daniel Lehmuller, Daniel Ploquin et Pierre Schmidt) et, en juin 1961, Marc, Claude et Daniel Prévot font partie de l'encadrement du stage pour les élèves-maîtres de 1re année des Écoles normales de Mirecourt et Nancy organisé par le GSPV dans le réseau de Débain. Ces huit jeunes gens décident alors de fonder le premier club de spéléologie de Nancy : ce sera l'Union spéléologique autonome de Nancy (USAN). Daniel Prévot est alors responsable de la section centrale de Nancy. En 1962, un premier camp mixte USAN-GSPV d'exploration et d'étude est organisé au réseau de Débain à Sans-Vallois auquel il participe activement.

Il met les connaissances acquises pendant son service national au 34e régiment du génie à l'œuvre comme artificier pour des désobstructions souterraines et publie des articles conséquents sur la préparation et l'utilisation d'explosifs en spéléologie.

En 1966, des dissensions apparaissant au sein de l'USAN, Daniel Prévot quitte le club avec d'autres pour fonder le Cercle lorrain de recherches spéléologiques (CLRS) dont la première présidence revient à Guy Vaucel. Daniel Prévot fait partie des équipes lorraines qui se lancent dans des travaux d'exploration dans le Haut-Aragon en 1970 et 1971 (12e et 13e campagne spéléologique lorraine en Haut-Aragon). Il est d'ailleurs le premier à descendre le puits de 100 m du trou Souffleur en 1971. Cette même année il passe son monitorat fédéral à Font d'Urle, puis quitte le CLRS notamment à la suite d'un désaccord lors de travaux de désobstruction avec les membres du club dans le réseau de l'Aroffe souterraine au trou du Fond de la Souche (Harmonville) qu'il avait (re)découvert avec son épouse Éliane le 21 février 1971. En septembre 1972, il fonde le Club nancéien de spéléologie – Groupe des amis des gouffres (CNS-GAG) avec lequel il invente notamment le gouffre de La Chenau II à Trépot.

Finalement, le 11 décembre 1980, il relance l'USAN moribonde avec son épouse Éliane, son fils Christophe, et ses amis Pierre Fève (trésorier) et Patrick Libert (secrétaire). Il en sera alors président jusqu'à l'AG de janvier 2016. En une trentaine d'années, il en a fait l'un des plus gros clubs de spéléologie de France, le faisant passer de cinq membres en 1981 à 97 licenciés en 2012. Dès la reprise, l'USAN se lance dans une démarche d'ouverture au grand public avec de nombreuses animations de découverte du milieu souterrain auprès d'écoles, collèges, lycées, centre de vacances, etc. mais aussi lors de grandes opérations « porte-ouverte » comme la journée Spéléo pour tous lancée en 1992 (aujourd'hui incluse dans le cadre des JNSC) au cours desquelles 2 800 personnes ont découvert la spéléologie durant ses 24 éditions, la Journée du patrimoine souterrain en 2002 qui totalise 850 visiteurs en 14 éditions, et tant d'autres animations et manifestations, ponctuelles ou non. La spéléologie d'exploration est évidemment présente puisque l'USAN organise ou participe à des expéditions à l'étranger (Argentine, Espagne, Indonésie, Maroc, Vietnam), mène des travaux d'exploration et de topographie en Lorraine, essentiellement à Pierre-la-Treiche ou Savonnières-en-Perthois où Daniel Prévot fournit un long et gros travail pour réaliser un plan des cheminements principaux pour accéder aux gouffres dans la carrière souterraine du village, ainsi que dans le Doubs ou en Haute-Savoie.

Convaincu très tôt de l'importance de la force de la fédération nationale, il fait la promotion de la FFS, ce qui va à l'encontre de la politique régionaliste menée par la Fédération régionale de spéléologie (Férés) créée le 30 janvier 1963. C'est alors une période d'une dizaine d'années de conflits entre les deux fédérations. Petit à petit il convainc l'ensemble des spéléologues lorrains et alsaciens de rejoindre la FFS ce qui conduit en 1971 à un compromis entre les deux fédérations avec la création du Comité régional de spéléologie d'Alsace et de Lorraine (CRSAL) dont il est le président-fondateur en mai 1973. Il le préside jusqu'en 1978, année où la région Alsace fonde son propre CSR et où le CRSAL devient la Ligue spéléologique lorraine (LISPEL) qu'il dirige jusqu'en 1996. Les Lorrains restant néanmoins toujours animés par un souffle d'autonomie, il obtient de la FFS que la LISPEL soit, avec la région Rhône-Alpes, l'une des deux premières régions fédérales décentralisées en 1982.

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