La déclaration d'indépendance de l'État d'Israël, officiellement la Déclaration d'établissement de l'État d'Israël (en hébreu : הכרזה על הקמת מדינת ישראל), a lieu le 14 mai 1948, dernier jour du mandat britannique sur la Palestine dans le hall du Musée d'art de Tel Aviv. C'est l'annonce officielle de la naissance d'un État juif en Terre d'Israël.
Elle est prononcée par David Ben Gourion, président de l'Agence juive et du Yishouv, qui devient le premier Premier ministre du pays.
La déclaration fait suite au plan de partage de la Palestine voté à l'ONU le 29 novembre 1947. La déclaration d'indépendance de l'État d'Israël est l'aboutissement du projet sioniste 50 ans après sa lancée.
Importance juridique, nationale et religieuse
En l'absence de constitution ou de traité intégrant Israël à une union d'États, cette déclaration est actuellement au sommet de la hiérarchie des normes israéliennes.
L'événement est célébré chaque année par la fête nationale israélienne Yom Ha'atzmaout (hébreu : יום העצמאות, c'est-à-dire « journée de l'Indépendance ») le 5 Iyar selon le calendrier hébraïque. Il est aussi célébré en diaspora dans de nombreuses communautés juives, en France au moins depuis 1963.
À l'approche de la fin du mandat britannique, le Conseil général sioniste établit un Conseil national de 37 membres représentant tous les partis et factions de la carte politique qui, sous la houlette de Ben Gourion, se met à agir en tant que parlement provisoire. Le 12 mai 1948, au terme d'une séance-marathon de 11 heures, le Conseil national décide que l'indépendance serait proclamée deux jours plus tard.
La décision de proclamer l'indépendance le vendredi 14 mai (5 Iyar 5758 du calendrier hébraïque) à 16 heures, soit huit heures avant le terme officiel du mandat britannique et pour ne pas profaner le chabbat est prise à l'unanimité.
Le projet final de la déclaration est préparé dans les locaux du Fonds national juif (FNJ) après son approbation plus tôt dans la journée.
Le texte subit de nombreuses refontes :
Le texte final est ensuite revu largement par Ben Gourion puis est discuté lors de la dernière réunion du Conseil national, le vendredi 14 mai en début d'après-midi.
Il est décidé que la cérémonie de proclamation de l'État se déroulerait dans la galerie principale du musée de Tel-Aviv, devenue à présent un mémorial de cet évènement, connu sous le nom de Independence Hall.
En fait, la « Maison Dizengoff » ou « Maison de l'Indépendance » est le surnom de la maison sise au numéro 16 sur le boulevard Rothschild dans la ville de Tel Aviv, où vivaient le premier maire de Tel Aviv, Meir Dizengoff, et son épouse Tina, l'une des premières maisons de la ville, et c'est dans celle-ci que David Ben Gourion déclare la création de l'État d'Israël, lorsque le bâtiment servait de premier musée de Tel-Aviv, avant de déménager à son emplacement actuel dans le nouveau musée des beaux-arts de Tel Aviv.
Le lieu et l'horaire de la cérémonie ne sont pas largement médiatisés car on craint que les autorités britanniques ne tentent d'empêcher la cérémonie, ou que les armées arabes n'envahissent le pays plus tôt que prévu. Les invitations sont envoyées par messagers le matin du 14 mai, indiquant aux destinataires d'arriver à 15h30 et de garder l'événement secret.
Ben Gourion propose que le nom du futur état soit « Israël » (et non pas « Sion » ou « Judée » ou « Terre des Hébreux (« Ever », du nom Eber) » ; « Ziona », « Ivriya » et « Herzliya » sont également suggérés) et la décision est adoptée à 6 voix contre 3.
Des documents officiels publiés en avril 2013 par les Archives de l'État d'Israël montrent que quelques jours avant la fondation de l'État d'Israël en mai 1948, les responsables discutent encore de ce que le nouveau pays puisse être appelé en arabe « Palestine » (فلسطين Filastin), « Sion » (صهيون Sayoun) ou « Israël » (إسرائيل Eesra'il).
Deux hypothèses sont émises : « Qu'un État arabe devait être établi à côté de l'État juif, conformément à la résolution de partage de l'ONU de l'année précédente (29 novembre 1947), et que l'État juif inclurait une importante minorité arabe dont les sentiments devaient être pris en compte ». Finalement, les responsables rejettent le nom « Palestine » car ils pensent alors que ce serait celui du nouvel État arabe et que cela pourrait prêter à confusion. Ils optent donc pour l’option la plus simple : « Israël »
Parmi les trente-huit signataires, deux sont des femmes : Golda Meir (Meyerson/Myerson) et Rachel Cohen Kagan.