Ce Jour-là

Coup d'État de mai (Serbie)

Assassinat du roi Alexandre Ier et de la reine Draga par un groupe d'officiers dirigée par le capitaine Dragutin Dimitrijević

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Le coup d'État de mai (en serbe cyrillique : Мајски преврат ; en serbe latin : Majski prevrat) est un coup d'État qui a lieu en Serbie dans la nuit du 28 au 29 mai 1903 (10 au 11 juin selon le calendrier grégorien). Le roi de Serbie Alexandre Ier Obrenović et sa femme, la reine Draga, sont assassinés dans le palais royal de Belgrade par un groupe d'officiers conduits par le capitaine Dragutin Dimitrijević dit « Apis ».

Le coup d'État conduit à l'extinction de la dynastie des Obrenović qui régnait sur la Serbie depuis 1817. Le pouvoir passe entre les mains de la dynastie rivale des Karađorđević. Il engendre des conséquences importantes sur les relations entre la Serbie et les autres puissances européennes, les Obrenović étant alliés de l'Autriche-Hongrie, tandis que les Karađorđević entretenaient des liens étroits avec la Russie et la France.

En même temps que le couple royal, les conspirateurs assassinent aussi le Premier ministre Dimitrije Cincar-Marković et le ministre des Armées Milovan Pavlović.

Dans les années 1804 à 1835, à la suite d'un premier et d'un second soulèvement, la Serbie se libéra progressivement du contrôle de l'Empire ottoman, devenant une principauté autonome dirigée alternativement par les familles rivales des Obrenović et des Karađorđević, jouets des rivalités austro-russes dans les Balkans. Les deux dynasties recevaient alors un soutien financier de leurs puissants alliés.

Après l'assassinat du prince Michel Obrenović le 29 mai 1868 (10 juin dans le calendrier grégorien), son cousin Milan Obrenović devint à son tour prince de Serbie. Il épousa Natalia Keško, la fille d'un boyard moldave. Souverain autocratique, Milan était impopulaire ; en revanche, à la suite du congrès de Berlin de 1878, la Serbie devint totalement indépendante de la Sublime Porte et vit son territoire agrandi. Comme la Russie avait apporté son soutien à la Bulgarie lors de la signature du traité de San Stefano, Milan fit de l'Autriche-Hongrie son allié. Il se proclama lui-même roi de Serbie en 1882, mais l'écrasement sanglant de la révolte du Timok conduite par le Parti national radical, et la défaite militaire dans la guerre contre la Bulgarie (1885-1886) entamèrent encore sa popularité.

Sur le plan privé, Milan traversait également une période difficile, avec des querelles de plus en plus fréquentes avec la reine Natalija. Le roi n'était pas un mari fidèle mais, surtout, un différend politique l'opposait à sa femme : il était favorable à l'Autriche-Hongrie, la reine soutenait la politique de la Russie. En 1886, le couple se sépara et la reine quitta le royaume, emmenant avec elle le jeune prince Alexandre, le futur roi Alexandre Ier. Tandis qu'elle séjournait à Wiesbaden en 1888, le roi Milan réussit à lui reprendre le prince héritier dont il entreprit l'éducation. Milan exerça une forte pression sur le métropolite de l'Église orthodoxe serbe pour que son mariage fût annulé et obtint un divorce qui, par la suite, fut annulé comme illégal.

Le 22 décembre 1888 (3 janvier 1889 dans le calendrier grégorien), sous la pression du Parti national radical et avec l'accord formel du Parti libéral et du Parti progressiste serbe, Milan adopta une nouvelle constitution plus libérale que celle de 1869, instituant dans le pays une véritable démocratie parlementaire. Deux mois plus tard, le 6 mars, le roi abdiqua soudainement en faveur de son fils, sans que l'on connaisse vraiment la raison de son départ; l'ancien roi se retira à Paris, où il vécut comme un simple citoyen. Vu la jeunesse du nouveau roi Alexandre, un conseil de régence fut désigné, composé de Jovan Ristić, du général Kosta Protić et du général Jovan Belimarković. Les radicaux obtinrent l'autorisation de participer à nouveau à la vie politique. Le radical Sava Grujić forma un nouveau gouvernement auquel succéda en 1891 un autre gouvernement dirigé par Nikola Pašić, le chef du parti radical. Rompant avec la politique pro-autrichienne de Milan, le nouveau gouvernement radical se rapprocha de la Russie impériale. Au cours de l'été 1891, le roi Alexandre et Nikola Pašić rendirent visite au tsar Alexandre III de Russie. Le tsar promit que la Russie ne permettrait en aucun cas l'annexion de la Bosnie-Herzégovine par l'Autriche-Hongrie et qu'elle soutiendrait les intérêts serbes en Vieille Serbie et en Macédoine.

