Daniel Le Hirbec (6 mars 1621, Laval - 1647), navigateur français. Il effectue au XVIIe siècle des voyages aux Antilles, aux Pays-Bas et en Italie. il est connu par ses voyages aux Antilles, dans les Pays-Bas et en Italie, dont il a laissé le récit en deux petits cahiers autographes. A l'instar de François Pyrard, les habitants de Laval étaient souvent associés à ceux de Vitré pour participer aux mêmes entreprises et courir la même fortune du fait de leur proximité et leurs liens d'histoire.
Daniel Le Hirbec entreprit son voyages aux Antilles pour des affaires commerciales. Il partit de Laval le 6 mars 1642, arrive à Nantes le 8 mars 1642, puis rejoint la « Notre-Dame à la Martinière le 22 mars 1642. Après un premier départ infructueux, il part de Saint-Nazaire le 19 avril 1642.
Le Hirbec, partit de Saint-Nazaire sur un bâtiment de 80 tonnes seulement, comprenant 65 hommes, tant passagers que de l'équipage. À cette époque, les navigateurs voguaient dans des conditions très précaires et il fallait posséder une forte dose d'insouciance et de naïveté pour oser faire des traversées sur des navires primitifs comme la « Notre-Dame ». Le capitaine du bateau est François de Thoumeau
Le bateau suivit son cap vers les Petites-Antilles sans connaître de grosses difficultés de traversée. Les marins auxquels il avait confié son sort se dirigeaient empiriquement au milieu des océans.
Après trente-cinq jours de traversée dans des conditions d'hygiène et de route déplorables, la « Notre-Dame », le bateau rejoint Barbuda le 3 juin 1642. Le Hirbec séjourna à la Martinique du 8 juin 1642 jusqu'au 22 août 1642 « pour y traicter de marchandises ».
« Je mins pied à terre le mesme jour en ladite ille et y seiourné pour y traitter des marchandises jusques au 22 aoust 1642. Laditte ille est fort belle et agréable quoique fort montaigneuse et est habituée par les François qui y recueillent nombre de fort bon petum, cotton, sucre et autres marchandises auxquelles ladite ille est fort fertille, et pareillement en vivres, scavoir en maniocs pour faire la cassave et ouicou qui est le pain et la boisson dudit pays, plusieurs sortes de bons pois à manger; la chasse y est fort bonne pour beaucoup de sortes de gibiers, scavoir agoutys et lésars qui sont fort excellents outre les crabiers, perroquets, ramiers, perdrix, tourtres, ortollans et plusieurs autres sortes d'oyseaux dudit pays. La pesche y est grandement bonnne pour toutte sorte de bon poysson scavoir lamantin, tortue caret, carangues et plusieurs autres sortes; ils ont pareillement plusieurs sortes de bons fruits, comme ananas, gouyaves, limons, citrons, oranges douces et aigres, bananes, figues, patattes et plusieurs autres sortes; et ce qui est à admirer audit pays, c'est que tout cela vient en peu de temps et sans beaucoup de paine, mesme la vigne qui porte son fruit au bout de trois ou quatre mois quant elle est cultivée; il y a fort bon ordre entre les abitans desdits lieux pour ce qui est despant de l'art militaire, et sont fort soigneux de les y bien dresser. »
Il indique la présence des Kalinago dans une partie de l'île avec en référence l'installation et l'expansion des Français qui créent des tensions et un conflit avec les autochtones. Le témoignage de Le Hirbec se fait avant que les Kalinagos furent décimés ou expulsés en 1658 par les colons français.
« Il y a de l'autre costé de l'ille un cartier qui est habitué par les sauvages Caraybes sur lesquels on a conquis ladite ille et tout ledit pays; ils ont bien donné de la paine au commancement que l'on estoit en guerre contre eux et ont bien tué du monde avec leurs flèches et boutouz qui sont leurs espées et armes, mais à présent on est en paix avec eux qui est un grand bien et repos pour lesdits abitans, auxquels ils servent beaucoup d'autant qu'ils ont toujours quelque choses de bon d'eux pour peu de chose; c'est ung grand plaisir et divertissement de converser avec lesdits sauvages dedans leurs carbets et voir les accions et maximes qu'ils observent entre eux ce qui est estonnant les voyant tant masles que femelles tous nuds. »
Il resta pendant huit mois dans ces îles, passant de l'une à l'autre, revenant plusieurs fois à chacune d'elles, recueillant des observations sur leurs productions et leurs habitants.
Le 24 août 1642, il est en Guadeloupe, puis le 26 août 1642 à Montserrat, puis 26 août 1642 à l'île Niévès dont il signale la présence d'eaux propre au thermalisme. Le 30 août 1642, il est à Saint-Christophe partagée alors entre les Anglais et les Français.
« Le landemain dimanche dernier jour d'aoust nous fismes voille et mouillâmes le mesme jour à la rade de la Basse-Terre de S'-Cristophe laquelle est la principale isle de toutes les autres, et est abituée par les François et Anglois qui ont chascun leurs cartiers séparés, et les deux généraulx des illes de Laméricque des deux nations y font leur demeure. Ceste isle est fort bien policée et agréablement abituée par ung bien plus grand nombre d'hommes et fammes que les autres précédentes illes. Ils y ont aussi beaucoup de comodités nécessaires et s'y faict le meilleur pettun de toutes les autres illes. La justisse y est establie avec fort bon ordre. »
La dernière phrase de Le Hirbec fait indirectement référence au Génocide des Kalinago de 1626. Le trafic européen dans la région est important. Le 17 septembre 1642, lors d'un ouragan, Le Hirbec compte ainsi plus d’une vingtaine de navires de toutes les nations tant français, que flamands et anglais, dans la rade de Saint-Christophe.
Il retourne en novembre 1642 en Martinique. Le Hirbec raconte qu'il passa de l'île Niévès à celle de Saint-Christophe sur « la frégate du capitaine Denis, angloys, qui estoit en fribuste et venoit de courir le Pérou. », indiquant qu'il se mettait ainsi « en flibuste ». . Le 8 janvier 1643, il est à Saint-Eustache.
Le 2 février 1643, il s'embarqua pour rentrer en Europe. Jean Cranes de Flessingue embarque Daniel Le Hirbec à la Martinique à bord de la Lifde, un navire de 150 tonneaux, avant de gagner la Hollande. Le but était d'éviter les corsaires barbaresques qui enlevaient des navires jusque sous le canon des forts qui défendaient les Açores.
Il est sur un navire de 150 tonneaux, qui supporta deux terribles coups de vent. Son voyage dura 46 jours, dont 29 de mer seulement et 17 de séjour aux Açores, après une tempête.
Les observations n'étaient pas d'une précision absolue, car le capitaine Jean Cranes, de Flessingue, qui ramena Le Hirbec en Europe, aperçut la côte de France à hauteur de Belle-Île-en-Mer; or il se dirigeait vers Saint-Martin-de-Ré, près de La Rochelle et il lui fallut redescendre au sud jusqu'à ce port.
Le Hirbec repartit par mer, le 18 avril 1643, pour les Pays-Bas, arriva le 21 avril 1643 à Flessingue, parcourut divers ports.
Le 25 avril 1643, il visite l'académie et l'Université de Leyde. Le 27 avril 1643, il est à Amsterdam.