Ce Jour-là

Coptes

Habitants chrétiens d'Égypte

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Les Coptes (en copte : ⲛⲓⲣⲉⲙⲛ̀ⲭⲏⲙⲓ, en arabe : أقباط) sont un groupe ethnoreligieux autochtone d'Afrique du Nord qui habite principalement l'Égypte (Coptes d'Égypte).

Les Coptes sont aujourd'hui les habitants chrétiens d'Égypte. La très grande majorité des Coptes sont membres de l'Église copte orthodoxe dirigée par un primat, mais il existe aussi depuis le XIXe siècle une Église catholique copte, ainsi qu'une Église évangélique copte.

Sur le plan de la doctrine, l'Église copte orthodoxe est fidèle aux trois premiers conciles œcuméniques et est souvent rattachée à tort, comme les Églises arménienne, éthiopienne, et érythréenne, à l'orthodoxie, peut-être parce qu'elle présente une grande similitude de rite. Elle s'en distingue pourtant puisqu'elle se fonde sur les thèses miaphysites condamnées par le concile de Chalcédoine. Les Coptes, comme tous les Égyptiens à l'exception des Nubiens, parlent arabe et la messe se dit dans cette langue mais aussi parfois en langue copte ; les prières du Credo et le Notre Père se disent encore en langue copte, ainsi que la liturgie.

Historiquement, la langue copte est une langue chamito-sémitique qui descend directement de l'égyptien démotique qui était parlé à la fin de Antiquité.

Devant les soubresauts de l'histoire de l'Égypte qui ont fait de la communauté copte une minorité, une diaspora s'est progressivement organisée, notamment au cours du XXe siècle.

Le substantif copte est un emprunt au latin moderne coptus, attesté en 1636 avec le Prodromus coptus d'Athanasius Kircher. Le latin coptus est attesté dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien comme désignation de Coptos. Mais le coptus de Kircher serait une adaptation du latin moderne coptita, attesté en 1583 dans le De emendatione temporum de Joseph-Juste Scaliger. Coptita est lui-même un emprunt à l'arabe qibṭ ou qubṭ, nom donné par les Arabes, dès le VIIe siècle, aux chrétiens d'Égypte, et serait lui-même emprunté — soit directement, soit par l'intermédiaire du copte Kuptios, Kuptaios — au grec Αἴγυπτος / Aigyptos, nom donné par les Grecs aux Égyptiens. C'est pour cette raison, et d'après un contexte historique, que les coptes sont considérés comme les descendants les plus proches des Égyptiens anciens.

Des linguistes estiment que le terme « Copte » provient de l'égyptien ancien qui désignait la ville de Memphis, refuge du dieu Ptah. À la suite des conquêtes arabes de 641, le mot se serait transformé en qubti puis finit par être utilisé par les Arabes pour désigner les habitants de l'Égypte. Le mot hébreu gibtith figure également dans le Talmud au IIe siècle après J.-C..

En français, copte est attesté dès le XVIIe siècle. D'après le Trésor de la langue française informatisé, sa première occurrence se trouve, sous la graphie isolée cofte dans la Relation d'un voyage fait au Levant de Jean Thévenot. La graphie cophte, qui sera employée jusqu'au XIXe siècle, est attestée dès 1690 dans le Dictionnaire universel d'Antoine Furetière. La graphie actuelle copte est attestée dès 1704 dans le Dictionnaire de Trévoux.

L'Église d'Alexandrie de l'évangéliste Marc, à laquelle les coptes se rattachent, est l'une des plus anciennes Églises chrétiennes au monde. Elle a son propre rite et constitue la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient. Les coptes se considèrent par ailleurs comme les Égyptiens authentiques, descendants des Égyptiens anciens, de l'époque des pharaons.

Au cours des siècles, l'Église d'Alexandrie a connu des schismes, à l'origine de plusieurs Églises autonomes. Aujourd'hui, 90 % des coptes dans le monde sont membres de l'Église copte orthodoxe dirigée par un primat faisant office à la fois de pape et de patriarche. Une originalité de l'Église copte est l'élection du patriarche par le peuple des fidèles. Aujourd'hui, il doit ensuite être confirmé dans ses fonctions par le gouvernement égyptien.

La liturgie copte est encore plus compliquée que la liturgie orthodoxe à laquelle on la compare souvent. On compte jusqu'à 36 onctions pour le baptême et la confirmation qui sont célébrés simultanément, à la mode orientale ; quant au sacrement des malades, il fait appel, dans sa forme solennelle, à sept prêtres officiants.

Depuis le XIXe siècle existent également une Église catholique copte et une Église évangélique copte.

Longtemps on a cru que les coptes professaient le monophysisme d'Eutychès soutenu par Sévère d'Antioche. Cette doctrine affirme que le Christ a une nature unique, d'ordre divin, alors que la plupart des Églises chrétiennes admettent les deux natures du Christ, divine et humaine. Après le rejet du monophysisme par le concile de Chalcédoine en 451, les coptes quittèrent la communion avec l'Église byzantine. Ils constituent depuis lors une Église autonome.

Cette interprétation doctrinale a servi de prétexte à des persécutions des coptes par les croisés lors de leurs passages en Égypte. En réalité, la position christologique de l'Église copte penche vers le miaphysisme : le Christ a une nature divine, mais « incarnée » (où le divin fait sienne la dimension humaine). Le différend théologique avec l'Eglise Catholique Romaine a été éclairci et réglé par un accord entre le primat Chenouda III et le pape Paul VI.

La position commune des Églises apostoliques, dont l'Église catholique et l'Église copte, reprend la position christologique d'Athanase d'Alexandrie et de Cyrille d'Alexandrie, tous deux « papes d'Alexandrie et patriarches de la Prédication de saint Marc et de toute l'Afrique ».

Relations avec l'Église éthiopienne orthodoxe

Évangélisée dès le IVe siècle par des missionnaires égyptiens, l'Éthiopie a suivi le même destin religieux que son tuteur spirituel. L'Église copte d'Égypte a exercé jusqu'au XXe siècle un contrôle sur l'Église orthodoxe éthiopienne, de conviction monophysite, et dont le patriarche était traditionnellement égyptien. Jusqu'en 1929, le chef de l'Église éthiopienne, l'Abuna, était en effet un copte égyptien consacré par le patriarche d'Alexandrie. De 1929 à 1959, il fut choisi parmi les évêques éthiopiens, mais devait toujours être consacré par le patriarche d'Alexandrie et ce n'est qu'en 1959 que l'Église orthodoxe éthiopienne est devenue totalement indépendante.

Contrairement à la situation en Égypte, le christianisme est la religion majoritaire en Éthiopie et compte 20 millions de fidèles soit 45 % de la population. Pourtant il ne présente pas la même vigueur qu'en Égypte et semble souffrir de plusieurs difficultés dont le manque de formation théologique de son clergé.

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