La mère d'Alexandre, l'ancienne reine Natalija, fut bannie de Belgrade à la demande de son fils et se réfugia en France à Biarritz, avec sa dame de compagnie, la future reine Draga Mašin.

Après la mort du régent Protić le 4 juin 1892, un conflit surgit entre Nikola Pašić, qui revendiquait pour lui-même la place vacante au conseil de régence, et le régent Ristić, qui détestait Pašić. En 1892, Ristić confia le gouvernement au Parti libéral, auquel il avait toujours été lié, et il nomma Jovan Avakumović en tant que nouveau Premier ministre. Cette décision et celles prises ensuite par les libéraux provoquèrent le mécontentement. Face à cette situation, le 13 avril 1893, le jeune roi Alexandre fit un coup d'État ; il retint prisonniers au palais les régents et les ministres du gouvernement et se déclara majeur ; il rappela ensuite les radicaux au pouvoir. Dans une courte période, se succédèrent au poste de Premier ministre Lazar Dokić, Sava Grujić, Đorđe Simić et Svetozar Nikolajević. L'un des hommes d'armes qui l'aidèrent à emprisonner les régents et les ministres était le colonel Laza Petrović.

Au début de son règne, le roi Alexandre prit des mesures dans les questions militaires, économiques et financières. Il désapprouvait par-dessus tout la lutte des partis et, le 9 janvier 1894, pour se débarrasser des radicaux, il invita son père Milan à revenir en Serbie. Le gouvernement radical donna alors immédiatement sa démission et rentra dans l'opposition. Dès le retour de Milan en Serbie, son influence se fit sentir sur les affaires du pays.

Le roi Alexandre tenta sans succès de maintenir une politique de neutralité gouvernementale. De ce fait, le 9 mai 1894, il fit un nouveau coup d'État, abolit la constitution de 1888 et rétablit celle de 1869. Il fut par la suite tiraillé entre son père qui l'attirait vers une alliance avec l'Autriche-Hongrie et sa mère qui l'inclinait du côté de la Russie. Après quelques mois de séjour en Serbie, Milan dut à nouveau repartir; et, un mois après son départ, sa mère Natalija fut autorisée à revenir à Belgrade. Natalija invita son fils à Biarritz, où il rencontra Draga Mašin, qui avait douze ans de plus que lui ; il tomba immédiatement amoureux de la dame de compagnie de sa mère. Natalija, qui avait vent de cette aventure, n'y prêtait pas attention, croyant qu'il ne s'agissait que d'une amourette de courte durée.

Pendant ce temps, le progressiste Stojan Novaković constitua un nouveau gouvernement. Alexandre répondit favorablement à la demande de son père qui l'invitait à Vienne. En signe d'amitié entre l'Autriche et la Serbie, il récompensa le ministre autrichien des Finances Béni Kállay qui était devenu gouverneur de la Bosnie-Herzégovine. Ce geste fut défavorablement accueilli en Serbie du fait de la concurrence avec la diplomatie autrichienne dans les prétentions à annexer la Bosnie-Herzégovine.

Mariage avec Draga Mašin et conséquences

Le roi Alexandre invita une nouvelle fois son père à revenir en Serbie. À l'arrivée de l'ex-roi Milan, le 7 octobre 1897, un nouveau gouvernement fut formé, avec à sa tête Vladan Đorđević. Milan fut nommé Commandant suprême de l'armée du royaume de Serbie. Le nouveau gouvernement et Milan recherchaient pour le jeune roi une princesse originaire d'une cour occidentale qui puisse devenir sa femme, ignorant que le jeune Alexandre rencontrait régulièrement Draga Mašin.

L'ancien roi Milan était de plus en plus impliqué dans la vie politique du pays, se montrant un grand adversaire du Parti national radical. Le 24 juin 1899, il fut victime d'une tentative d'assassinat. Sous prétexte de négocier un mariage avec la princesse allemande Alexandra de Schaumburg-Lippe, le roi Alexandre envoya son père à Carlsbad, et, parallèlement, il envoya le premier ministre Đorđević à Marienbad pour signer une alliance avec l'Autriche-Hongrie. Aussitôt après le départ des deux hommes, le roi annonça ses fiançailles avec Draga Mašin.

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