Ce Jour-là

Damia (chanteuse)

Chanteuse et actrice française (1889-1978)

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Louise Marie Damien, dite Damia ou Maryse Damia, est une danseuse, chanteuse et actrice française, née le 5 décembre 1889 dans le 13e arrondissement de Paris et morte le 30 janvier 1978 à La Celle-Saint-Cloud.

Très célèbre dans l’entre-deux guerres et surtout dans les années 1930, elle reste l’interprète inoubliable qui chantait les bras en croix ou posés sur la poitrine de chansons qu’elle a transformées en succès. Citons Les Goélands, Mon Matelot, Le Grand Frisé, Les deux Ménétriers, La Veuve, La Mauvaise Prière, Le ciel est par-dessus le toit (un poème de Verlaine mis en musique par Reynaldo Hahn) et de Sombre Dimanche, chanson un temps interdite d’interprétation en public en Hongrie, en raison de son caractère supposé suicidogène.

Louise Marie Damien naît le 5 décembre 1889 dans le 13e arrondissement de Paris.

Sa famille est originaire des Vosges : Son grand-père maternel, Louis Claude, était ouvrier en fer, et sa grand-mère maternelle, Marie-Catherine Larcher, était brodeuse. Son père, Nicolas Damien (1853-1903) est journalier originaire de Nonville et sa mère également journalière, Marie Joséphine Louise Claude, dite « Fifine » (1858-1916) de Darney. Louise Marie va souvent en vacances chez ses grands-parents maternels à Darney où ils possèdent une ferme, avant que ses parents ne s'installent à Paris où son père devient agent de police.

Peu de temps après la mort de son père, la jeune Louise Marie Damien âgée de 15 ans, fuit la demeure parentale de Rueil pour échapper à la maison de correction. « Je bourlinguais déjà ! », expliquera-t-elle plus tard. Très jeune, elle frôla, semble-t-il, à plusieurs reprises, la maison de correction et trouve finalement un rôle de figuration au théâtre du Châtelet, puis à la Cigale où, affublée de robes ridicules, elle danse en chantant une ritournelle acidulée « c’est nous les bonbons anglais. ».

Premiers spectacles sur scène à l'âge de 18 ans

Damia apprend à jouer à l’école du Théâtre libre. Dès 1909, elle obtient enfin un vrai rôle comme partenaire de Max Dearly dans La Valse chaloupée, un spectacle qui rendra populaire la valse chaloupée. En 1908, Max Dearly et Mistinguett jouent au Moulin-Rouge avec ce nouveau spectacle humoristique de danse qui remporte un franc succès et qu’ils projettent de jouer sur la scène du fameux Savoy de Londres. Cependant, avant leur représentation à Londres, Mistinguett est déclarée persona non grata sur le territoire britannique pour cause d’« indécence », au motif principal qu’elle chantait les jambes écartées. On demande alors à la jeune Louise Marie de la remplacer au pied levé dans ce rôle de « Gigolette, fleur de printemps ». La Valse chaloupée reprendra ensuite vers 1909 de nouveau avec Mistinguett au Théâtre des Variétés.

Damia est alors remarquée par Roberty, le mari de la « grande » Fréhel, qui lui donne des cours de chant et avec lequel elle aura beaucoup plus tard une liaison.

Débuts dans la chanson française

À son retour d’Angleterre en 1911, elle débute comme chanteuse et commence à se produire sur la scène de cafés-concerts tels que la Pépinière-Opéra, le Petit Casino et l'Alhambra. Elle fait aussi quelques représentations à Tabarin.

Elle devient la tête d'affiche d’un spectacle du « caf' conc' » de Félix Mayol, de la Gaieté-Montparnasse, du Casino de Paris, de Bobino, de l'Européen, de l'Étoile. Sacha Guitry prétend qu'il lui a conseillé le fourreau noir, dessiné sa silhouette et imposé un style aux chanteuses réalistes qui lui succéderont, telles qu'Édith Piaf et Juliette Gréco. Mais dans une entrevue radio, elle dit que l'idée de la robe noire est venue de Max Dearly. Elle impose une rupture scénique en abandonnant les décors au profit du seul rideau noir. Elle chantait sans micro, robe noire, rideau noir, elle fut la première chanteuse en noir. Son esthétique scénique s'inscrit dans l'expressionnisme et la rénovation dramatique de Jacques Copeau.

Durant la guerre de 1914-1918, elle chante au front. Après l’armistice, Damia mène parallèlement une carrière de chanteuse et de comédienne cinématographique où elle joue souvent des rôles proches de sa situation personnelle et d’artiste.

Elle fréquente le cercle littéraire féminin et lesbien autour de la poétesse et salonnière Natalie Barney. Elle y côtoie Romaine Brooks, Gabrielle Bloch dite Gab Sorère et la danseuse Loïe Fuller avec laquelle elle part en tournée et qui lui enseigne la science des éclairages et de la lumière mais surtout celle de la mise en scène. Elle fera ainsi encore sa première apparition cinématographique dans Le Lys de la vie, le premier film de Loïe Fuller et Gab Sorère.

C’est dans ce contexte qu’elle fait la rencontre de l'architecte, décoratrice et designer Eileen Gray, avec laquelle elle noue une relation amoureuse. Eileen Gray crée pour la chanteuse son premier fauteuil dit « à la sirène ».

L’originalité de ses chansons et la force avec laquelle elle chante son répertoire (en robe noire, sans manches, éclairée par un seul projecteur) vont rapidement en faire une vedette du monde de la chanson et sa technique de présentation scénique sera reprise ultérieurement par des artistes français comme Piaf. Certes, la voix de Damia est râpeuse et irrégulière, mais on[Qui ?] lui reconnait de donner le frisson.

« La voix ample profonde, prête à se briser pleine "de sanglots et de révolte mêlés" », selon l'expression du romancier Henri Béraud, qui écrit de nombreux textes à mettre en musique, Damia dans un fourreau noir stylisé, s’illustre en chantant et en interprétant les mélodrames, les rengaines des faubourgs et ce, avant l'époque du micro, de la radio et de la télévision.

Premiers enregistrements sonores de ses chansons

En décembre 1926, après avoir refusé plusieurs fois et pendant de nombreuses années les propositions au prétexte que sa voix gravée sur cire était déformée, elle prend conscience que le public demande à posséder ce nouvel objet de fétichisme musical qu’est le disque enregistré. Son succès sur scène à l’époque est tel qu’on voulait avoir un bout de Damia chez soi. Elle se laisse donc finalement convaincre par la maison de disque Odeon d’enregistrer ses premiers disques EP 78 tours qui sortiront début 1927. À cette époque , la firme de disques Odeon inaugure l’enregistrement électrique fraichement importé des États-Unis, une innovation fondamentale qui va révolutionner le marché du disque et la carrière de Damia. Dès 1927, elle va enregistrer la plupart de ses nouvelles créations, comme le confirme Francesco Rapazzini, auteur de la biographie « Damia, une diva française ». Après deux années passées chez Odeon, elle va signer brièvement pour quelques disques chez Pathé et Perfectaphone, puis Damia fait son entrée chez Columbia, une marque angloaméricaine nouvellement implantée en France avec une filiale française et dont « la qualité d’enregistrement surpasse toutes ses concurrentes ».

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