Cracovie (prononciation : /kʁa.kɔ.vi/ ; en polonais : Kraków /ˈkrakuf/ ) est une ville polonaise, chef-lieu de la voïvodie de Petite-Pologne (Małopolska) dans le sud du pays, traversée par la Vistule. Ancienne capitale de la Pologne, riche de mille ans d'histoire, elle est considérée comme le véritable centre culturel et intellectuel du pays et s'enorgueillit de posséder l'une des plus anciennes universités du monde, l'université Jagellonne.
Avec 804 282 habitants intra muros et 1 452 496 dans l'agglomération en 2022, Cracovie est la deuxième ville de Pologne en nombre d'habitants, derrière Varsovie.
Les origines de Cracovie remontent au VIIe siècle, ce qui en fait l'une des plus anciennes et des plus importantes villes de Pologne. Son centre historique se situe au pied de la colline du Wawel, siège du château royal et de la cathédrale avec la nécropole des rois de Pologne.
Au fil du temps, la ville s'épanouit en tant que siège des monarques polonais, puis connaît, du XVe au XVIIe siècle, un véritable essor comme capitale de la république des Deux Nations, le plus grand État de l'Europe d'alors, dont témoigne aujourd'hui la grande variété et la richesse de son patrimoine architectural (gothique, renaissance et baroque).
Karol Wojtyła était évêque puis archevêque de Cracovie, avant de devenir pape en 1978, le premier pape non-italien depuis 455 ans. La même année, le centre historique de Cracovie a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle est également classée « ville mondiale » par le GaWC, avec le rang de « Haute suffisance ». Elle a été capitale européenne de la culture en 2000.
La ville a reçu le Championnat du monde masculin de volley-ball en 2014 et le Championnat d'Europe masculin de handball en janvier 2016. Cracovie a été l'hôtesse des Journées mondiales de la jeunesse du 26 au 31 juillet 2016, lesquelles ont réuni près de 2,5 millions de personnes.
Cracovie se trouve dans la partie sud de la Pologne, au bord de la Vistule (en polonais : Wisła), dans une vallée au pied des Carpates occidentales, à 219 m d'altitude, à mi-chemin entre le plateau du Jura cracovien (au nord) et de la chaîne des Tatras (au sud) constituant la frontière naturelle avec la Slovaquie et la République tchèque. La ville se situe à 230 km de la frontière avec l'Ukraine. Le centre-ville est placé sur la rive droite de la Vistule. Le point le plus élevé de la ville est situé au sommet du tertre de Piłsudski, à 383 mètres d'altitude, le plus bas (la Vistule) à 188 m.
Plusieurs légendes expliquent l'origine du nom de la ville. D'après la Chronique de la Pologne écrite au début du XIIIe siècle par le chancelier du roi Kazimierz II le Juste et l'évêque de Cracovie Wincenty Kadłubek, la cité de Cracovie fut fondée par le prince Krakus (ou Krak). Ce souverain de légende aurait construit un château sur la colline du Wawel juste au-dessus de l'antre du dragon qu'il venait de tuer. La même légende rapporte que lorsque Krakus mourut, ses sujets lui élevèrent une sépulture en forme de tertre en remerciement de sa bonté et de sa justice. Haut de 16 mètres et large de 60 mètres de diamètre à sa base, le tumulus de Krakus s'élève toujours sur la rive droite de la Vistule, sur une colline calcaire des Krzemionki.
Selon une autre légende, Cracovie tire son nom des corbeaux, considérés dans l'Antiquité comme des oiseaux sacrés - krakać veut dire croasser en polonais.
Cependant, un examen scientifique du stock toponomastique polonais révèle plusieurs douzaines de types de dérivés d'un hypothétique appelatif proto-slave * krak (ov) et suggère plutôt un lien avec certaines particularités de dendroflore.
Les vestiges archéologiques montrent que la zone où est située Cracovie, à côté de la colline de Wawel et des rives de la Vistule, est déjà habitée au paléolithique.
Selon les premiers récits historiques, les Slaves s'installent sur les bords de la Vistule au VIe siècle. Il semblerait que les Vislanes, connus par les sources historiques, notamment La Vie de saint Méthode, soient les premiers parmi les peuples slaves de la région à s’organiser sous forme d’État avec Cracovie pour capitale. Leur prince aurait été baptisé. Il est possible qu'à cette époque Cracovie soit vassale, alliée ou même partie de la Grande-Moravie, alors vecteur du christianisme dans la région. La légende du dragon, qui rappelle celle de Saint Georges, pourrait être un souvenir de l'abandon du paganisme.
Ce qui est certain est que Cracovie fait déjà partie de la Pologne au Xe siècle en tant que capitale d'une voïvodie. Elle est mentionnée pour la première fois en 965, dans les relations d'un voyageur et marchand arabe, Ibrahim ibn Ya'qub, qui a visité la ville. Elle est également mentionnée dans le plus ancien document écrit relatif à la Pologne connu sous le nom de Dagome iudex.
À la fin du Xe siècle, Cracovie est un important centre commercial et, conquise par Bolesław le Vaillant, elle passe sous la domination de la dynastie Piast. En l'an 1000, Bolesław obtient de l'empereur du Saint-Empire Otton III puis du pape Sylvestre II l'érection de Gniezno en archevêché indépendant de Magdebourg, avec comme suffragants Wrocław, Kołobrzeg et Cracovie. La ville de Krak voit alors la formation de son évêché et le début de la construction de la cathédrale du Wawel. D'autres premiers monuments en pierre sont également édifiés à cette époque sur la colline du Wawel : un château et des églises.
En 1025, Bolesław le Vaillant est couronné le premier roi de Pologne à Cracovie et son petit-fils, le roi Kazimierz le Restaurateur, fait de la ville son siège permanent en 1038. Ainsi, Cracovie devient la capitale de la Pologne.
En 1079, l'évêque de Cracovie Stanislas de Szczepanów s'oppose au roi Bolesław II et perd la vie comme martyr dans l'église romane Skałka. Le premier pèlerinage depuis la cathédrale du Wawel, où se trouve le tombeau du saint, le principal patron de la Pologne, jusqu'à l'église Skałka, lieu de sa mort, a lieu le 8 mai 1254, un an après sa canonisation. Ce pèlerinage est ensuite effectué par tous les rois polonais la veille de leur couronnement comme acte pénitentiel pour la mort de saint Stanislas sur l'ordre du roi. De nos jours, le dimanche suivant sa fête du 8 mai une procession réunit toujours à Cracovie tout l'épiscopat et ses fidèles de Pologne.
Deux cents ans plus tard, en 1241, la cité est presque totalement détruite par les raids des Tatars. La pittoresque procession du chevalier tartare Lajkonik qui se déroule le jeudi suivant la Fête-Dieu célèbre chaque année le sauvetage de la ville à cette époque.
En 1257, le prince Bolesław le Pudique accorde à Cracovie la charte municipale et la ville est refondée selon le droit de Magdebourg. Son centre-ville est placé sur un plan en quadrillage avec une grande place du marché qui peut être admirée jusqu'à aujourd'hui. À la fin du XIIIe siècle, la cité dont la superficie est alors de 30-32 hectares s'entoure par une enceinte fortifiée de portes et de tours, dont la Barbacane qui est, jusqu'à nos jours, la partie la plus célèbre qui reste des fortifications médiévales de Cracovie et l'un des rares édifices de son style en Europe.