Ce Jour-là

Cosme Ier de Toscane

Grand-duc de Toscane

Anúncio

Cosme (ou Côme) Ier de Toscane (Cosimo I de' Medici), né le 12 juin 1519 à Florence et mort le 21 avril 1574 à Villa di Castello, près de Florence, est duc de la république de Florence du 20 septembre 1537 au 21 août 1569 et ensuite le premier grand-duc de Toscane jusqu'à son décès, pendant les dernières années de la Renaissance.

Cosme naît à Florence le 12 juin 1519, fils du célèbre condottiere Ludovico de' Medici, connu sous le nom de Jean des Bandes Noires (Giovanni Dalle Bande Nere en italien) et de son épouse Maria Salviati, de la branche cadette des Médicis, elle-même petite-fille de Laurent de Médicis dit le Magnifique. Il est le petit-fils de Catherine Sforza, comtesse de Forlì et dame d'Imola. Il devient duc de Florence en 1537, à l'âge de 17 ans, après l'assassinat de l'ancien duc, Alexandre de Médicis (1510-1537). Le crime a été comploté par Lorenzino de Médicis, un cousin éloigné du duc Alexandre qui appartient également à la branche cadette, mais qui ne saisit pas l'occasion pour remplacer son parent et finit par fuir Florence. Aucune des familles les plus importantes ne semble pouvoir remplacer les Médicis lorsque Cosme, alors pratiquement inconnu, apparait dans la ville, suivi de quelques serviteurs.

Cosme appartient à une branche différente de la famille Médicis, descendant de Jean le Popolano, arrière-petit-fils de Jean de Médicis (1360-1429), fondateur de la banque des Médicis. Il est alors nécessaire de chercher un successeur en dehors de la branche « aînée » de la famille descendant de Cosme de Médicis, car le seul enfant mâle d'Alexandre, le dernier descendant en ligne directe de la branche aînée, est né hors du mariage et n'a que quatre ans au moment du décès de son père.

Jusqu'à son avènement, Cosme n'a vécu qu'au Mugello, la patrie ancestrale de la famille Médicis, où il a grandi après la mort de son père. Étant donné son jeune âge et son comportement modeste, de nombreuses personnes influentes à Florence espèrent avoir affaire à un jeune homme faible et distrait, attiré uniquement par la chasse et les femmes, un homme facile à influencer. Plusieurs espèrent gouverner par son intermédiaire et s'enrichir ainsi aux dépens de l'État. Comme l'a si bien dit le lettré florentin Benedetto Varchi : « le calcul de l'aubergiste était différent de celui du glouton ». Cosme est donc nommé chef du gouvernement avec la stipulation que le pouvoir serait exercé par le Conseil des Quarante-Huit. Le jeune homme a entièrement hérité de l'esprit combatif de son père et de sa grand-mère paternelle Catherine Sforza. Il se montre volontaire, astucieux et ambitieux, et rejette rapidement la clause qu'il a signée.

Dès qu'il est investi du pouvoir et après avoir obtenu un décret excluant la branche de Lorenzino de tout droit de succession, il évince les conseillers et assume l'autorité absolue. Il rétablit si fermement le pouvoir des Médicis qu'à partir de ce moment, ceux-ci gouvernent Florence et une grande partie de la Toscane actuelle jusqu'à la fin de la dynastie, survenue avec la mort sans héritiers du dernier grand-duc Médicis, Jean-Gaston de Médicis, en 1737 ; la structure gouvernementale créée par Cosme dure jusqu'à la proclamation du royaume d'Italie (1861-1946).

Le gouvernement autoritaire de Cosme conduit certains citoyens importants à l'exil volontaire. Ils rassemblent leurs forces et, avec le soutien de la France et des États voisins mécontents de Florence pour tenter de renverser militairement le gouvernement florentin. Vers la fin juillet 1537, les exilés pénètrent en Toscane sous la direction de Bernardo Salviati et Pierre Strozzi. Lorsque Cosme apprend leur approche, il envoie ses meilleures troupes sous les ordres d'Alessandro Vitelli pour les combattre. L'affrontement a lieu près de la forteresse de Montemurlo le 1er août 1537. Après avoir vaincu l'armée des exilés, Vitelli prend d'assaut la forteresse, où Strozzi et quelques-uns de ses compagnons se sont réfugiés. Le siège ne dure que quelques heures et se termine par la chute des assiégés, donnant à Cosme sa première victoire militaire. Les prisonniers importants sont décapités sur la Piazza della Signoria ou au Bargello. Le corps de Philippe Strozzi le Jeune est retrouvé avec une épée ensanglantée à ses côtés et une note citant Virgile, mais beaucoup pensent que son suicide est simulé.

