La déclaration d'indépendance de la Belgique désigne les deux textes promulguant la sécession des huit provinces méridionales du royaume uni des Pays-Bas sous le nom de « Belgique », à la suite de la révolution belge entamée le 25 août 1830.
Elle est d'abord proclamée de manière unilatérale par le Gouvernement provisoire au travers d'une déclaration d'indépendance, le 4 octobre 1830, puis est ensuite ratifiée officiellement le 18 novembre 1830 par un décret du Congrès national. Elle est plus tard inscrite dans la Constitution belge lors de son adoption le 7 février 1831.
L'indépendance et la neutralité de la Belgique est reconnue par le protocole no 11 de la conférence de Londres, en date du 20 janvier 1831. Celle-ci regroupe alors les cinq grandes puissances européennes de l'époque : l'Autriche, la France, la Prusse, le Royaume-Uni et la Russie. Il faudra cependant attendre la fin de la guerre belgo-néerlandaise (convention de Zonhoven du 18 novembre 1833) puis la signature du traité des XXIV articles, le 19 avril 1839, pour que les Pays-Bas la reconnaissent à leur tour.
Naissance du royaume uni des Pays-Bas
Après la révolution française de 1789, les troupes révolutionnaires de la Première République envahissent, entre autres, le Bénélux actuel (composé grosso modo des Pays-Bas autrichiens, de la principauté de Liège et des Provinces-Unies). Les territoires sont intégrés à ce qui devient rapidement le Premier Empire français sous Napoléon Bonaparte qui y créé des départements. Parmi ceux-ci se trouvent les neuf départements réunis, qui forment les territoires de la Belgique et du Luxembourg, ainsi que la République batave qui est l'équivalent territorial des Pays-Bas actuels.
Toutefois, après de la défaite française lors de la bataille de Waterloo le 18 juin 1815, l'Empire est démembré et les puissances européennes victorieuses (Royaume-Uni et Prusse en tête) décident de créer un nouvel État sur les anciens territoires conquis par la France. Celui-ci devra être assez puissant pour contrer les éventuelles nouvelles ambitions françaises sans toutefois dépasser la puissance des états vainqueurs. Ils choisissent donc de regrouper les anciens différents territoires sous une monarchie dont le souverain sera Guillaume Ier de la maison d'Orange-Nassau.
Le 15 mars 1815, le congrès de Vienne ratifie la création du royaume uni des Pays-Bas.
Révolution et indépendance belge
Cependant, le mariage entre belges et néerlandais ne se passe pas comme prévu. Les premiers, majoritairement catholiques, se sentent opprimés par les « hollandais » majoritairement protestants, notamment sur le plan politique, alors qu'ils représentent la majorité de la population. De nombreuses discordes voient le jour, révélant de profondes disparités entre les deux peuples.
La révolution belge éclate le 25 aout 1830 à Bruxelles, lors de la représentation de la pièce de théâtre la Muette de Portici. C'est le début de la guerre belgo-néerlandaise. Dans ce contexte, l'indépendance est proclamée le 4 octobre 1830 par le gouvernement provisoire. Elle sera ensuite traduite dans le décret constitutionnel du 18 novembre 1830 garantissant l'indépendance nationale.
Les huit provinces sécessionnistes étaient les provinces d'Anvers, de Brabant, de Flandre-Occidentale, de Flandre-Orientale, de Hainaut, de Liège, de Limbourg et de Namur. Dès le 16 octobre 1830, soit douze jours après la déclaration d'indépendance, le gouvernement provisoire de Belgique annexe le grand-duché de Luxembourg, territoire qui était, à l'époque, une possession personnelle de Guillaume Ier d'Orange-Nassau, roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg.
Afin de définir les frontières de la Belgique, les cinq grandes puissances européennes (l'Autriche, la France, la Prusse, le Royaume-Uni et la Russie) se réunirent lors de la conférence de Londres et proposèrent d'abord le traité des XVIII articles le 26 juin 1831, mais il fut refusé par les Pays-Bas.
La séparation des deux états fut entérinée par le traité des XXVII articles le 15 novembre 1831. Il scindait alors le Grand-duché en deux, octroyant à la Belgique une neuvième province : la province de Luxembourg, en échange de quoi la province de Limbourg serait également scindée le long de la Meuse : la partie occidentale devenant le Limbourg belge et la partie orientale redevenant le duché de Limbourg, rendu à la confédération germanique en contrepartie de la perte du « Luxembourg occidental ». Mais les Pays-Bas s'opposèrent une nouvelle fois à la signature de ce traité et il fallut attendre le 19 avril 1839 et la signature du traité des XXIV articles pour que la Belgique ne prenne sa forme actuelle, son territoire étant alors bien différent que celui revendiqué par les révolutionnaires de 1830. Les territoires limbourgeois et luxembourgeois restant, jusqu'alors, administrés par la Belgique, à l’exception de la forteresse de Luxembourg et de celle de Maastricht, demeurant sous le contrôle de l'armée néerlandaise.
Restaient encore quelques contentieux le long de la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas, qui furent réglés par le Traité de Maastricht le 8 aout 1843.
La déclaration d'indépendance de la Belgique se fait par un arrêté pris par le Gouvernement provisoire en date du 4 octobre 1830 et stipule la sécession du royaume uni des Pays-Bas et la création du nouvel état. Il est suivi d'un arrêté du 20 octobre 1830 par lequel Guillaume Ier des Pays-Bas suspend son autorité législative et exécutive en Belgique et la représentation des provinces belges aux États généraux. Un nouveau décret, rédigé le 24 novembre 1830, exclut à perpétuité la maison d'Orange-Nassau de tout pouvoir en Belgique.
« Art. 1er. Les Provinces de la Belgique, violemment détachées de la Hollande, constitueront un État indépendant. Art. 2. Le comité central s'occupera au plus tôt d'un projet de Constitution. Art. 3. Un Congrès National, où seront représentés tous les intérêts des provinces, sera convoqué. Il examinera le projet de Constitution Belge, le modifiera en ce qu'il jugera convenable, et le rendra, comme constitution définitive, exécutoire dans toute la Belgique. »
Le 18 novembre 1830, le gouvernement provisoire de Belgique adopte un décret constitutionnel stipulant que :
« Au nom du peuple belge,Le Congrès national de la Belgique proclame l'indépendance du peuple belge, sauf les relations du Luxembourg avec la Confédération Germanique. »