Le couronnement d'Élisabeth II a eu lieu le 2 juin 1953 à l'abbaye de Westminster, à Londres. Élisabeth II monta sur le trône à l'âge de 25 ans, à la mort de son père, George VI, le 6 février 1952, proclamée reine par ses conseils privé et exécutif peu de temps après. Le couronnement eut lieu plus d'un an plus tard en raison de la tradition de laisser passer une période appropriée après la mort d'un monarque avant de tenir de telles festivités. Il donna également aux comités de planification suffisamment de temps pour préparer la cérémonie. Pendant le service, Élisabeth prêta serment, fut ointe de l'huile sacrée, investie de robes et de tenues de cérémonie, et couronnée reine du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l'Afrique du Sud, du Pakistan et de Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka).
Des célébrations eurent lieu dans les royaumes du Commonwealth et une médaille commémorative fut frappée. Ce fut le premier couronnement britannique à être entièrement télévisé, les caméras n'ayant pas été autorisées à l'intérieur de l'abbaye pendant le couronnement de son père en 1937. Celui d'Élisabeth fut le quatrième et dernier couronnement britannique du XXe siècle. Il fut estimé à 1 570 000 livres sterling (environ 53 000 000 d'euros de 2021).
La cérémonie d'une journée nécessita 14 mois de préparation : la première réunion de la Commission du couronnement se tint en avril 1952, sous la présidence du mari de la reine, Philip, duc d'Édimbourg. D'autres comités furent également formés, comme le Comité mixte du couronnement et le Comité exécutif du couronnement, tous deux présidés par le duc de Norfolk qui, par convention en tant que comte-maréchal, avait la responsabilité globale de l'événement. De nombreuses préparations physiques et décorations le long du parcours furent confiées à David Eccles, ministre des Travaux publics. Eccles décrivit son rôle et celui du comte-maréchal : « Le comte maréchal est le producteur - je suis le régisseur ... ».
Les comités impliquèrent des hauts commissaires d'autres royaumes du Commonwealth, reflétant la nature internationale du couronnement ; cependant, les fonctionnaires d'autres royaumes du Commonwealth déclinèrent les invitations à participer à l'événement parce que les gouvernements de ces pays considéraient la cérémonie comme un rite religieux unique à la Grande-Bretagne. Comme le disait le Premier ministre canadien Louis St. Laurent à l'époque : « À mon avis, le couronnement est l'intronisation officielle du souverain en tant que souverain du Royaume-Uni. Nous sommes heureux d'assister et d'être témoin du couronnement du souverain du Royaume-Uni, mais nous ne sommes pas des participants à cette fonction ». La Commission du couronnement annonça en juin 1952 que le couronnement aurait lieu le 2 juin 1953.
Norman Hartnell (en) fut chargé par la reine de concevoir les tenues pour tous les membres de la famille royale, y compris la robe de couronnement d'Élisabeth. Sa conception pour la robe évolua à travers neuf propositions, et la version finale résulte de ses propres recherches et de nombreuses rencontres avec la reine : une robe en soie blanche brodée des emblèmes floraux des pays du Commonwealth de l'époque : la rose Tudor d'Angleterre, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle pour l'Irlande du Nord, l’acacia d'Australie, la feuille d'érable du Canada, la fougère argentée de Nouvelle-Zélande, le protea d'Afrique du Sud, les deux fleurs de lotus pour l'Inde et Ceylan, et le blé, le coton et la jute du Pakistan.
Élisabeth répéta pour l'occasion avec ses demoiselles d'honneur. Un drap fut utilisé à la place de la traîne de velours, et une formation de chaises remplaça la voiture. Elle portait également régulièrement la couronne impériale d'apparat tout en effectuant ses tâches quotidiennes - à son bureau, pendant le thé et en lisant un journal - afin de pouvoir s'habituer à sa sensation et à son poids. Élisabeth participa à deux répétitions complètes à l'abbaye de Westminster, les 22 et 29 mai, bien que certaines sources affirment avoir assisté à une ou « plusieurs » répétitions. La duchesse de Norfolk remplaçait généralement la reine lors des répétitions.
