Daisaku Ikeda (池田 大作, Ikeda Daisaku), né le 2 janvier 1928 à Ōmori et mort le 15 novembre 2023, est un intellectuel, homme d'affaires, et chef religieux japonais.
Président de l’organisation bouddhiste japonaise Sōka Gakkai, il l'a transformée en un mouvement international.
Daisaku Ikeda a fondé le Komeito en 1960, un parti devenu la troisième force politique au Japon.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages portant sur la spiritualité, le développement personnel, ou encore le bouddhisme de Nichiren. Il était docteur honoraire de plusieurs universités, et membre honoraire du Club de Rome. Il était reconnu pour son implication concernant les droits humains et la paix.
Sa vie reste toutefois empreinte de nombreux épisodes polémiques. D'anciens membres de la Sôka Gakkai, des universitaires, des journalistes, ont ainsi pointé ses contradictions, son influence politique, ou sa richesse. Il reste aujourd'hui au Japon une figure largement controversée.
Enfance, origine sociale et jeunesse
Né dans une famille de cultivateurs d’algues du quartier d’Ōmori, Daisaku Ikeda grandit dans un Japon marqué par les privations de guerre. Adolescent, il dit avoir été profondément marqué par les destructions des bombardements de Tokyo en 1945 et par les pertes subies par sa fratrie, événements qui nourriront, selon lui, son engagement pour la paix. Son frère Kiichi décède lors des derniers combats en Chine en janvier 1945, alors que ses trois autres frères sont également mobilisés dans l’armée japonaise.
Sa jeunesse est marquée par une santé fragile : plusieurs sources font état d’une tuberculose chronique qui l’affecte au sortir de la guerre, expérience souvent évoquée dans ses écrits comme un moteur de sa réflexion.
Premières années au sein de la Soka Gakkai
En août 1947, à l’âge de 19 ans, Daisaku Ikeda assiste à une réunion d’étude bouddhique où il rencontre Josei Toda, éducateur et futur deuxième président de la Soka Gakkai. Il adopte alors la pratique du bouddhisme de Nichiren et voit en Toda son mentor, rejoignant ensuite l’organisation.
Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en janvier 1946, Daisaku Ikeda est employé par une imprimerie à Tokyo, la Shobundo Printing Co.. En mars 1948, il obtient un diplôme de l’École de commerce de Toyo, avant de poursuivre des études du soir à la Taisei Gakuin, aujourd’hui l’université Fuji de Tokyo. À la même période, il entre au service de l’une des entreprises de Josei Toda, et poursuivit sa formation sous sa tutelle.
Le 3 mai 1960, il en devient le troisième président. La même année, il entame une série de voyages en Amérique, en Asie et en Europe pour faire connaître le bouddhisme de Nichiren hors du Japon et fonde dans les années 1960 un parti politique, le Komeito.
Principe de la « diplomatie citoyenne »
À partir des années 1970, il décide d'entreprendre des voyages de « diplomatie citoyenne », au cours desquels il rencontre des personnalités universitaires, culturelles et politiques, dont certains ont ensuite été publiés.
En 1967, puis en 1970, Ikeda rencontre l’homme politique et philosophe austro-japonais Richard Coudenhove-Kalergi, fondateur du mouvement paneuropéen. Leurs entretiens, centrés sur les relations entre l’Est et l’Ouest et sur les perspectives de paix mondiale, sont publiés en série dans le quotidien japonais Sankei Shimbun en 1971.
En 1972 puis en 1973, il rencontre l’historien britannique Arnold J. Toynbee, à Londres. Leur dialogue, mené sur un total de dix jours, paraît en 1975 sous le titre Choose Life (Choisis la vie).
En 1974, Ikeda mène un dialogue avec André Malraux, alors ancien ministre français des Affaires culturelles, autour des rapports entre culture, humanisme et civilisation moderne.
En janvier 1975, il rencontre Henry Kissinger, alors secrétaire d’État des États-Unis, à qui il transmet un message en faveur de la désescalade nucléaire entre Washington et Moscou. La même année, il rencontre le fondateur du Club de Rome, Aurelio Peccei avec qui il publie un livre de dialogue en 1984, Before it is too late (paru en français sous le titre Cri d'alarme pour le XXIe siècle).