Tout au long de sa vie, Cosme agit sans pitié contre ceux qui tentent de s'opposer à ses projets. Son despotisme vise principalement ceux qui remettent en question son autorité, et donc non pas le peuple, mais ces nobles et riches bourgeois florentins qui ne tolèrent pas sa suprématie et son pouvoir. Cette éthique absolutiste comprend également la destruction, commencée le 20 octobre 1561, de la remarquable cathédrale San Donato d'Arezzo, située hors des murs de la ville, sur le Colle del Pionta, où Pierre Strozzi s'est réfugié le 20 juillet 1554.

Cosme tente d'abord d'épouser Marguerite de Parme (1522-1586), fille de l'empereur Charles Quint et veuve du duc Alexandre. Il n'obtient qu'un refus catégorique et l'exigence qu'une grande partie de la succession des Médicis soit versée à la veuve. Ayant abandonné ce projet, il épouse en 1539 Éléonore de Tolède, fille de Don Pierre Alvarez de Tolède (1484-1553), vice-roi espagnol du royaume de Naples. Ils se rencontrent pour la première fois dans la villa médicéenne de Poggio a Caiano et se marient en grande pompe dans la basilique San Lorenzo de Florence : il a 20 ans et elle en a 17. Grâce à ce mariage, Cosme entre en possession de l'énorme richesse de son épouse et s'assure l'amitié politique du vice-roi de Naples, l'un des lieutenants les plus fidèles de l'empereur. Bronzino a peint de nombreux portraits d'Éléonore, dont le plus célèbre le Portrait d'Eléonore de Tolède et de son fils est conservé au musée des Offices.

Premières années de gouvernement

L'autoritarisme implacable de Cosme Ier commence dès 1537, quand il envoie l'évêque de Forlì, Bernardo Antonio de Medici, auprès de l'empereur romain germanique Charles Quint pour l'informer de ce qui s'est passé après la mort d'Alexandre et lui faire reconnaître sa position de chef de l'État florentin, mais surtout pour lui confirmer sa loyauté, afin d'obtenir la reconnaissance impériale et d'obtenir plus d'indépendance par rapport aux forces européennes. Il abandonne la position traditionnelle de Florence, normalement alliée des Français, pour opérer aux côtés de l'empereur. L'aide financière répétée, que Cosme garantit à l'empire, lui vaut le retrait des garnisons impériales de Florence et de Pise et une indépendance politique croissante ainsi que la reconnaissance impériale en juin 1537, en échange d'une aide contre la France au cours des guerres d'Italie. Avec cette démarche, Cosme rétablit fermement le pouvoir des Médicis et lui permet d'accroître autant que possible son indépendance face à l'influence espagnole écrasante en Italie.

À partir de 1543, après avoir racheté les dernières forteresses encore aux mains de l'empereur et libéré la Toscane des garnisons impériales, Cosme Ier, selon un plan systématique adapté aux conditions particulières de l'État toscan exposé au passage fréquent des troupes et menacé de l'intérieur par le banditisme et les exilés florentins, entreprend une surprenante activité de construction militaire. Il construit de nouvelles garnisons, bâtissant des forteresses à Sienne, Arezzo, Sansepolcro et Pistoia. À Sansepolcro, il fait démolir tous les villages hors des murs, qui s'étendent sur une superficie considérable et abritent divers bâtiments, y compris des églises et des hôpitaux, préférant fortifier les anciennes murailles de la ville plutôt que de les agrandir. Il renforce les défenses d'origine médiévale à Pise, Volterra et Castrocaro, en Romagne, à quelques kilomètres de Forlì. Il construit un nouveau mur d'enceinte à Fivizzano pour bloquer le col du Lagastrello et le col de Cerreto dans les Apennins. Il fortifie San Piero a Sieve, Empoli, Cortone et Montecarlo, aux frontières de la république de Lucques. Il fait construire de toutes pièces la ville-forteresse de Portoferraio sur l' île d'Elbe et des terrains d'armes, comme Sasso di Simone à Montefeltro et Terra del Sole, entre l'ancienne forteresse de Castrocaro, destinée à être abandonnée, et Forlì, à la frontière avec les États pontificaux.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Cosme Ier de Toscane | World in Stories