La grand-mère d'Élisabeth, la reine Mary décéda le 24 mars 1953 ; ayant déclaré dans son testament que sa mort ne devrait pas affecter la planification du couronnement, l'événement se déroula donc comme prévu initialement. Il fut estimé à 1 570 000 livres sterling (environ 43 427 400 livres sterling en 2019), qui comprenait des stands le long du parcours du cortège pour accueillir 96 000 personnes, des toilettes, des décorations de rues, des tenues, la location de voitures, les réparations des carrosses et des modifications aux insignes royaux.
La cérémonie de couronnement d'Élisabeth II suivit un modèle similaire aux couronnements des rois et des reines avant elle, qui avaient lieu à l'abbaye de Westminster et impliquant la pairie et le clergé. Cependant, pour la nouvelle reine, plusieurs parties de la cérémonie furent très différentes.
Des millions de Britanniques regardèrent le couronnement en direct sur le service de télévision de la BBC, et de nombreux téléviseurs furent achetés ou loués pour l'événement. Le couronnement de la reine fut le premier à être télévisé en entier. Les caméras de la BBC n'avaient pas été autorisées à l'intérieur de l'abbaye de Westminster pour le couronnement de son père en 1937, et n'avaient couvert que le cortège à l'extérieur. Il y avait eu un débat considérable au sein du Cabinet britannique sur le sujet, avec le Premier ministre Winston Churchill contre cette idée ; mais, Elizabeth refusa ses conseils à ce sujet et insista pour que l'événement se déroule devant les caméras de télévision, ainsi que celles filmant avec la technologie 3D expérimentale. L'événement fut également filmé en couleur, séparément de l'émission télévisée en noir et blanc de la BBC.
Le couronnement d'Élisabeth fut également le premier événement mondial majeur à être diffusé internationalement à la télévision.
En France, grâce à de nouvelles antennes relais, ce fut la première retransmission en direct d'un événement se déroulant au Royaume-Uni. En Europe le couronnement fut aussi retransmis en Belgique, en Allemagne de l'Ouest, au Danemark et aux Pays-Bas, ce qui marque la naissance de l'Eurovision.
Pour que les Canadiens puissent le voir le même jour, trois avions Canberra de la RAF transportèrent des enregistrements de films de la BBC de la cérémonie au-dessus de l'océan Atlantique pour être diffusés par la Canadian Broadcasting Corporation ; il s'agit des premiers vols sans escale entre le Royaume-Uni et le territoire canadien. À Goose Bay, au Labrador, le premier lot de films fut transféré à un chasseur à réaction CF-100 de l'Aviation royale canadienne pour un second voyage à Montréal. En tout, trois vols de ce type furent effectués au cours du couronnement, les premier et deuxième avions bombardiers Canberra ayant respectivement transporté les deuxième et troisième lots de films à Montréal. Le lendemain, un film fut envoyé par avion à l'ouest de Vancouver, alors que la filiale de CBC Television n'avait pas encore signé son achat. Le film fut escorté par la GRC jusqu'au poste frontalier de Peace Arch ; il fut ensuite escorté par la patrouille de l'État de Washington jusqu'à Bellingham, où il fut présenté lors de la diffusion inaugurale de KVOS-TV, une nouvelle station dont le signal atteignait les Basses terres continentales de la Colombie-Britannique, permettant aux téléspectateurs de voir le couronnement également, bien qu'avec un jour de retard.
Les réseaux américains NBC et CBS prirent des dispositions similaires pour que les films soient acheminés par relais vers les États-Unis pour une diffusion le jour même, mais utilisèrent des avions à hélice plus lents. Le réseau ABC en difficulté prit des dispositions pour retransmettre la diffusion de la CBC en prenant le signal en direct de la station de Toronto de la CBC et en alimentant le réseau de la filiale d'ABC à Buffalo, dans l’Etat de New York, et en conséquence, battit les deux autres réseaux pour les diffuser par plus de 90 min (à un coût considérablement inférieur).