Daniel François Malan, né le 22 mai 1874 à Riebeek West dans la colonie du Cap et mort le 7 février 1959 à Stellenbosch dans la province du Cap, est un pasteur calviniste et homme d'État sud-africain. Il est premier ministre de l'Afrique du Sud de 1948 à 1954.
À l'origine pasteur de l'Église réformée néerlandaise, il devient rédacteur en chef et éditorialiste au journal Die Burger ce qui lui permet d'entamer une carrière politique consacrée à promouvoir l'unité du peuple afrikaner.
Membre du Parti national, représentant au parlement les circonscriptions de Calvinia (1919-1938) et de Piketberg (1938-1954), il est successivement ministre des Affaires intérieures, de la santé publique et de l'Éducation (1924-1933) dans les gouvernements de James Barry Hertzog avant de devenir le chef de l'opposition parlementaire (1935-1948).
À la suite de la victoire lors des élections générales sud-africaines de 1948 de sa coalition nationaliste-afrikaner, constituée autour du concept de l'apartheid, Daniel François Malan, âgé de 74 ans, devient chef du gouvernement sud-africain, poste qu'il cumule comme ses prédécesseurs avec celui de ministre des affaires étrangères, dans un contexte international bouleversé par la Seconde Guerre mondiale, par les débuts de la guerre froide et par ceux de la décolonisation.
La politique d'apartheid est alors lentement et progressivement mise en place sous ses gouvernements dans une quasi-indifférence internationale alors qu'il arrime l'Afrique du Sud aux États-Unis et au camp occidental, apaisant par ailleurs ses relations avec le Royaume-Uni. Au niveau national, la vie politique sud-africaine est marquée par la montée du nationalisme noir et par des campagnes de défiance contre les lois de l'apartheid ainsi que par les luttes intestines au sein du gouvernement entre la vieille garde nationaliste contemporaine de la guerre des Boers et une plus jeune génération d'hommes politiques afrikaner et radicaux.
Bien que victorieux une nouvelle fois lors des élections générales sud-africaines de 1953, il décide de se retirer de la vie politique un an plus tard, en 1954, sans être arrivé toutefois à imposer comme son successeur Nicolaas Havenga, un pragmatique et un modéré, au poste de premier ministre, contré par la jeune garde radicale de son parti qui lui préfère Johannes Strijdom, un partisan strict et dogmatique de l'apartheid.
D.F. Malan est également président de l'université de Stellenbosch de 1941 à 1959.
D.F. Malan est né en 1874 près de Riebeek West à 70 km de la ville du Cap. Il est le deuxième enfant survivant de Daniël François Malan (12 juin 1844 – 22 septembre 1908) et d'Anna Magdalena du Toit (5 mai 1847 – 12 juin 1893) et le petit-fils de Daniel Francois Malan (1817-1853) et de Francina Marais.
Descendant de huguenots français, la famille de D.F. Malan s'est implantée en Afrique du Sud au XVIIe siècle. Jacques Malan (v. 1665-1742) a fui très jeune la France après la révocation de l'édit de Nantes, s'est réfugié aux Pays-Bas et de là, embarque en 1688 pour la colonie du Cap où il devient viticulteur du côté de Franschhoek et se marie en 1699. Ses fils construisent la ferme de Vergelegen au pied de la montagne de la Table.
En 1788, son petit-fils Dawid Malan (1750-1824), est contraint de s'éloigner de la colonie après avoir été pris en flagrant d'adultère avec l'esclave de l'un de ses voisins. Banni, il franchit la Great river Fish et explore les territoires xhosas. En 1815, il participe à la révolte boer de Slagters Neck et est inculpé de haute trahison. En 1838, Hercule Malan, l'un de ses fils, participe au Grand Trek. Ce voortrekker est tué avec Piet Retief sous les sagaies des Zoulous du roi Dingane et empalé, le crâne écrasé à coups de pierre et sa dépouille laissée en pâture aux vautours sur le flanc d'une colline. Son frère Jacob Jacobus Malan venge Retief et ses compagnons à la bataille de Blood River après avoir prêté serment à Jéhovah. Ses fils, Jacobus et Hercule Malan, sont cofondateurs des républiques boers.
Daniel Malan (1741-1828), frère de Dawid, vit pour sa part toute sa vie dans la région de Stellenbosch tout comme son fils François Stephanus Malan (1789-1862), l'arrière-grand-père de D.F. Malan.
Issue de cette lignée enracinée dans le sol sud-africain, D.F. Malan est élevé avec ses frères et ses sœurs à Allesverloren, la ferme familiale achetée en 1872 près de Riebeek West, où ses parents sont amis et voisins de ceux de Jan Smuts. Daniël Malan, son père, qui est un homme sévère et autoritaire, est un fermier aisé, un homme d'église et un partisan de l'Afrikaner Bond dont il dirige la branche locale à Riebeeck West.
Les 3 enfants premiers nés de la famille, Maria (1867-1876), Daniel François (1868-1874) et Stephanus Malan (1870-1878) sont morts avant d'atteindre leur dixième année.
Sa sœur aînée, Francina Susanna « Cinie » Malan (1872-1935), brillante élève et camarade de classe de Jan Smuts avec qui elle est constamment en compétition pour la première place, est une jeune fille profondément croyante qui donne des cours du dimanche aux enfants d'ouvriers et plus tard travaille dans des œuvres sociales missionnaires notamment au sein de la communauté métis de Wellington puis au Mashonaland ;
Maria Mimie Malan (1876-1964), sa seconde sœur, se marie avec un instituteur du Transvaal ;
Son jeune frère, Stephanus François (Fanie) Malan (1878-1962), se révèle le plus apte à reprendre et à gérer Allesverloren, l'exploitation agricole familiale. S.F. Malan est l'un des fondateurs du parti national au Cap, est élu au conseil provincial et finit sa vie politique en tant que sénateur. Professionnellement, il devient directeur de la coopérative vinicole, KWV, directeur de Sanlam et un membre éminent de la société civile du Cap ;
Pieter Malan (1880-1890), autre jeune membre de la fratrie, a très tôt la vocation de missionnaire mais meurt dramatiquement à l'âge de 10 ans lors d'un pique-nique familial, écrasé par un bloc de pierre tombé d'une paroi rocheuse. Les quelques shillings économisés par le jeune garçon pour exercer sa future vocation seront symboliquement utilisés pour créer une fondation missionnaire portant son nom ;
Jacobus Koos Malan (1882-1938), le plus jeune des frères, ne fait pas de politique mais devient médecin.